12 mai 2011

Renaissance des Appellations à Bordeaux

En marge de Vinexpo (ou plutôt, en "off"), les 110 vignerons membres du groupement «Renaissance des Appellations» organisent un grande dégustation le lundi 20 juin 2011, au Grand Théâtre de Bordeaux. L'occasion de faire connaître et partager leur engagement:

"Tous les membres de l'association pratiquent une agriculture biologique-biodynamique sur la totalité de leurs vignes. Mais tous ont également renoncé à tout artifice technologique en cave, afin de rompre avec un mouvement de standardisation des vins et de préserver le lien unissant chaque vrai vin à un terroir et à un millésime.
 
Sont notamment écartés par les vignerons de la Renaissance des Appellations: les désherbants, les fongicides et les insecticides de synthèse, les engrais chimiques mais aussi les levures aromatiques artificielles, les enzymes, les filtrations stérilisantes, ou encore la concentration par osmose inverse… pour ne citer que quelques exemples de l’arsenal autorisé et généralisé par l’agriculture et l’œnologie modernes.
 
Cela permet aux vins qui vous seront présentés au Grand Théâtre de refléter parfaitement le goût du lieu dont ils proviennent, pour renouer ainsi avec le vrai sens des AOC.
 
Pendant cette journée, parallèlement à la dégustation et aux deux conférences que j’animerai, nous aurons par ailleurs le plaisir de projeter en avant-première le film «L’Esprit du Vin: Le Réveil des Terroirs», réalisé par un couple de vignerons membres de la Renaissance des Appellations."
 

Qu'on se le dise

17:41 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Tous les chemins mènent à Stellenbosch

Fin avril, au Chalet de la Forêt, à Bruxelles, j'ai fait une belle rencontre. Une grande dame du vin, l'ancienne propriétaire de Pichon Longueville Comtesse de Lalande, May-Eliane de Lencquesaing, présentait ses vins... sud-africains. Le domaine s'appelle Glenelly, il est situé à Stellenbosch.

"Mais qu'allait-elle faire dans cette pirogue?", vous demandez vous, goguenards que vous êtes... Quitter les fastes de Bordeaux pour le continent noir?  Vous frémissez déjà pour elle. C'est mal la connaître.

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May-Eliane de Lencquesaing

Pour elle, la vie est faite pour créer, pour semer, pas pour engranger, ni pour regarder les trains passer.

L'Afrique du Sud? Ce n'est pas une passade. Elle la fréquente depuis des années. Elle y a noué des amitiés, elle a cherché à comprendre. Elle aime ce pays, ses habitants, elle veut apporter sa pierre à son développement.

Mme de Lencquesaing a une personnalité attachante. L'âge n'a rien enlevé à son dynamisme, à la malice dans son regard. Elle est contente de vous surprendre, de vous prendre à contre pied. Elle est passionnée. Ses vins? Ils ont sa personnalité. Elle récolte plus tôt que tout le monde à Stellenbosch. Elle aime le vignoble du Cap, mais elle y applique les leçons qu'elles a apprises à Bordeaux. Elle y a même planté du petit-verdot, comme à Pichon.

Et franchement, à l'aveugle, je ne suis pas sûr que je ne mettrais pas son "Lady May" 2008 (91% cabernet sauvignon-9% petit verdot) parmi les grand crus de Bordeaux. Un Pauillac, peut-être? En tout cas pas un vin du "Nouveau Monde".

Nouveau Monde? Mme May balaie l'expresssion d'une revers de la main "François Villion a planté ses vignes à Stellenbosch au moment où l'on plantait dans le Médoc. Les deux vignobles sont contemporains!".

Dans le verre, c'est ce Lady May qui m'a le plus intéressé. Au nez, le fruit est frais, vif; la bouche est à la fois suave et épicée, ses tannins sont fins, il a de l'élégance et du caractère. "Un vin plein d'esprit", comme on disait au temps de la marine à voile.

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Lady May, c'était le nom de la marraine anglaise d'Eliane

En ce temps-là, un des ancêtres anglais de Mme May prit un navire pour les Philippines. Pas une traversée de tout repos. Il s'arrêta au Cap, c'était une escale obligée. Puis il s'installa à Manille. Il se lança dans les affaires avec la Chine. Il fallait une sérieuse dose de culot. Il épousa une Espagnole. Pour ça aussi, il fallait une certaine force de caractère. L'Angalis était fils d'évèque protestant; elle était catholique.

La différence, May-Eliane connaît: son double prénom, c'est pour sa double appartenance, ses deux familles, l'Anglaise et la Française. Alors s'enfermer à Bordeaux, ou n'importe où, d'ailleurs, quand le monde est si vaste...

Tout ça pour dire que tous les chemins mènent à Stellenbosch...

Importateur: Delta Fijne Wijne, Damme +32 50 50 10 80 info@dfw.be

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |