17 octobre 2009

La preuve par le labrador

La preuve que le raisin est bon, cette année, à saint Emilion, c'est Hubert de Boüard qui nous l'administre : "J'ai un jeune labrador. C'est la première fois que je le vois croquer à pleines dents dans une grappe de merlot !"

Evidemment, si Fido a moins de 3 ans, ce n'est ni en 2007, ni en 2008 qu'il a pu se faire des indigestions de merlot mûr...

 

Merlot

Ah, le bon merlot bien mûr...

 

PS. Peut-être faudrait-il présenter Fido à Bob, la mascotte des Côtes de Bourg?

09:19 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : chien, humour, bordeaux, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

11 octobre 2009

Call me Bob

Etre d'accord avec Robert Parker? Pourquoi pas? Lors de mon passage à Saint-Emilion, pour le ban des vendanges de la Jurade, j'ai pu déguster le Château Pavie 2000. 100 points chez Bob.

100 points chez moi aussi (même si, d'habitude, je note sur 20). Comme je l'écrivais hier à François Mauss, qui consacre un portrait à Gérard Perse: "Où enlever des points"?

Pavie

Ma bouteille (vide) de Pavie 2000

Pour la complexité du nez - fruits mûrs, fruits secs, épices douces, et notes boisées délicates - je donne le maximum.

Pour la complexité de la bouche - tannins soyeux, longueur, élégance et puissance, velouté - le maximum aussi.

Non, à moins de vouloir se faire du mal, je ne vois pas.

Je précise que je ne connais pas Gérard Perse. J'ai tout juste échangé trois mots avec lui (il déjeunait à la table d'à côté), le temps de lui dire tout le bien que je pensais de son vin. Il m'a dédicacé la bouteille vide. Je l'ai devant moi au moment où j'écris. Ceci pour rassurer ceux qui pourraient croire que je me serais fait acheter - le monde est plein de petits esprits.

Je ne me fais pas d'illusion sur l'influence de mes commentaires. Au prix où est Château Pavie (genre 280 euros), rares sont les acheteurs potentiels sur ce blog. Et puis Bob a déjà fait le boulot.

Alors pourquoi écrire ce post? Parce que c'est ce que je pense. Parce que même s'il faut beaucoup d'argent pour faire un vin pareil, il faut aussi savoir bien l'employer. D'autres, tout aussi riches, n'auraient pas fait aussi bien.

Dans son portrait de Gérard Perse, François Mauss évoque le nom de Bernard Magrez. J'y ai songé aussi. Je lisais dernièrement dans Sud Ouest un portrait de Magrez. Son côté "parti de rien" est bien rendu. Son côté "moi je", aussi. Mais quoi qu'on pense du bonhomme et de ses relations publiques, l'honnêteté exige de dire que Pape Clément n'a jamais été aussi grand que depuis qu'il en a repris les rênes. D'aucuns diront qu'il ne vinifie pas. Mais qui paie les factures?

Bref, comme il faut honorer les petits vignerons qui font honneur à leur terroir, à leur nature, et qui font du mieux qu'ils peuvent avec les petits moyens qu'ils ont, mais avec beaucoup de coeur et d'âme, il faut honorer aussi un Perse ou un Magrez, qui pourraient faire autre chose de leur argent, et qui, malgré le qu'en-dira-t'on, la mesquinerie des voisins et des concurrents, continuent d'investir, de s'investir dans ces vins.

Qui sait s'ils ne trouvent pas là un sens à leur richesse? On n'emporte pas ses trésors avec soi dans la tombe, mais pouvoir dire, "j'ai rendu son lustre à un vrai patrimoine", c'est autre chose que de collectionner les tableaux d'artistes morts dans la dèche, ou les sièges dans les conseils d'administration.

Honni soit qui mal y Perse.

Voila, c'était ma minute people.

Aujourd'hui, vous pouvez m'appeller Bob.

 

 

 

 

00:03 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |