22 janvier 2008

Dur dur d'être un milieu de gamme

Pour nos confrères de la RVF, Alain Dominique Perrin (patron du groupe de luxe Richemont, mais aussi vigneron au Château Lagrézette, à Cahors), dresse un tableau très sombre de la viticulture française, confrontée à des conditions de production quasi-intenables face à la concurrence, en tout cas pour les vins de milieu de gamme:

 chateau_lagrezt_gr

 

"Il y a d'abord le coût de la main d'oeuvre. Les 35 heures ont achevé le vin français de gamme moyenne, les charges socailees et la CSG ont fait le reste. Les lourdeurs de l'INAO, la réglementation pénalisatnte n'ont rien arrangé: vous ne pouvez plus espéer, pour des vins vendus à moisnn de 10 dollars (6 euros), être compétitif face au Nouveau Monde. Les Chiliens et les Australiens font des vins réguliers, agréables à boire, des vins de soif selon un mode industriel. Selon les parcelles, ils produisent entre 70 et 250 hl/ha. Nous, on ne fait jamais plus de 50 hl/ha. A Lagrézette, je suis à 35 hl/ha. N'oublions pas, en plus, les réglements imbéciles sur l'étiquettage, qui viennent heureusement de changer. On n'avait même pas le droit de mentionner le cépage sur nos étiquettes! Or 75% de l'humanité identifie le vin par le cépage... seule une région au monde est identifiée par la ménagère mondiale comme un vin: Bordeaux. Même la Bougogne, elle ne connaît pas..."

Le Cadurcien d'adoption envie les cotations des grands Bordeaux: "Fabriquer une bouteille de Château Mouton Rothschild ou équivalent, amortissement compris, revient entre 10 et 12 euros au maximum. Et ce vin est vendu en primeur à 400 euros. Cela fait un coefficient de 40 fois le prix de gros. Et derrière, le consommateur paie la bouteille 800 euros. Soit, au total, 80 fois le prix de revient. Savez-vous que dans la haute joaillerie, les plus grandes marques ne multiplient que par 17?... 

Moi, j'achète les mêmes bouteilles que les plus grands, nous avons les mêmes marchands de capsules et d'étiquettes. Mais quand je vends Lagrézette à 19 euros prix de détail, je suis le roi du monde!..."

Perrin s'attend cependant à une correction des marchés à la baisse, notamment au vu de la qualité des 2007, qu'il juge carrément mauvaise: "Vont-ils essayer de nous vendre des bouteilles à 500 euros. S'il y a une morale dans ce monde du vin, tous les plus grands devraient repasser sous les 100 euros". 

 Propos recueillis par Denis Saverot (RVF) 

 

 

 

07:09 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 décembre 2007

Alliance en Côtes de Bordeaux

Nos amis de Delalande Fleuri nous annoncent la naissance d'une nouvelle structure commerciale commune à Alliance Bourg et à la Cave des Hauts de Gironde:  "Alliance Côtes en Bordeaux"

"D'emblée, celle-ci se positionne comme le premier producteur en côtes de Bourg et propose une gamme plus large sur des volumes plus importants : 237 adhérents, 1173 ha, pour une production moyenne de 65 000 hl :
50 000 hl en Côtes de Bourg
10 000 hl en Premières Côtes de Blaye
5 000 hl en Bordeaux et Bordeaux Supérieurs

La Cave des Hauts de Gironde, c'est 550 vignerons répartis sur 2800 hectares pour une production annuelle de 160 000 HL environ en Premières Côtes de Blaye, Côtes de Bourg, Bordeaux, Bordeaux supérieur et Vin de Pays de l'Atlantique.
C'est le premier producteur de vins blancs de Bordeaux avec 40 000 HL et le leader de l'appellation Premières Côtes de Blaye.


Il s'agit de mettre en commun des moyens commerciaux et techniques pour répondre au mieux à la demande des clients, négociants notamment. Cette alliance entre deux structures dynamiques et en bonne santé entrainera la création de quelques postes supplémentaires. Cette structure gérera donc la commercialisation de près de 4 % de la production bordelaise..."

Contact: Lydia Héraud, 05.57.32.48.33

09:02 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |