12 août 2009

Sweet Closiot

Je vous ai déjà entretenu l'an dernier des vins de Château Closiot, à Barsac (voir ici). Mais là, c'est Eric Boschman qui s'y colle.

Et quand je dis s'y colle, ce n'est pas en référence à une quelconque adhérence sur les doigts du dégustateur, ni aux relations d'amitié qui nous lient, Eric, Bernard Sirot et moi. Est-ce parce que l'on apprécie les producteurs qu'on doit forcément descendre leurs vins quand ils sont bons? Vaste débat, très à la mode dans la presse anglaise, mais qui me laisse perplexe. La réponse est non, bien sûr, un vin est bon ou il ne l'est pas. Mais je cède la place à Eric Barsac, pardon, Boschman...

"Vous connaissez tous et toutes le célèbre inspecteur Closiot, le héros de la panthère topaze. C’est lui qui a inspiré, il y a une grosse trentaine d’années le personnage du policier maladroitement burlesque de la panthère rose. Ce que vous ne savez probablement pas, c’est qu’il ne s’agit nullement d’un pseudo, mais bien de son nom de famille véritable. Enfin, pas tout à fait, c’est le lieu où il passa toutes ses vacances durant les quarante deux premières années de sa vie.

Je ne vous raconte pas les détails, le vénérable cèdre, les murs de pierres beiges, les vignes qui ondoient et qui verdoient dans le lointain et même le proche, non, je ne vous parlerai pas de ces images romantiques qui appartiennent à sa mémoire. Le passé est le passé, et les moments de cette époque sont morts à tout jamais. Mais pour commémorer le temps qui se barre à la vitesse d’un cheval au galop dans la baie du Mont Saint-Michel le matin, on peut boire un verre de Sauternes, un verre de Château Closiot.

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Sauternes ou la modernité...

 

Au fait, qu’est-ce que le Sauternes ? Je sais, pour commencer, une flopée d’images stupides vont nous sauter à la tronche. Le foie-gras, les Nènennes avec un poil au menton le dimanche après-midi, écoutant le temps qui s’égrène, un tic et un tac à la fois, sur la pendule du salon les rapprochant inexorablement de la ligne d’arrivée, et autres machins  joyeux du genre. C’est tellement cafardeux qu'on en boit de moins en moins, du Sauternes.

Et que l’on ne vienne pas me gonfler avec le sucre. Un verre de Sauternes, c’est toujours moins sucré qu’un verre de n’importe quel soda. Faut arrêter de prendre sa vessie pour une lanterne, ça va faire mal. Le réel problème du Sauternes aujourd’hui, c’est son image.

Soit il est tellement cher qu’il ne peut plus être consommé que par Tatiana et ses copines blondes aux jambes d’un mètre quatre-vingt deux, dans des soirées tellement bling bling que même le Petit Nico serait gêné ; soit c’est tellement vieillot que quand on est autre chose qu’une marque de prestige, en boire ne fut-ce qu’un verre condamne à la ringuardise à perpétuité. Mais quelle connerie !  Quelle belle connerie !

Le Sauternes, c’est vraiment autre chose. Certes, l’image du produit est bien ternie par une belle série de gougnafiers qui ont fait, et font encore malheureusement, du sirop à base de raisin mais sans limaces, et pas vraiment du vin, même s’ils ont le droit à l’appellation. Mais ça, c’est une maladie endémique dans bien trop de vignobles hexagonaux, et même si c’est une excuse, elle n’est pas valable comme pièce unique.

Le Sauternes est tout simplement hors de la mode. L’appellation a tellement mal et peu communiqué depuis des années qu’elle n’existe plus dans la tête des consommateurs. Et pourtant, quand on voit la passion de Françoise et de Bernard, quand on sent pulser en eux, elle la native, lui la pièce rapportée, la sève de leurs vignes, quand on se pose un instant, en attendant le taon, au bord de leur piscine, le regard perdu dans les rangs de vignes, suivant le vol hiératique des étourneaux qui commencent à choisir leurs proies, quand on sent simplement le temps qui passe doucement, comme l’amour d’une jeune femme qui s’est trompée d’histoire, on ne peut qu’aimer ce vin. En dépit de la tendance.

En plus, si au coin d’une soirée, lorsque le soleil sera couché derrière l’horizon, vous mangez un rôti de lapin aux abricots secs et aux oignons confits, vous adorerez un verre de sauternes délicat pour lui donner du relief. Et, si vous êtes plus aventureux, accompagnez donc un beau gaspacho, bien acidulé, sans trop de poivrons en entrée, par un verre de Sauternes plus léger, un "Premières Brumes" de Closiot, par exemple. Là, tout simplement, vous comprendrez que le Sauternes n’est pas un vin pour mémère à caniche ringuarde et qu’il mérite plus qu’un avis à l’emporte pièce."

Eric Boschman

00:13 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

26 juin 2009

Coupe des Crus de Saint Emilion 2009

La Coupe des Crus de Saint-Emilion, organisée tous les deux ans par le Conseil des Vins de Saint-Emilion, s’est déroulée à Bordeaux dimanche dernier. 135 crus y ont participé, représentant les deux AOC de Saint-Emilion, ainsi que deux crus satellites, à savoir Lussac et Puisseguin (mais ni Montagne ni Saint Georges, qui ne font pas partie du Conseil).

La formule retenue est celle de matchs éliminatoires au cours desquels les crus s’affrontent par appellation, deux par deux, sur trois millésimes 2004, 2005 et 2006.

Les lauréats sont:

COUPE SAINT-EMILION 2009
XX de Corbin Anabelle CRUSE-BARDINET

COUPE LUSSAC SAINT-EMILION 2009
La Croix de Peyrolie Château Fombrauge SAS

COUPE PUISSEGUIN SAINT-EMILION 2009
Château Le Bernat Monsieur et Madame LE ROY

COUPE SAINT-EMILION GRAND CRU 2009
Château Fombrauge Bernard MAGREZ

07:55 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |