16 août 2008

Château Closiot

L’avantage de prendre des vacances en région viticole, c’est de pouvoir visiter ses amis viticulteurs. Lundi dernier, j’ai donc pu passer une fort bonne après midi chez mon copain Bernard Sirot (Vino Magazine, Megavino, Comité Belge de la Dégustation...) et sa charmante épouse Françoise, propriétaire du Château Closiot, à Barsac.
Nous avaient rejoint pour l’occasion mes vieux complices d’IVV, j’ai nommé Nathalie Verbogen et Marc Vanhellemont. 

Closiot1

Château Closiot (Photo M. Vanhellemont)

Tout ceci n’aurait qu’un intérêt tout relatif pour vous, amis de ce blog, si Bernard et Françoise ne nous avaient préparés une petite verticale de leur production. Vous me voyez venir, avec mes notes de dégu? En voiture pour un petit voyage dans le temps et dans le liquoreux...


Closiot 2001

Citron confit, zeste d’orange, figue bien mûre au nez. En bouche, une très belle minéralité prend le relais, le vin est gras, mais reste vif. Quelques jolies notes de camphre et de bois de cèdre en finale. La grande classe.***

Closiot 2002

Ici, on est plus dans le registre des fruits secs au nez (amandes, raisins secs), avec en sus une pointe iodée. La bouche est vive,  le vin est déjà très agréable aujourd’hui.*

Closiot 2003

Le plus riche, le plus opulent de la dégustation - canicule oblige. Sans doute le moins Closiot aussi, mais quelle richesse! Kumquat, pamplemousse rose, raisins de Corinthe, abricot, toute la palette des fruits confits y passe; la bouche est très grasse, onctueuse, un peu plus molle que les autres millésimes, sans doute, mais c’est la nature qui l’a voulu.**


Closiot 2004

Françoise et Bernard sont d’avis que les liquoreux peuvent se boire jeunes. Leur 2004 en est la plus belle démonstration. Aux notes de citron confit et des citronnelle, qui rappellent le 2001, se mêlent le foin et l’humus. Le vin présente une belle acidité, et même quelques notes salines. C’est un vin plus simple, plus direct que le 2001 ou le 2003. Mais cette belle fraîcheur plaira.**

 

Closiot5

Au téléphone, Bernard Sirot; sur la chaise, votre serviteur (Photo Marc Vanhellemont)



Closiot 2005

Aujourd’hui, ce vin requiert un peu d’aération. Aux discrètes notes florales du début succèdent alors les fruits blancs, pomme golden, poire, foin, et quelques nuances fumées. En bouche, on joue dans la même division que le 2003, avec une grosse concentration. Nathalie Verbogen évoque un “vin joufflu”, Marc Vanhellemont un vin baroque (ou est-ce l’inverse, je ne sais plus) Toujours est-il que les deux expressions sont tout à fait adéquates.
Super plaisant aujourd’hui sur sa douceur et son gras, ce millésime présente tout de même un énorme potentiel.***


Premières Brumes de Closiot 2005

Cette cuvée est une idée conjointe des Sirot et de l’importateur belge du domaine. L’esprit: du fruit, du fruit et encore du fruit. Raisin mûr au nez, bouche suave, mais pas trop. “Un Sauternes de soif”, si vous me passez l’expression...**


Château Camperos 2001

Le petit frère de Closiot, un autre domaine appartenant à Françoise et Bernard, situé lui sur Sauternes, sur des terrains plus sablonneux. Rappelons que si tout Barsac peut être déclaré en Sauternes (une exception dans la règle des AOC), l’inverse n’est pas vrai.
Quoi qu’il en soit, ce vin se révèle assez différent des Closiot. Ici, au nez, c’est le miel et les fruits exotiques qui dominent. Accessoirement, on note une belle amertume, mais à comparer avec le Closiot de la même année, Camperos semble à la fois plus évolué, plus fondu, mais aussi plus léger. Bernard nous confirme qu’il est aussi inférieur en degré.**

 

Closiot2

L'auteur en short... et en action (Photo Marc Vanhellemont)

 

09:27 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

07 août 2008

Les Jeux sont frais

Qu'est-ce que je ferais, sans mon ami Eric, pour alimenter ce blog?

Pendant que je me dore au soleil périgourdin, lui sue sur ses chroniques... C'est tout bénéf pour vous, amis lecteurs...



"Comme le disait si bien Juan-Antonio, moi, ça m’arrange plutôt d’avoir une semaine de battement entre les Jeux et le Tour. C’est vrai quoi, faut laisser souffler la machine. Trop de sport tue le sport. Et puis, je pose la question, car il faut poser la question : quel temps reste t il pour le dopage si les épreuves sportives se succèdent trop rapidement ? Ha, ha, voilà une question qu’elle est bonne. Je vous ai entretenu du problème criant de l’EPO de troisième génération il y a quelques jours, après l’eau le pastis et l’orgeat light, il y a maintenant le Coke au Ricco.

Mais il n’y a pas que cela, on vient d’apprendre, il y a trois jours que la plus vieille bouteille de Veuve Clicquot au monde à été découverte dans un château écossais. Monsieur Chris James, le propriétaire du château de Torosay, situé sur l'île écossaise de Mull, a découvert une bouteille de Veuve Clicquot millésimée 1893 dans un meuble dont il n'avait pas les clés et qu'il a acheté avec le château. Veuve Clicquot a confirmé que cette bouteille était la plus ancienne bouteille connue de la maison. Moi je dis que l’on a du bol, dans l’île de Mull, si ça avait été du Châteauneuf-du-Pape, on aurait parlé d’un coup à la Daudet. Vous voyez que ce n’est pas évident pour tout le monde.


J’ai encore une autre nouvelle, importante cette fois : la consommation d’alcool en France est inchangée depuis 1962. Attention, vous qui revenez du camping de Palavas-les-Flots et qui avez vu Mimile rond comme une queue de pelle chaque soir au milieu de sa partie de pétanque, vous ne pouvez en croire vos mirettes. Avec ce qu’il torchait comme anisette chaque jour, il ne peut pas tenir depuis aussi longtemps. Erreur, demandez aux pruneaux, l’alcool conserve. Ceci dit, la statistique, qui émane de l’OMS et qui reprend la consommation d’alcool des gens de 15 ans et plus met en exergue la chute vertigineuse des vins, pas loin de 50% de moins en 44 ans, ça ne rigole pas. Par contre la bière est stable et les spiritueux aussi. Il est vrai qu’avec un président qui supprime le vin et le fromage aux repas, ça doit pas rigoler tous les jours dans l’Hexagone.


Bon, chez nous, je n’ose pas imaginer comme c’est maintenant. Aux temps bénis du bon Guy, il était de mise de déguster des vins toscans et des plats d’inspiration italienne. Aujourd’hui, je n’ose imaginer que Bart déguste les boulets sauce lapin que lui apporte son collègue Didier pendant que Joëlle sort les pots d’escavêche. C’est pas tout ça, la vie est dure, surtout dans ces périodes de chassé-croisé-moltonés sous la grisaille. Au moins ceux qui partent n’ont pas de regrets et ceux qui rentrent non plus. Fait moche comme avant, rien n’a changé. Même pas l’enseigne du Quick d’Overijse, pourtant c’est dans une autre langue. Mais nous qui oscillons, voire qui migrons si on bouge plus longtemps, que nous reste-t-il ? un petit coup de rouge à se faire entre deux files sur l’autoroute de l’amer du Nord. Allez oui, une petite Côte de Castillon, pour changer un peu.


Castillon la Bataille, là où aurait eu lieu la dernière bataille de la Guerre de Cent Ans qui comme son nom l’indique parfaitement à duré un rien plus longtemps. C’est sur une fine couche d’argiles de moins de 40 cm, avant la roche mère, pour les ignares qui lisent ceci par hasard, elle n’a rien a voir avec Alexia, que poussent les pieds de merlot, cabernet-sauvignon et franc ainsi qu’un peu de cot pour faire joli. Dans cette zone superbe, se trouve le château Tifayne, propriété de Renaud Limbosch et de Franziska Zavagli.


Pour votre culture et votre amour sacré de la patrie, ces deux là sont issus de Gembloux. De la célèbre faculté des sciences agronomiques. Ça ne rigole pas du tout. Diplôme en poche, Ils partent à Bordeaux ou le beau Renaud est embauché comme régisseur dans les côtes de Castillon. En 1997 ils pourront se lancer dans la grande aventure, celle qui fait que parfois on dort mal la nuit, celle qui fait qu’il faut se lever plus tôt que les autres et se coucher souvent plus tard, mais celle qui fait briller les yeux quand on regarde les rangs de vignes bien taillés portant les fruits mûrs à quelques jours de la récolte. Celle aussi qui fait que l’on peut boire un coup avec des potes, parler de tout et de rien en écoutant le temps qui passe. Parce que le bordelais, ce n’est pas que des DRH, DC, DRP et autres stagiaires de grandes écoles, c’est aussi, surtout même, des humains, des gens normaux qui ne vendent pas leurs boutanches à des prix scandaleusement prohibitifs, des gens qui n’ont pas d’hélicoptères ou de gros 4X4 rutilants. Le Bordelais que j’ai souvent envie de vous faire découvrir, c’est celui des vignerons qui vivent là et pas dans les pages glacées des magasines anglo-saxons. Ce 2003 est tout à fait prêt à boire, le merlot donne toute la rondeur qu’il peut, comme en plus on est sur un millésime chaud, les tanins sont souples. Le vin est plein de fruits, avec une petite dominante vers le cassis et le sureau. La bouche est relativement longue et le tout est vraiment vachement bien équilibré. Bien sûr, n’espérez pas qu’il vous fasse la communion de la petite qui vient de naître, il n’est pas fait pour ça. Votre cave non plus d’ailleurs. Buvez le maintenant, sans vous poser trop de question, juste pour vous faire plaisir. C’est ce qui compte non ?

 

Eric "Immigrant" Boschman

En vente pour 4,99 € chez Delhaize, plus d’infos sur www.tifayne.com

19:46 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |