15 mars 2015

Sans attendre, Godeau!

Il y avait belle lurette que le jury d'In Vino Veritas n'avait pas eu tellement de plaisir avec un Bordeaux. Qui plus est, avec un Saint Emilion. Cet oiseau rare, c'est le Château Godeau 2011. Tellement fruité au nez qu'on se pince pour y croire - cerise, fraise, mûre, groseille, un vrai panier! Mais on note aussi une pincée de poivre. La bouche ne déçoit pas, elle allie gourmandise, puissance et structure - les tannins sont enrobés, soyeux, noyés dans le fruit, le moka, le jus de viande, la réglisse et le piment d'Espelette (excusez du peu). Quelle belle texture! Et quel beau travail du bois, utilisé ici comme une épice rare.

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Depuis 2012, le château est aux mains de la famille Florisoone, anciens propriétaires de Calon-Ségur. 

Le domaine compte 5,5 hectares sur le plateau calcaire (commune de Saint Laurent des Combes). Il a pour voisins la Mondotte.

A noter la très forte proportion de Merlot dans l'encépagement: 95%. Et l'absence de Cabernet-Sauvignon, les 5% restants étant constitués de Cabernet Franc.

Info: contactgodeau@gmail.com

 

00:11 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bordeaux, France | Tags : château godeau, saint emilion, bordeaux, vin, plaisir | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

16 février 2015

1855 victime des Primeurs? Ch. Journalistes spécialisés...

Extrait d'une dépêche de l'AFP datée du 11 février, au sujet de l'amende requise par l'Autorité des Marchés Financiers à l'encontre de la SA 1855:

"1855 vendait des grands crus de Bordeaux en primeur à ses clients, à savoir peu après la récolte alors que le vin est encore en vinification, mais ne les livrait que deux ans après au moment de la mise en bouteille. Le problème est que la société voyait parfois le prix des bouteilles s'envoler en deux ans et devait donc les acquérir auprès du producteur à un coût bien supérieur à celui facturé aux clients. Dans certains cas, le vin n'était même plus disponible."

Voila une drôle de façon d'expliquer les choses.

Je me permets de faire observer que 1855 n'aurait pris aucun risque de voir les prix s'envoler, si la société avait effectivement acheté en Primeur les vins qu'elle était censé vendre.

Ses clients payaient des acomptes pour se faire livrer des vins dont ils étaient persuadés que 1855 les détenait déjà. Car comment pouvaient-ils imaginer que 1855 puisse proposer à la vente ce qu'il ne possédait pas encore? Et pire, quelque chose dont il n'était même pas sûr de pouvoir se le procurer. Les faits semblent démontrer, au contraire, que 1855 vendait souvent à découvert.

En cas de doute sur la possibilité de se procurer les vins, 1855 n'aurait jamais dû encaisser les chèques de ses clients, mais les mettre en attente. D'après certains clients, pourtant, ce n'était pas le cas - autant l'information sur les livraisons circulait lentement, autant les encaissements étaient rapides.

Rien de nouveau là dedans, 1855 et son système ont déjà fait l'objet de bien des commentaires.

Si je vous en parle à nouveau, aujourd'hui, c'est que la phrase de l'AFP réveille en moi une grande frustration. 

Au risque de me répéter, il me semble que la rédaction des dépêches concernant le marché des vins devrait être confiée à des spécialistes, ou au moins relue par des spécialistes. Ne croyez pas que je prêche pour ma chapelle, c'est juste qu'une bonne information est à ce prix.

Car des dépêches de ce genre sont abondamment reprises par les journaux et magazines clients de l'AFP, le plus souvent sans aucune relecture, et peuvent donc contribuer à la propagation d'informations approximatives, voire tendancieuses.

Dans le cas de la phrase ci-dessus, à la lire, c'est tout juste si l'on ne penserait pas que le pauvre 1855 a été victime d'un système, celui des Primeurs!

00:38 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |