10 juillet 2008

Classement de Saint Emilion: retour en 1996

Qui a dit que le Gouvernement français ne se préoccupait pas des vignerons? Je veux dire, des vignerons d'une certaine surface financière...

Le secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel, lui, a pris le temps de s'intéresser aux crus classés de Saint Emilion, déposant et faisant voter au Sénat, la nuit dernière, un amendement qui permet, malgré l'annulation du classement de 2006, de continuer à utiliser les mentions en vigueur antérieurement - celles du classement de 1996, donc.

Brave Secrétaire d'Etat, et braves sénateurs! Un autre amendement visant à autoriser la publicité pour les boissons alcoolisées sur internet a malheureusement été repoussé, lui, au cours de cette même séance. Quant à l'amendement sur la défense de la presse vineuse, il n'en a pas été question.

21:58 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

02 juillet 2008

Saint Emilion perd son classement

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, qui avait suspendu le classement de Saint Emilion en mars 2007 (avant de se voir désavouer par le Conseil d'Etat), vient de l'annuler. Le Tribunal a estimé que la Commission de Classement avait favorisé les domaines déjà classés au détriment des nouveaux postulants. Pourquoi? Simplement parce que les deux catégories étaient jugées séparément.

L'appel de ce jugement n'étant pas suspensif, ceci rend inapplicable le classement. Les Châteaux devront donc supprimer de leurs étiquettes toute mention relative au Classement à compter du millésime 2006.

Si appel il y a (ce qui semble plus que probable, compte tenu des engagements pris par l'INAO), celui-ci ne devrait pas être rendu avant... deux ans. Entretemps, il faudra donc s'habituer à des Saint-Emilion simples ou "Grand Cru", mais non classés.

C'est fâcheux, non seulement pour les crus classés, mais aussi pour l'ensemble de l'appellation. A titre personnel, comme pas mal de gens, je m'étonne que le problème n'ait pas pu trouver une solution autre que devant la justice - les Français seront bientôt aussi procéduriers que les Américains. C'est bon pour leurs avocats, mais pas vraiment pour leur image. Pas même celle de ceux qui contestaient le classement - mais le comprennent-ils? 

Je ne peux m'empêcher de penser que la Commission de Classement, qui avait écarté pas mal de domaines parmi les moins méritants, avait fait oeuvre utile. Bien sûr, comme toute oeuvre humaine, elle est criticable. Mais il est pathétique de penser que cette classification, qui a vécu des jours paisibles tant qu'elle ouvrait trop grand ses portes, est supprimée alors que l'on s'efforçait de la rendre efficace.

A-t-on pensé à tous les gogos de consommateurs qui pendant tant d'années, ont acheté de médiocres crus classés les yeux fermés, avant de les cracher et de se dire "plus jamais"? Qui ose me dire que cela ne lui est jamais arrivé?

Plus de classement, donc. Voila qui risque de dérouter pas mal d'investisseurs et de buveurs d'étiquettes. Ce dont nous n'avons cure, amis oenophiles, mais qui devrait gêner la vente à la grande exportation.

Que cela ne vous empêche pas de continuer à se faire votre propre... classement, le seul qui vaille, en définitive. 

Saint Em

15:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |