01 avril 2010

Primeurs de Bordeaux: premières indications

En exclusivité, voici les premiers commentaires de dégustation des Primeurs de Bordeaux,qui m'ont été aimablement envoyés par quatre de mes confrères chroniqueurs du Grand Jury Américain, à savoir Marc Denfer, Louis Helvaux, Eric Clairbois et Gérard Goupil (que je remercie au passage).

-Château Margot 2012: Bien pour le millésime - 93 (MD).

-Château People 2011: Une vedette, un peu bling bling, tout de même - 89 (EC).

-Château Faignasse 2013: A attendre encore - 90 (GG).

-Château Le Retour 2010: Un vin d'avenir, sauf imprévu - 91 (EC)

-Château Aquem 2031: Gros potentiel, aque on l'aime - 94 (LH).

-Château La Boule 2011: Attention en fin de journée pour les vierges - 88 (LH)

-Château Dutroux 2010: trop jeune encore - 79 (GG)

-Château de Cristal 2012: Très bien pour les béliers du premier décan - 93 (GG)

-Château Bonne-Aventure 2010: un bon investissement à long terme - 91 (MD)

-Château Montrouge 2023: grosse matière, un éphélan dans un magasin de porcelaine - 92 (LH).

-Château Lamour 2012: guère plus de potentiel que pour un 5 à 7 - 69 (GG)

La suite dans un prochain post.

09:09 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

19 mars 2010

La Tour Prignac Grande Réserve 2005

Voici quelques jours, j’assistais au Ventre Saint Gris à la présentation de quelques uns des domaines de Castel. J’ai particulièrement apprécié La Tour Prignac, un Cru Bourgeois du Médoc, dans sa cuvée Grande Réserve, millésime 2005.

La Tour Prignac, ce sont 147ha, pas un de moins.  Ce qui en fait la deuxième plus grande propriété du Médoc. Du merlot, à 57%, ce qui est moins courant dans la région. Quoi qu’il en soit, avec une telle surface, il y a matière à faire des sélections.
Sélections de parcelles : les coteaux de cabernets-sauvignon les mieux exposés, les terroirs de merlots les plus généreux, nous dit la documentation. 22 hectares, en tout. Mais aussi affinages particuliers. La Grande Réserve, comme son nom l’indique, est au sommet de la pyramide (100.000 bouteilles, tout de même, sur les 500.000 produites sur la propriété), et elle bénéficie des soins les plus diligents d’Eric Boissenot (oui, l’œnologue-conseil de Latour et Margaux, entre autres).

LaTour Prignac

La Tour Prignac


Bon, juste pour rire, imaginez une doc qui vous dise : «Notre AOC n’est pas très homogène;  notre propriété non plus; nous avons pris ce qu’on avait, y compris les fonds de paluds; ; tout n’était pas très mûr, bien sûr; et puis comme on a pas les moyens de se payer un vrai oenologue, on a pris un étudiant. Alors, finalement, on n’est pas mécontents du résultat, et pour le prix, c’est un vrai cadeau. Si vous voulez, vous pouvez même l’acheter en primeur».

Pas très vendeur, hein ? Alors jouons le jeu. Je n’ai jamais rencontré M. Boissenot, je n’ai aucune idée de ce qu’il apporte au vin. Et comme je n’ai jamais visité la propriété, je serai bien en peine de vous dire où se trouvent les meilleurs coteaux de cabernets, ou les merlots les plus généreux. Quant aux sols, présentés comme argilo-calcaires, cette description doit bien correspondre aux ¾ du Bordelais…

Ce que je sais, par contre, c’est que ce vin me plaît. Pas de doute, c’est un Bordeaux, la trame est même très Médoc, avec un côté sérieux ; pas vraiment austère, non, mais on n’est pas là pour le badinage, si vous voyez ce que je veux dire.
Un peu de carafe le rend un peu plus volubile, mais ne vous y trompez pas, ce que ce vin a à vous dire est assez solennel. Du genre: «si vous voulez rigoler, changez de rive !»

Mais voyons dans le verre. Même aéré, le nez est plus élégant qu’explosif. Il y a du fruit, mais c’est plutôt le fruit du bois que le fruit des bois. Quelques notes de clou de girofle, un peu de cerise à l’alcool ; mais c’est en bouche que ça se passe (et pas chez McDo). Là, c’est une arrivée en masse de notes fumées, de fruit frais, pas trop de vanille, plutôt du bois des îles. La structure est solide, on pense à une église romane plutôt qu’à la dentelle de Bruges. Les tannins sont suaves, comme si la carrure du vin se fondait dans l’étoffe de l’élevage – très raffiné. Imaginez Lino Ventura en smoking Smalto. Quoi qu'il en soit, la longueur est étonnante, sur l’acidité et sur un retour de fruit (cerise, groseille à maquereau).


Tiens, ça faisait longtemps que je n’avais pas consacré autant de lignes à un seul vin. Et surtout à un Bordeaux. C’est sans doute un signe. Le retour du printemps ?

06:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |