23 avril 2010

Primeurs 2009: que faut-il en penser?

A quel saint se vouer, entre Decanter qui parle de "lent démarrage de campagne", et de la Journée Viticole, qui parle de "succès fracassant"?

La RVF, elle, révèle le nom de ses préférés, parmi lesquels, pour le Libournais, Pavie, mais aussi Troplong Mondot et Le Prieuré. Trois châteaux que j'aime bien, d'habitude (en toute simplicité). Notez que la fourchette de prix entre les trois est assez large...

Et comme je ne compte pas investir, je peux me permettre d'attendre. Rendez-vous dans quelques années, donc.

14:44 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin, primeurs 2009, bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

16 avril 2010

Foncier viticole : Bordeaux qui pleure et Bordeaux qui rit

La crise viticole que traverse la France depuis quelques années se traduit par un endettement record des vignerons, et par une baisse de la valeur du foncier.
Une des régions les plus touchées est le Bordelais – malgré la présence des grands crus, le revenu annuel moyen y est parmi les plus bas de France : 28.200 euros en 2007, dernier chiffre publié, et tout porte à croire qu’il a baissé depuis.
Une étude plus récente (mars 2010) de la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt d’Aquitaine révèle même qu’un viticulteur aquitain sur deux dispose d'un revenu inférieur à 18.000 euros soit l'équivalent de la valeur d'un hectare de bordeaux rouge.

Pavie

L'arbre des Grands Crus Classés (ici, Pavie) ne doit pas cacher la forêt des petites appellations aquitaines

 

Pas étonnant, dès lors, que bon nombre de propriétés soient à vendre ; pas étonnant non plus qu’elles peinent à trouver preneur. Ainsi, selon la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural, alias SAFER, 1.500 hectares de vignes aquitaines ont été vendues en 2009, soit 23% de moins qu’en 2008.

Et les prix ? Ils sont de 72.000 euros l’hectare, en moyenne.


Encore faut-il distinguer d’un côté les AOC de prestige de toutes les autres, les sans grade, où le prix moyen de l'hectare de vigne planté ne cesse de baisser : en 20 ans, certains domaines ont perdu entre le quart et la moitié de leur valeur.  A Fronsac, le prix à l’hectare a baissé de 26% en 20 ans, pour atteindre 55.000 euros. Et en Bordeaux générique, il n’est pas rare de descendre plus bas que 15.000 euros l‘hectare.
Tandis qu’à l’autre extrémité du spectre, 5 grandes AOC (Margaux, Pauillac, Pomerol,  Saint Julien, et Saint Estèphe), terres de Grands Crus, ont vu leurs prix plus que tripler en 20 ans. Aujourd’hui, les prix pratiqués dans ces zones (environ 800.000 euros l’hectare) sont comparables à ceux de la Champagne. A Margaux, on dépasse même le million d’euros à l’hectare.

Conséquence: la région Aquitaine, qui englobe le plus vaste vignoble de France, ne représente aujourd'hui plus qu'un cinquième de la valeur du foncier français de vignobles d’appellation (soit 47 milliards d’euros), contre près du tiers en 1991 ; alors que la Champagne, à elle seule, en représente la moitié.

02:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin, bordeaux, foncier, aoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |