01 décembre 2009

Rififi à Pomerol... aussi

Après Saint Emilion, après les Crus Bourgeois du Médoc, c'est autour de Pomerol d'être saisi par la fièvre judiciaire. En cause, la mise à l'écart de l'AOC de 23 châteaux ne possédant pas de chais dans l'aire d'appellation - mise à l'écart prévue pour 2019, selon les termes du nouveau cahier des charges de l'ODG.

Neuf châteaux parmi ces 23 viennent de porter l'affaire devant le Tribunal de Grande Instance de Libourne, évoquant des "problèmes de régularité dans la prise de décision" de l'ODG. Ils déposeront aussi un recours devant le Conseil d'Etat d'ici le 14 décembre contre le décret entérinant ce nouveau cahier des charges.

Jean-Louis Trocard, qui mène la fronde des neuf rebelles, précise tout de même que les 23 "bannis de Pomerol", qui représentent une surface de 35 hectares, bénéficient d'une "dérogation jusqu'à 2018 inclus". Mais sans doute les potentiels bannis ont-ils jugé que 10 ans n'étaient pas suffisants pour construire leur chai sur Pomerol.

Ils ont pourtant déjà eu le temps de se faire à cette idée, puisque la première décision en ce sens date de 1998, et que les premières mesures d'application, le "régime transitoire", ont été mises en place en 2001. Mais l'AFP, dans sa dépêche reproduite un peu partout, n'en parle pas. Un nouveau cas d'Azheimer, sans doute.

Les "bannis" ont cependant des arguments à faire valoir: installés dans certains cas à quelques hectomètres à peine de l'aire d'AOC Pomerol, et bénéficiant d'une antériorité dans l'usage de ce nom, ils auraient pu s'attendre à plus d'égards - une exemption au titre de l'histoire, où même, une rectification des limites de l'aire, qui sait... L'argument de la protection de l'appellation semble bien vague - on aurait pu aussi bien contrôler les chais en dedans et en dehors de l'aire, quand ils sont si proches. A moins qu'il n'y ait des relents de concurrence? On comprendrait à la rigueur une démarche qui rendrait obligatoire l'embouteillage à la propriété. Mais la mise en bouteille reste permise en dehors de l'AOC, dans les limites.... du département de la Gironde (le plus vaste de France). Et ce, jusqu'en 2025. Force est de constater que le projet est bizarrement ficelé.

Quoi qu'il en soit, tout se passe comme-ci, aujourd'hui, on ne pouvait plus décider de rien, dans une AOC, sans prendre le risque de se voir assigner au tribunal. Même si c'est bon pour les professions juridiques, cela fait désordre au plan de la communication. Une bonne conciliation, des arrangements entre pairs eut mieux valu que ce déballage judiciaire.

Imaginez un peu, à présent, ce qui se passerait si l'on décidait en haut lieu de supprimer purement et simplement les appellations indigentes, un peu comme le regretté René Renou l'avait proposé en son temps. Tout l'effectif du Barreau français n'y suffirait pas...

Le pourfendeur des droits acquis, des féodalités et de l'immobilisme à la française, François de Closets, devrait s'intéresser à la viticulture.

14:16 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

12 novembre 2009

Bordeaux aura son Centre Culturel et Touristique du Vin

C'est officiel, le quartier des Bassins à flot de Bordeaux accueillera le Centre Culturel et Touristique du Vin, comme l'annonce ce communiqué de la Mairie de Bordeaux.
 
"Alain Juppé, maire de Bordeaux, accompagné de Laurent Courbu président de la CCIB et de Laurent Gapenne, vice président du CIVB, est allé tout au long de ce jeudi 12 novembre à la rencontre des élus girondins et des professionnels de la filière vitivinicole, pour leur présenter le futur Centre Culturel et Touristique du Vin. Il a annoncé que le site retenu pour le projet était le quartier des Bassins à flot à Bordeaux.

 

Juppé
Alain Juppé (Photo Médef)

 
A l'occasion de 4 réunions de présentation à Cadillac, Saint-Émilion, Beychac et Caillau et Pauillac, il a pu constater devant un public nombreux l'adhésion très forte suscitée par ce projet. Le Centre Culturel et Touristique du Vin prendra place dès 2013 dans le quartier des Bassins à flot, sur l'actuel site de la fourrière et des forges. En contact direct avec le fleuve, bénéficiant d'une accessibilité exceptionnelle (tramway, rocade, pont Bacalan Bastide) et d'une forte visibilité, il prendra la forme d'un bâtiment à l'architecture voulue exceptionnelle et qui reste encore à dessiner.

Sur la base d'un partenariat avec le CIVB, la CCIB, la CUB, l'État, l'Europe, la région Aquitaine et des acteurs privés, le Centre Culturel et Touristique du Vin se voudra un lieu d'excellence, emblématique et véritable porte d'entrée vers le vignoble bordelais. Il poursuivra ainsi un objectif économique (soutien et promotion de la filière), touristique (développement de l'oenotourisme) et culturel.
 
Le constat


Le vin est un élément indiscutable de la culture française, vecteur de civilisation. Et pourtant, aucun lieu ne lui est consacré à la mesure de sa notoriété internationale et de son importance tant culturelle, qu’économique et touristique. Il est également à la base de la culture bordelaise. Il représente un pan essentiel de son économie, de son histoire et de sa réputation. Personne ne conteste à Bordeaux sa place de « capitale mondiale du vin ».


Les chiffres clés


Un projet de 55 millions d’euros / Un bâtiment de 10 000 m² / Une ouverture prévue au printemps 2013 / objectif 400 000 visiteurs par an.


Les enjeux


- Objectif culturel : un lieu de vie, symbole identitaire d’une ville et d’un territoire où s’exprime la  « civilisation du vin » dans sa dimension interculturelle.
- Objectif économique : doter les 2 principales filières économiques de la région - vin et tourisme - d’un équipement structurant majeur à Bordeaux, d’envergure internationale et à destination du grand public.
- Objectif d’image : un équipement exemplaire dans sa conception et sa réalisation architecturale, symbole d’une démarche environnementale et durable, en symbiose avec un contenu innovant sur le fond et la forme.
- Objectif touristique : remplir la fonction de hub oenotouristique à l’échelle du territoire.


Ah, la bonne nouvelle. Après toutes les avanies hygiénistes subies ces derniers temps, comment ne pas se réjouir de la mise en route de ce projet qui tent à redonner au vin un statut culturel qu'il n'aurait jamais dû perdre en France, et à Bordeaux une aura que seul le vin a pu lui conférer au travers de l'histoire.

Et de lire que les Pouvoirs Publics français s'y associeront, qu'un ancien Premier Ministre y apporte sa caution, ah, on en pleurerait d'émotion. Ca s'arrose!

18:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |