22 mai 2015

Une affaire

Si vous avez 285 euros, vous pouvez actuellement vous payer une bouteille de Château Lafite Rothschild 2014 (en primeur).

C'est une bonne affaire, nous disent les aficionados des crus classés: cette bouteille est environ 14% moins chère que le 2012, soit le même prix ou presque que l'inoubliable 2013 (ben oui, chez les Grands Crus, les millésimes sont soit "du siècle", soit "exceptionnels", soit "classiques". Sauf 2013 qui est inoubliable).

Sinon, vous avez aussi des vins faits, mais on navigue dans d'autres eaux.

A Cahors, à Madiran, à Montpeyroux, à Chinon, à Faugères,à Jongieux, à Gigondas, à Cornas et même à Bordeaux, on trouve des vins de moins de 50 euros à damner un saint... mais pas classés, hélas.

C.l.a.s.s.é. 6 petites lettres. Un rapide calcul digne de l'ancien BEPC (au temps où il fallait compter soi-même) me permet de vous donner la valeur approximative d'une seule de ces lettres sur l'étiquette: environ 60 euros.

Chers amis du vin et de la typographie, à vous de choisir.

08:27 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : primeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

18 avril 2015

De la malo dans les Bordeaux blancs

A Bordeaux, le millésime 2014 s'est distingué par une forte acidité dans les blancs, notamment de sauvignon. D'où le recours, par certains châteaux, à une technique assez peu usitée dans la région, traditionnellement: la fermentation malolactique. Au moins partiellement. 

Le Professeur Dubourdieu l'a recommandée, arguant qu'elle redonne de la rondeur aux vins "sans nuire à la typicité".

Tous les producteurs ne l'ont pas suivi - certains ont préféré augmenter le pourcentage de sémillon dans les assemblages, ou recourir au bâtonnage. 

Je m'interroge quand même sur la notion de typicité mise en avant par Denis Dubourdieu. Si les conditions naturelles du millésime aboutissent à des vins plus acides que d'habitude, le respect de la typicité - ou plus généralement, de ce que l'on appelle le terroir, et que l'appellation est censée entériner - ne dicte-t-il pas de les laisser tels qu'ils sont? Peut-être difficiles à vendre, mais fidèles à leur terroir?

Mais peut-être vais-je chercher trop loin.

En définitive, le vin n'est-il pas d'abord comme le veut celui qui le vinifie? N'est-ce pas lui qui définie sa vraie typicité? Et combien de consommateurs, ou même d'acheteurs de grands crus classés, savent-ils ce que c'est que la malo? 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : malo | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |