18 avril 2015

De la malo dans les Bordeaux blancs

A Bordeaux, le millésime 2014 s'est distingué par une forte acidité dans les blancs, notamment de sauvignon. D'où le recours, par certains châteaux, à une technique assez peu usitée dans la région, traditionnellement: la fermentation malolactique. Au moins partiellement. 

Le Professeur Dubourdieu l'a recommandée, arguant qu'elle redonne de la rondeur aux vins "sans nuire à la typicité".

Tous les producteurs ne l'ont pas suivi - certains ont préféré augmenter le pourcentage de sémillon dans les assemblages, ou recourir au bâtonnage. 

Je m'interroge quand même sur la notion de typicité mise en avant par Denis Dubourdieu. Si les conditions naturelles du millésime aboutissent à des vins plus acides que d'habitude, le respect de la typicité - ou plus généralement, de ce que l'on appelle le terroir, et que l'appellation est censée entériner - ne dicte-t-il pas de les laisser tels qu'ils sont? Peut-être difficiles à vendre, mais fidèles à leur terroir?

Mais peut-être vais-je chercher trop loin.

En définitive, le vin n'est-il pas d'abord comme le veut celui qui le vinifie? N'est-ce pas lui qui définie sa vraie typicité? Et combien de consommateurs, ou même d'acheteurs de grands crus classés, savent-ils ce que c'est que la malo? 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Tags : malo | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

11 avril 2015

Primeurs un autre jour

Les comptes-rendus des dégustations en primeur des Bordeaux 2014 déferlent sur les sites, les blogs et dans les pages des journaux plus ou moins spécialisés. 

Magie des nouvelles technologies de l'information, on sait maintenant, presque en temps réel, à peu près tout ce qu'il y a à savoir de vins qu'on ne devrait même pas ouvrir avant 3 ou 4 ans. Leurs arômes de jeunesse, l'empreinte du bois dont ils viennent à peine de sortir.

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Vu d'ici, c'est un peu Microcosmos: les salles des châteaux grouillent d'espèces de toutes sortes, cette semaine, et chacun se pousse de l'élytre pour pondre le plus vite, pour trouver la formule qui définira le millésime, le mot qui enfermera la chose. Pas évident, quand les vins sont encore à l'état de larve.

Rira bien qui tweetera le dernier!

La question a été posée - quelle effronterie! - de savoir si 2014 serait un tournant pour les primeurs. En termes plus clairs: si cette forme archaïque de commercialisation des vins n'allait pas disparaître, victime d'une série de 3 millésimes peu emballants mais toujours chers, avec la mévente qui s'en suit; victime d'un phénomène curieux: quand les millésimes sont bons, les prix des grands crus explosent; quand les millésimes sont médiocres, ils diminuent à peine.

Je ne suis pas sûr que 2014 change quoi que ce soit. Après tout, si le système des Primeurs avait dû exploser, il l'aurait sans doute déjà fait en 2013, sans doute le plus pitoyable millésime de ces 20 dernières années. 

Mais ne prolongeons pas d'avantage ce billet; les aficionados des grands Bordeaux n'ont rien à faire de mes humeurs, ils ont la caution sur l'étiquette, ça leur suffit pour acheter, pour stocker et même, parfois, pour trouver bon le vin; quand aux amoureux du vin, soit ils regarderont ailleurs - oui, il existe d'autres régions de vin, et qui vendent dans des conditions normales (et même en Bordelais, hors du petit cénacle des surcotés, des surfaits et des surfats), soit ils attendront que le vin soit fait.

Alors, comme dirait James Bond, Primeurs un autre jour!

primeurs,bordeaux

 

14:47 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Etats-Unis, France | Tags : primeurs, bordeaux | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |