26 mars 2008

Qui achetait chez Geens?

L'affaire Geens (maquillages de vin, fraudes aux AOC, aromatisation, etc...) continue de faire des vagues.  Pas de ces ces vagues écumantes, légères, iodées qui déferlent sur les plages de l'Atlantique. Plutôt un clapotis de marée noire, bien visqueux. Chaque nouvel article agite un peu la surface du goudron, mais on ne parvient toujours pas à voir à travers.

 

 1907v02

La fraude sur les vins, un grand classique... 

 

Dernier article en date: celui de notre confrère Jérôme Baudouin, de la RVF (n° d'avril 2008).

Rien que de très juste là dedans. La longueur des procédures, la difficulté de mener deux enquêtes en France et en Belgique (avec, pour une fois, une justice belge qui semble aller plus vite que les autres!), l'imbroglio juridique à propos de Roger Geens lui-même, son incroyable impunité, les découvertes des enquêteurs, leurs soupçons, tout cela est très bien rendu.

N'empêche, on ne sait pas le nom du "gros négociant français" qui achetait chez Geens. C'est bien dommage, surtout pour les consommateurs qui ont bu les produits frelatés (passe encore le caramel ou la fleur d'oranger, mais les enquêteurs belges auraient découvert des choses plus redoutables dans le labo de Geens).

Les méchants Belges ont bon dos, mais on n'a pas senti une farouche volonté de vérité chez les professionnels de la profession à Bordeaux. Certes, la Fédération des Syndicats des Grands Vins de Bordeaux s'est portée partie civile, de même que l'INAO. Une décision tardive (3 ans après le début de l'instruction), qui leur permet d'avoir accès aux documents de l'enquête. Ne me dites pas que c'est pour mieux l'étouffer... 

Le juge bordelais Alain Gaudino doit clôturer son dossier en septembre. 

 

09:07 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

04 mars 2008

Verticale Coufran

On dit que Coufran est le plus libournais des Médoc (à cause de son pourcentage de merlot, élevé pour la région). Il est surtout plus qu'honnête, et présente un beau potentiel de garde.
J'en veux pour preuve ces notes de dégustations prises sur place, à l'occasion d'une visite mémorable, cet automne.

Coufran
Château Coufran (Photo H. Lalau)


Château Coufran 2005

Beaux tannins, de la structure, encore tout jeune.

Château Coufran 2001

Un peu plus serré ; pas beaucoup de nez, bouche un peu fluette en comparaison du 2005, de l’élégance tout de même. En phase fermée, actuellement.

Château Coufran 2000

Superbe, beaucoup de fruit, une bonne structure tannique, mais une certaine souplesse en bouche. Un vin à la fois plaisant et complexe.***

Château Coufran 1996

Tout à fait dans la lignée des deux précédents, le fruit est toujours là, mais moins marqué, on évolue vers la truffe.** 

Coufran 1990

Un peu effacé, ne se goûte pas très bien actuellement, est probablement arrivé à son optimum. Millésime encensé, peut-être surévalué.

Coufran 1989

Très flatteur au nez (cerise à l’alcool, pain grillé) ; en bouche beaucoup de rondeur – les tannins sont totalement fondus. Un vin à son apogée. Le grand Bordeaux type. Attention, il évolue assez vite dans le verre.***

Château Coufran 1986

Le clou de la dégustation. Le premier abord est un peu austère ; quelques minutes d’aération redonnent une nouvelle vie au vin ; au nez, apparaissent des notes de truffe et de fumée ; en bouche, une impression de fraîcheur et d’harmonie. Encore un certain potentiel.***


 Coufran93

                                        Hervé Lalau

07:24 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |