02 septembre 2009

Pas pour les buveurs d'étiquettes...

Attention, cette video d'une session du GJE peut choquer le public sensible des buveurs d'étiquettes...

http://www.youtube.com/watch?v=gXKRwMBEjrQ

09:33 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

31 août 2009

Bordeaux Premier Cru? Et puis quoi encore?

La "fusée" Bordeaux-Bordeaux Supérieur (un peu poussive, ces derniers temps, si j'en juge par les chiffres du premier semestre), aimerait se voir doter d'un troisième étage: "Bordeaux Premier Cru". La demande officielle en a été faite auprès de l'INAO.

Bernard Farges, le président des AOP Bordeaux-Bordeaux Supérieur, est convaincu de la qualité générale des produits de ses ouailles (c'est son droit, il y a de bonnes choses à Bordeaux), et soutient ce projet.

Du côté des acheteurs étrangers, on ricane. A Londres, notamment, on évoque sans détour les dérives potentielles de cette nouvelle hiérarchie: "qui dit Premier Cru dit renchérissement du prix". Et comme il est peu probable, selon les négociants britanniques, que cela se traduise par une hausse de la qualité, les consommateurs risquent bien de se tourner vers d'autres cieux. "Bordeaux n'a plus depuis longtemps l'exclusivité des assemblages à la bordelaise...", et bla bla bla...

A l'origine, le nom de Premier Cru devait remplacer celui de Bordeaux Supérieur, mais des dissensions au sein du syndicat d'AOP en ont décidé autrement. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? En définitive, qu'est-ce qui séparera demain les deux derniers étages de la fusée: ni le terroir, ni le rendement, juste le degré d'alcool et la sévérité du panel de dégustation. Pas vraiment probant. D'autant que si l'on suit la réflexion, la mention ne devrait pas être attribuée chaque année aux mêmes domaines, mais remise en question - et là, on pense inévitablement à la mésaventure des crus bourgeois...

J'émettrai une autre critique: à ma connaissance, les Premiers Crus, tels qu'on les connaît en Bourgogne, leur région par excellence, s'appliquent à des appellations communales, et concernent donc des petits volumes. De plus, ils concernent des vignes, des terroirs, des climats identifiés.

Avec un Bordeaux Premier Cru, qui s'appliquerait au plus grand vignoble de France en étendue, on détourne tout à fait le concept. Qu'en pensent les Bourguignons?

Et comment le consommateur singapourien moyen ferait-il demain la différence entre Pommard Premier Cru Les Rugiens (un des premiers crus de Pommard, qui en totalise... 118 ha) et une "sélection" opérée à partitr de plus de 100.000 ha de vignes girondines?

Bien sûr, c'est aux Bordelais de décider comment structurer leur offre. Un troisième étage? Pourquoi pas, pourvu qu'il n'alourdisse pas la fusée. Mais Dieu que le nom envisagé me semble mal choisi!

 

 

09:50 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |