30 mai 2008

Sauternes 2007

La vie, ce n’est pas toujours faire ce que l’on veut. Prenez moi, au hasard. Je n’aime pas trop les dégustation en primeur. Juger ainsi dans leur prime enfance du potentiel de grands vins censés résister au temps, c’est, en ce qui me concerne au moins, au mieux une sorte de voyance gustative ; au pire, de la malhonnêteté intellectuelle.
Oui, mais vous me direz, tout le monde le fait. Et puis, je passais par Sauternes, la porte de la Tour Blanche était ouverte, alors je l’ai poussée. Et me voici donc «obligé» de vous livrer de mes impressions sur les Sauternes 2007 - une belle année pour les liquoreux, soit dit en passant.
Bon, vous n’êtes vraiment pas obligés de prendre ces notes au pied de la lettre - je ne suis ni Parker ni Bettane. Et puis surtout, attendez et regoûtez dans quelques années…
 
Sauternes1
Château La Tour Blanche (Photo H. Lalau)




Mes préférés (pour le moment)


Château Filhot 2007: joli petit nez mutin de fleurs et de pain d’épices, bouche très équilibrée, bonne acidité, belle profondeur***

Château Doisy-Védrine 2007: très beau nez acacia, abricot, bouche ample, longue, de l’alcool, mais une belle acidité, très bien***

Château Coutet 2007: très beau raisin sec, pamplemousse rose, bouche un peu sur l’alcool, mais belle acidité***

La Tour Blanche 2007 Acacia, miel, alcool, assez ouvert en bouche, un fruit croquant et de la vivacité en contrepoint du sucre***

Suduiraut 2007: joli nez fleurs blanches, agrumes, miel, abricot, bouche suave, assez riche***



Les très bons

Lafaurie-Peyraguey 2007: raisin, assez discret au nez, suave, mais pas mou, bon équilibre**(*)

Sigalas Rabaud 2007: miel d’acacia, acacia, fleurs blanches, aubépine, belle bouche très fruitée**(*)

Lamothe Guignard 2007: camomille, tilleul, miel, bouche fruitée, très friande, raisin à croquer**(*)

Château Myrat 2007: nez de chasselas de Moissac, alcool, botrytis, charmant, mais manque peut-être un peu de complexité**


 

Sauterne2

L'or de Sauternes (Photo H. lalau)

 

Les bons

Rayne Vigneau 2007: chèvrefeuille, jasmin, miel, bouche assez vive, bonne longueur*(*)

Rabaud-Promis 2007: arômes fermentaires, levures, buis, bouche équilibrée, vivacité*(*)

Rieussec 2007: nez fermé, bouche riche, très botrytis, un peu trop d'alcool, difficile à juger aujourd'hui, mais du potentiel*(*)

Château Guiraud 2007: beau nez d'écorce d'orange et de raisin, bouche plus sur l’alcool, acidité un peu défaillante au regard de cette puissance*

Château de Malle 2007: nez très frais de jeune vin, pomme verte, bouche correcte, sucrosité et acidité, pas encore fondu*

Château Romer du Hayot 2007: acacia, épices douces, bouche assez simple, mais équilibrée, pas trop sucrée*

Château Doisy-Daëne 2007: fleurs blanches, nez très frais, bouche alcooleuse, assez simple*

Les autres

Château d’Arche 2007: simple, nez aux abonnés absents, sucrosité, alcool – pas dans une phase très intéressante (mais qu’est-ce que ça veut dire pour un vin qui doit défier les décennies ?).

Château Caillou 2007: très jeune au nez, levuré, bouche correcte, pas extrêmement riche

Château Suau: Réglisse, acidulé, un peu d’amertume

Château Romer 2007: OK, petit nez, acacia, bonne acidité, alcool

Lamothe 2007: pomme verte, fruit, bouche jeune, pas très botrytis, pas très Sauternes, en définitive (mais je suis sans doute un peu méchant, il faudra revoir tout ça.)

07:25 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 mai 2008

La cartographie bientôt à la portée de toutes les bourses?

Mon ami Frédéric Fleuri me fait passer cette info sur le développement d'une technologie de cartographie des vignobles jusqu'ici réservée à une élite, mais qui pourrait bien se vulgariser.  

La Cave des Hauts de Gironde est la première Coopérative à utiliser la technologie ARP (Automatic Resistivity Profiling), une technologie réservée jusque là aux grands crus classés.
Le but est simple, exprimer au mieux les qualités de son terroir, parcelles par parcelles en permettant d’améliorer encore la gestion technique parcellaire de ses adhérents. Le moyen: établir grâce à l’ARP, une cartographie de très grande résolution de toutes les parcelles. Cette cartographie permet de raisonner au plus juste les choix au moment de la plantation, mais aussi d’optimiser les drainages, le travail du sol, le matériel végétal et les regroupements parcellaires au moment de la vendange.

Développée par la société Geocarta à partir de recherches du CNRS, cette technologie est un outil de zonage qui permet d’optimiser les mesures réalisées en aval. Le dispositif mesure la résistivité électrique du sol. Tous les 20 cm, du courant électrique est injecté par une paire de roues. Trois autres paires de roues mesurent la résistivité du sous-sol à 3 profondeurs différentes (50cm, 1m et 2 m). Les sols de graves, de sable ou d’argile n’ont pas les mêmes résistances au passage d’un courant électrique. Le traitement des données acquises sur le terrain fournit une information fiable et pérenne sur l’hétérogénéité des sols, leurs potentiels hydriques ainsi que sur le relief des parcelles.

Lorsque la Cave des Hauts de Gironde a lancé ce projet en 2006 (Cartographie des Terroirs de Tutiac), elle s’est heurtée au coût des travaux de pédologie classiques et à la difficulté d’établir un zonage objectif de ses 2500 hectares de sols. Elle s’est alors orientée vers la technologie ARP pour établir une cartographie précise (au 1200ème). Le projet se déroule en 3 temps : Cartographie des parcelles par ARP, pédologie (fosses et analyses de sol) raisonnée à partir de ces cartes puis intégration des cartes agro-pédologiques dans le SIG (Système d’Information Géographique).
L’ensemble aidera les 550 adhérents dans leur gestion technique, pendant la campagne viticole (enherbement, fumure,…) et pour la récolte (optimisation des dates de récolte et meilleure gestion des îlots de vendange).


Contact Presse : Frédéric FLEURI - presse@agence-fleurie.com – Tel : 09 63 02 87 39

07:17 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |