27 janvier 2010

Qui veut être Cru Bourgeois?

L'Alliance des Crus du Médoc entend faire renaître le Classement des Crus Bourgeois, mis à bas par le tribunal administratif (les fidèles de ce blog connaissent l'histoire). 

Cette renaissance se fera sur de toutes nouvelles bases - la mention sera attribuée chaque année à un millésime seulement. Et sous la surveillance d'un organisme certificateur indépendant, Veritas.

Il s'agit d'éviter autant que faire se peut les recours de domaines non retenus, les conditions de la sélection doivent donc être objectivées, irréprochables.

Le hic, c'est qu'après nous avoir expliqué, lors de la suspension du classement, que la perte du statut de Cru Bourgeois était un coup dur pour eux, bon nombre de châteaux n'entendent plus le réclamer!

De deux choses l'une, ou bien ils ont peur de la sélection annuelle.

Ou bien ils se jugent à présent au dessus de cette mention.

A vous dégoûter de faire quelque chose pour la communauté! Cela fait un peu désordre.

Pour l'instant, un seul grand château s'est officiellement déclaré intéressé par le nouveau classement: Phélan Ségur. Rien d'étonnant, puisque son propriétaire actuel, Thierry Gardinier,  est à la base de la nouvelle formule de "labelisation".

07:03 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

25 janvier 2010

Giscours d'appel

Ma consoeur Florence Himbert, de l'organisation de consommateurs "UFC Que Choisir?", revèle que la condamnation du Château Giscours vient d'être alourdie en appel:

"La Cour d'appel de Bordeaux vient d'accorder 20.000 euros de dommages et intérêts à l'UFC-Que Choisir, qui s'était portée partie civile dans le procès intenté à plusieurs responsables de l'exploitation du Château-Giscours, troisième grand cru classé de Margaux, suite à une série de malversations.

Giscours

Château Giscours (Photo H. Lalau)

Cet arrêt aggrave la condamnation (3.000 euros) rendue par le tribunal correctionnel de Bordeaux en juin 2008. L'UFC-Que Choisir avait alors interjeté appel de cette décision, estimant le montant des indemnités insuffisant eu égard au préjudice subi par les consommateurs. Il faut dire que les responsables de Château-Giscours n'avaient pas hésité à multiplier les «bidouillages» en tout genre destinés à masquer les défauts de cuvées médiocres et pourtant vendues fort cher.

Une première alerte en 1996, à la suite de la découverte de copeaux de bois dans des cuves, destinés à renforcer artificiellement la teneur du vin en tannins, avait attiré l'attention des services de l'État. Une nouvelle inspection, quelques mois plus tard, a révélé bien d'autres pratiques illicites: adjonction d'acide tartrique pour remonter l'acidité du vin, combinée à une surchaptalisation (ajout de sucre pour augmenter le degré d'alcool) au mépris de la réglementation, utilisation de lait pour chasser des odeurs parasites ou, plus grave encore, mélange de millésimes ou interversion de cuves entre Haut-Médoc et Margaux. Il a en effet été établi que du vin de parcelles provenant d'une propriété classée en Haut-Médoc avec de vieilles vignes était «passé» dans des cuves du second vin de Château-Giscours, élaboré à partir de jeunes vignes manquant encore de tonus. Un véritable sacrilège, s'agissant d'un cru aussi prestigieux."

Florence Humbert

18:51 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |