16 avril 2010

Foncier viticole : Bordeaux qui pleure et Bordeaux qui rit

La crise viticole que traverse la France depuis quelques années se traduit par un endettement record des vignerons, et par une baisse de la valeur du foncier.
Une des régions les plus touchées est le Bordelais – malgré la présence des grands crus, le revenu annuel moyen y est parmi les plus bas de France : 28.200 euros en 2007, dernier chiffre publié, et tout porte à croire qu’il a baissé depuis.
Une étude plus récente (mars 2010) de la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt d’Aquitaine révèle même qu’un viticulteur aquitain sur deux dispose d'un revenu inférieur à 18.000 euros soit l'équivalent de la valeur d'un hectare de bordeaux rouge.

Pavie

L'arbre des Grands Crus Classés (ici, Pavie) ne doit pas cacher la forêt des petites appellations aquitaines

 

Pas étonnant, dès lors, que bon nombre de propriétés soient à vendre ; pas étonnant non plus qu’elles peinent à trouver preneur. Ainsi, selon la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural, alias SAFER, 1.500 hectares de vignes aquitaines ont été vendues en 2009, soit 23% de moins qu’en 2008.

Et les prix ? Ils sont de 72.000 euros l’hectare, en moyenne.


Encore faut-il distinguer d’un côté les AOC de prestige de toutes les autres, les sans grade, où le prix moyen de l'hectare de vigne planté ne cesse de baisser : en 20 ans, certains domaines ont perdu entre le quart et la moitié de leur valeur.  A Fronsac, le prix à l’hectare a baissé de 26% en 20 ans, pour atteindre 55.000 euros. Et en Bordeaux générique, il n’est pas rare de descendre plus bas que 15.000 euros l‘hectare.
Tandis qu’à l’autre extrémité du spectre, 5 grandes AOC (Margaux, Pauillac, Pomerol,  Saint Julien, et Saint Estèphe), terres de Grands Crus, ont vu leurs prix plus que tripler en 20 ans. Aujourd’hui, les prix pratiqués dans ces zones (environ 800.000 euros l’hectare) sont comparables à ceux de la Champagne. A Margaux, on dépasse même le million d’euros à l’hectare.

Conséquence: la région Aquitaine, qui englobe le plus vaste vignoble de France, ne représente aujourd'hui plus qu'un cinquième de la valeur du foncier français de vignobles d’appellation (soit 47 milliards d’euros), contre près du tiers en 1991 ; alors que la Champagne, à elle seule, en représente la moitié.

02:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin, bordeaux, foncier, aoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

15 avril 2010

Où l'on reparle des Primeurs de Bordeaux

Reçu de mon Ami Eric B., ce mail de Benoît De Coster (vous savez, l'auteur de Bordeaux Alternatif), que je vous livre brut de décoffrage...

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Bordeaux Alternatif

 

Entre-nous... Ils sont un peu ridicule les Lagneaux avec leur sortie prématurée en pleine vacances de Pâques. Ils ont besoin d'argent? Ou est-ce simplement une manière de se distinguer? Je penche pour la seconde option.

Quoiqu'il en soit... Il serait bon que cette fois les Bordelais cessent de prendre les gens pour des idiots. Le millésime est vraiment excellent... D'accord mais, il y en aura d'autres! J'ai fait l'impasse totale sur Bordeaux a partir de 2002 et, sincèrement, j'ai pu encore tout acheter à très bon compte ces deux dernières années. Ni 2003, ni 2005 ne se sont avérés être des achats intelligents en primeur.
Cette fois, il y a une donnée que les Bordelais ne pourront ignorer: la crise économique est bien réelle et profonde. Bordeaux n'est pas une planète isolée qui peut s'estimer hors du contexte.
Pour moi qui suis revenu à l'achat en 2008 parce que les vins étaient très bons et les prix revenaient enfin à la réalité, si une augmentation conséquente se produit (je veux dire par la, plus de 15 ou pire, 20%), je n'achèterai rien et je me detournerai définitivement d'une région incapable de respecter les clients, une région dont, si cela se passe
ainsi, l'arrogance dépassera le seuil du supportable et fera tomber la
région dans la classification: "tout simplement antipathique à jamais" !
Dès lors, je conseillerai a tout le monde d'acheter du Bordeaux. Il y a des limites indécentes qu'il faut  savoir ne pas dépasser! Dans le cadre de crise actuel...je pense vraiment que si les consommateurs ne font pas vraiment "une affaire" en achetant les primeurs (c'est bien le but, non? Ou alors c'est le tir aux pigeons?), ils s'enfuiront de la région.
Je m'apprête à écrire un article important a ce sujet dans le premier magazine belge...
265.000 lecteurs... Cela a beaucoup d'impact, crois-moi!
Les Bordelais feraient bien de réfléchir très sérieusement cette fois avant de commettre
l'irréparable. Il faut arrêter de rigoler... 2009 est excellent... Et alors ? Après 2009 les Bordelais vont-ils cesser de produire du vin? 2010, 2011, 2012 ... Vont être mauvais?


Personnellement je suis prêt a faire l'impasse
totale sur 2009 si la raison ne l'emporte pas. Je pense aussi que le monde
entier va dans ce sens!
Tu peux diffuser ce mail autant que tu veux si cela te semble judicieux. Pour ma part tu peux prendre ton stylo pour noter les commandes dans le cas d'une augmentation raisonnable - dans le cas contraire, en ce qui me concerne, tu peux partir a la pêche, écouter le chant des oiseaux, semer des nénuphars dans ta piscine ... Finalement... Ce sera peut-être mieux ainsi!


J'achète d'office seulement Fonroque et Pontet-Canet. Ces deux la sont trop intelligents et ne feront pas les fous (alors qu'ils le pourraient bien plus que les autres) et leurs vins ont au
moins du caractère!


Amitiés et bien a toi,


(Désolé pour les erreurs d'orthographe, je t'écris sur un Blackberry ce petit mail assis sur un banc devant une église qui surplombe le Lac de Garde. Le spectacle de la belle nature m'inspire ces paroles)


Benoît

01:45 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |