01 janvier 2010

Famille virtuelle mais succès bien réel

Vous ne connaissez-vous Julien et Martin Batiste? 

Ces deux frères sont pourtant les producteurs les plus en vue ces derniers temps dans la GD française. Ces 12 derniers mois, les ventes de leur Bordeaux ont progressé de 19%, pour atteindre 2 millions de cols. La hausse est même de 40% pour le format BIB.

De quoi snober le baron de Lestac ou même Malesan!

On aurait aimé interviewer les deux héros de cette success story et leur demander comment à deux, en famille, ils parviennent à fournir autant de vin et si bon marché; mais c'est difficile, car ils sont complètement virtuels.  Julien et Martin ne sont en effet que des avatars, une famille en trompe l'oeil, la personification d'un concept 100% marketing signé Castel.

 

Batiste

Heureux comme Batiste...

01:32 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin, bordeaux, marketing | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

02 décembre 2009

Pomerol: l'avis de David Cobbold

Mon ami David Cobbold apporte son éclairage à l'affaire des "bannis de Pomerol", que j'évoquais hier. Voici ses arguments, tels qu'exposés le 22 juin dernier dans l’émission In Vino BFM, sur Radio BFM (hé oui, cette histoire ne date ni de la dernière pluie, ni de la dernière dépêche de l'AFP...).


Débat : est-il censé d’imposer l’élaboration d’un vin sur l’aire de son appellation d’origine ?


Une récente décision prise par l’appellation Pomerol, et visant, avant 2019, d’obliger tous les producteurs de Pomerol de vinifier un vin portant l’appellation Pomerol dans l’aire d’appellation, à attiré mon attention. Je trouve que cela pousse le bouchon d’une supposée «authenticité» un peu loin.
Regardons les faits. Pomerol est une petite appellation de la rive droite du bordelais, d’environ 800 hectares, et la propriété moyenne à Pomerol est inférieure à 6 hectares. L’aire de Pomerol est bordée par les appellations de St. Emilion et de Lalande de Pomerol, avec une autre appellation, Montagne Saint Emilion, tout près. Vu la surface moyenne et la topographie, bon nombre de propriétaires sont également propriétaires de parcelles dans ces appellations voisines. Et certains ont leur bases historiques dans ces appellations limitrophes. Les cépages sont identiques, les terroirs sont très similaires, et les distances minimes. Malgré cela, on veut leur imposer de construire un autre chai sur l’aire de Pomerol si leurs vins veulent bénéficier de cette appellation.

D’accord, on leur donne jusqu’en 2018 pour le faire, mais est-ce vraiment une décision censée lorsqu’on mesure le prix du terrain à Pomerol, sa disponibilité très limitée, les pollutions diverses inévitablement engendrées par tout ce béton supplémentaire, et le faible (pour ne pas dire inexistant) «avantage» en soi-disant authenticité qui est visé par cette mesure.
Décidément, j’ai du mal à comprendre la multiplication des entraves qui sont imposées aux producteurs, même dans les appellations prestigieuses. Et tout cela pour zéro avantage en qualité pour le consommateur !

David Cobbold

07:17 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |