19 novembre 2010

Clémence pour les fraudeurs de l'Entre Deux Mers

La Coopérative de Sauveterre de Guyenne tartriquait ses vins sans autorisation.

L'affaire remonte à 2008. Il s'agissait de "sauver une cuve de rosé", a avoué le responsable devant le Tribunal correctionnel de Bordeaux.  Ce vin "impropre à la consommation", selon les propres termes de Mme la Présidente du Tribunal, a pourtant trouvé preneur au Château de L'Orangerie, à la Cave de Landiras et chez Baron Philippe. Ce rosé-là est sans doute bu depuis longtemps.

Qu'on se rassure: la cave n'a été condamnée qu'à 15.000 euros avec sursis. Thémis ne veut pas la mort des coopératives, il faut penser au lien social, à l'impact économique; en plus, il n'y a pas eu mort d'homme, même pas de plainte de consommateur.

Et puis surtout, le tartricage est maintenant autorisé par arrêté préfectoral.



00:21 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

07 novembre 2010

My name is Angelus. James Angelus

Il est tout fier, Hubert de Boüard, d'annoncer à Decanter que son Angelus a toutes les chances de redevenir "le vin de James Bond" dans les prochains films de l'espion britannique.

Ce partenariat est né en 2006, quand Barbara Broccolli en personne lui en a fait la demande à l'occasion du film "Casino Royale". Il paraît que ce sont des amis. Grand bien leur fasse. Le broccolli est une fragrance assez courante dans le vin.

Mais au titre de cinéphile, je trouve Casino Royale très médiocre. Les tentatives d'humour de Daniel Craig sont aussi crédibles qu'une bar mitsvah chez Himmler ou qu'un jerk chez Beria.  Sa brutalité et son goût du sang font passer les autres Bonds pour des bleuettes. Et si le style n'était qu'une question de marque de costard, ça se saurait. Quant aux dialogues... A croire que le fisc US taxe la production au nombre de mots!

Un malheur n'arrivant jamais seul, les choses n'ont fait qu'empirer avec les films suivants: toujours plus de rage, plus de vengeance, toujours moins d'élégance. Pourquoi tant de haine? Est-ce le reflet de la demande des nouvelles générations de spectateurs? Il ne manque plus qu'un rappeur au générique. 

Alors, quand j'entend le bon M. Hubert parler de "James Bond, le connaisseur", je ne peux m'empêcher de penser qu'il se trompe de Bond. 

Sauf votre respect, M. de Boüard, associer Angelus - un ange - à tant de vulgarité, c'est plus qu'une erreur, c'est presque une faute de goût.

Bien sûr, si ça fait vendre, c'est autre chose! Mais à qui? A quelques vieux Chinois impotents en mal de sensations fortes, et à qui les déluges de feu rappellent des éjaculations passées? A quelques gangstas cocaïnomanes qui veulent sniffer autre chose que du Courvoisier? Sic transit gloria Angelorum (et intestinarum).

Bon, me revoici caustique comme la soude. C'est que je repense à un excellent Angelus dégusté l'an dernier chez l'ami Louis de Nivelles. Un 89, si ma mémoire est bonne. Le grand vin à l'état pur. Racé, élégant, distingué. Lui.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : vin, vignoble, angelus, saint emilion | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |