05 février 2008

Stop à l'inflation des châteaux

Remettant en pratique un décret de 1921 tombé en désuétude (les lois aussi se diluent), la Fédération des Syndicats des Grands vins de Bordeaux demande à ses membres de réduire à deux au maximum de nombre de noms de châteaux commercialisés par domaine - voire un seul, si le deuxième est postérieur à 1983.

L'idée est d'abaisser le nombre de noms de châteaux de 12.000 à 10.000 (pour 7000 exploitations environ). Et ainsi de simplifier l'accès du consommateur dans la "galaxie bordelaise".

Pour Thomas Jullien (Directeur marketing du CIVB), cette démarche devrait permettre d'augmenter le degré de confiance des consommateurs dans les Bordeaux et leur provenance.

21:09 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

22 janvier 2008

Dur dur d'être un milieu de gamme

Pour nos confrères de la RVF, Alain Dominique Perrin (patron du groupe de luxe Richemont, mais aussi vigneron au Château Lagrézette, à Cahors), dresse un tableau très sombre de la viticulture française, confrontée à des conditions de production quasi-intenables face à la concurrence, en tout cas pour les vins de milieu de gamme:

 chateau_lagrezt_gr

 

"Il y a d'abord le coût de la main d'oeuvre. Les 35 heures ont achevé le vin français de gamme moyenne, les charges socailees et la CSG ont fait le reste. Les lourdeurs de l'INAO, la réglementation pénalisatnte n'ont rien arrangé: vous ne pouvez plus espéer, pour des vins vendus à moisnn de 10 dollars (6 euros), être compétitif face au Nouveau Monde. Les Chiliens et les Australiens font des vins réguliers, agréables à boire, des vins de soif selon un mode industriel. Selon les parcelles, ils produisent entre 70 et 250 hl/ha. Nous, on ne fait jamais plus de 50 hl/ha. A Lagrézette, je suis à 35 hl/ha. N'oublions pas, en plus, les réglements imbéciles sur l'étiquettage, qui viennent heureusement de changer. On n'avait même pas le droit de mentionner le cépage sur nos étiquettes! Or 75% de l'humanité identifie le vin par le cépage... seule une région au monde est identifiée par la ménagère mondiale comme un vin: Bordeaux. Même la Bougogne, elle ne connaît pas..."

Le Cadurcien d'adoption envie les cotations des grands Bordeaux: "Fabriquer une bouteille de Château Mouton Rothschild ou équivalent, amortissement compris, revient entre 10 et 12 euros au maximum. Et ce vin est vendu en primeur à 400 euros. Cela fait un coefficient de 40 fois le prix de gros. Et derrière, le consommateur paie la bouteille 800 euros. Soit, au total, 80 fois le prix de revient. Savez-vous que dans la haute joaillerie, les plus grandes marques ne multiplient que par 17?... 

Moi, j'achète les mêmes bouteilles que les plus grands, nous avons les mêmes marchands de capsules et d'étiquettes. Mais quand je vends Lagrézette à 19 euros prix de détail, je suis le roi du monde!..."

Perrin s'attend cependant à une correction des marchés à la baisse, notamment au vu de la qualité des 2007, qu'il juge carrément mauvaise: "Vont-ils essayer de nous vendre des bouteilles à 500 euros. S'il y a une morale dans ce monde du vin, tous les plus grands devraient repasser sous les 100 euros". 

 Propos recueillis par Denis Saverot (RVF) 

 

 

 

07:09 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |