22 novembre 2007

Coufran ou la fidélité

Comme toute belle histoire, cela commence par une belle rencontre. Nous sommes en 1955, Jo Colruyt, le père du patron actuel du groupe Colruyt, rencontre le père du propriétaire de Coufran, Eric Mialhe.

Jo achète alors lui-même les vins de l’entreprise. Lui qui fait déjà un peu figure de loup blanc dans la distribution belge, tombe en arrêt devant cette «exception à la règle médocaine»: Coufran, avec ses 80% de merlot, est un peu le Pomerol du Médoc.

50 ans de collaboration, 50 ans d'importation d'un même domaine, ça n’est pas courant : c’est pourtant ce qui lie Colruyt et Coufran. Et qui se matérialise avec la mise en vente du millésime 2005. Pour fêter l’événement, une dégustation verticale a été organisée sur place. 20 ans de Coufran ou presque. J’y étais.

 Coufran Blog

Château Coufran (Photo H.Lalau) 

-Château Coufran 2005 : beaux tannins, de la structure, encore tout jeune.

-Château Coufran 2001 : un peu plus serré ; pas beaucoup de nez, bouche un peu fluette en comparaison du 2005, de l’élégance tout de même. En phase fermée, actuellement.

-Château Coufran 2000 : Superbe, beaucoup de fruit, une bonne structure tannique, mais une certaine souplesse en bouche.

-Château Coufran 1996 : Tout à fait dans la lignée des deux précédents

-Coufran 1990 : un peu effacé, ne se goûte pas très bien actuellement, est probablement arrivé à son optimum.

-Coufran 1989 : très flatteur au nez (cerise à l’alcool, pain grillé) ; en bouche beaucoup de rondeur – les tannins sont totalement fondus. Un vin à son apogée. Le grand Bordeaux type. Attention, il évolue assez vite dans le verre.

-Château Coufran 1986 : le clou de la dégustation. Le premier abord est un peu austère ; quelques minutes d’aération redonnent une nouvelle vie au vin ; au nez, apparaissent des notes de truffe et de fumée ; en bouche, une impression de fraîcheur et d’harmonie. Encore un certain potentiel.
 
(c) Hervé Lalau 

 

21:04 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

14 novembre 2007

Le Classement de Saint Emilion remis en selle!

On s'y perd un peu, dans le feuilleton juridico-vineux bordelais: le Conseil d'Etat vient d'annuler la suspension du dernier Classement des vins de Saint Emilion, décidée en mars par le Tribunal Administratif de Bordeaux.

 

Saint Emilion1

 

Le Conseil d'Etat, juridiction suprême en matière administrative, a estimé que les problèmes évoqués par les plaignants (12 châteaux exclus du Classement) n'étaient pas de nature à remettre en cause l'entièreté du Classement.

Les "problèmes" étaient pourtant importants, puisqu'il s'agissait rien moins que de l'impartialité du jury.

Mais le Conseil n'est pas rentré dans les détails - trop d'intérêts économiques étaient en jeu. L'important n'est pas tant de savoir qui a vraiment raison sur le fond (un tribunal devra encore statuer sur le fond, justement) que de débloquer la situation, et de permettre aux Saint Emilionnais d'exploiter le classement.

C'est maintenant le cas, au moins temporairement, ce qui va faire plaisir à l'INAO, qui avait déposé cet appel devant le Conseil d'Etat.

Juridiquement, la solution manque peut-être un peu d'élégance, mais elle a le mérite d'être efficace. Et dans la conjoncture économique actuelle, c'est sans doute l'argument massue.

Je doute que les étrangers y comprennent quelque chose. Le mieux serait sans doute qu'ils oublient toute l'affaire... 

Quelle affaire, déjà? 

 


                       (c) Hervé Lalau

 

20:32 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |