21 mai 2011

De Coster et les Primeurs 2010

Et si on reparlait des Primeurs de Bordeaux, maintenant que les choses se décantent un peu?

Un habitué de cet exercice, Benoit de Coster (L'auteur de "Bordeaux Alternatif"), vient de publier ses notes dans la magazine l'Evénement. Et m'envoie son impression d'ensemble.

Je suis beaucoup moins enthousiaste que d'autres pour ce millésime qui doit encore à mon sens montrer "pâte blanche" en fin d'élevage. Je reviens encore d'une semaine en Italie et de 3 jours à Bordeaux. Curieusement alors que les régions n'ont absolument rien en commun, on retrouve bien souvent dans les vins de 2010 une désagréable sensation d'acidité "mordante" et de tannins vraiment "rêches", autant en France qu'en Italie. Ceci ne se retrouve pas dans tous les vins, loin de là et, effectivement, lorsque ce défaut n'est pas présent alors les vins sont merveilleux, même parfois sublimes, mais on est par contre très loin du charme enjôleur que présentaient pratiquement tous les 2009.

Je pense qu'en sus de tout ce que j'écris dans mon article il faut préciser les éléments suivants:

1) Un vraiment "grand millésime" à Bordeaux a toujours été caractérisé par une date de vendange relativement homogène dans la région. Qu'il s'agisse de 1982, 1989, 2005 ou 2009... tous ces millésimes ont été vendangés en l'espace de 2 à 3 semaines maximum. CECI N'EST PAS LE CAS EN 2010. Il est donc tout à fait logique que, dans le cadre d'une vendange étalée sur près d'un mois et demi (du 20 Septembre à fin Octobre), les différences de qualité entre les propriétés soient véritablement significatives.

2) Très clairement, dans de nombreux cas, la vigne a souffert de la sécheresse. C'est pourtant la première fois, à ma connaissance, qu'au lieu de fermer ses stomates et de passer en "mode léthargique" et de "consommer ses acides", la vigne a continué son métabolisme tout en puisant des réserves en eau DANS LE RAISIN... un fait très inhabituel que l'on constate fréquemment chez les Espagnols où des millésimes de grandes sécheresses terminent avec des tannins verts, acerbes, non mûrs... J'offre bien volontiers mes bouteilles de Castello Ygay 1987 à ceux qui doutent de cela. Le vin, déclaré à l'époque comme étant de "grande garde" et "magnifique" (c'est pourquoi je m'étais fait pigeonner) est aujourd'hui toujours aussi imbuvable avec ses tannins verts qui n'ont jamais mûri sur la vigne et ne mûriront absolument jamais dans la bouteille!! Chaque fois que j'ouvre une bouteille elle termine sa course à l'évier. On ne m'y reprendra donc plus.

Or, clairement, dans certains cas, à Bordeaux en 2010, les raisins ont de manière très surprenante, "concentré" leurs acides par effet de déshydratation des baies. Normalement, une année sèche (rappelez-vous 1990) se traduit par un manque d'acidité des vins car l'effet combiné de la sécheresse et de la chaleur tend à "brûler" (ou plutôt métaboliser dirons-nous) les acides de la plante. Rien de tout cela en 2010 à Bordeaux où tout le monde s'accorde sur le fait que les acidités sont "remarquablement" (mais moi, dans certains cas je dirais "terriblement") élevées. Que ceci soit un gage de longue garde est une possibilité certaine dès lors que cette acidité est combinée avec des tannins soyeux et mûrs mais si ces acides se combinent avec des tannins immatures alors nous sommes dans le cas de figure de vins type "millésime" 1975. Je crois qu'autant il y aura quelques grandes bouteilles d'anthologie, autant il y aura également de très grosses déconvenues... On en reparle dans quelques années!

Bien à vous tous et bons achats en Primeurs... il fait très beau à Bordeaux depuis quelques semaines... 2011 se présente bien :-) mais là, c'est vraiment prématuré d'en parler, n'oublions cependant pas en achetant 2010 qu'un millésime chasse l'autre et que Bordeaux ne doit pas toujours pratiquer le tir aux pigeons.

Je n'ai ni oublié 1997, ni 2006... J'ai acheté en masse des 2009... Avec 2010 la plus grande circonspection est de rigueur à mon sens. Quant aux acheteurs chinois... il faut bien se renseigner car, toutes sources consultées (en Chine, et oui, finalement n'est-ce pas là qu'il faut se renseigner ?), il n'est pas vraiment certains que ce soient eux qui achètent mais bien des grossistes qui spéculent sur base de futurs achats supputés lesquels eux-mêmes reposent sur les ventes récentes de vins en stock. Oui, la Chine "tire" bien la demande globale de Bordeaux vers le haut mais jusqu'à "quelle altitude" ? Aux USA les américains ont appris à leurs dépends la phrase qu'ils citaient eux-mêmes et à laquelle ils ont fini par ne plus croire: "the sky is the limit". Je pense que tôt ou tard un rééquilibrage se fera. Les 2010, d'accord mais pas n'importe lesquels et pas à n'importe quel prix.

Benoît De Coster

07:50 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : bordeaux, vin, vignoble, primeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 mai 2011

Il court, il court, le Cheval Blanc

Tout va tellement vite, dans la Galaxie Gutenberg. Voila que le Cheval Blanc s'emballe, voila qu'il casse son attache, qu'il prend le mors aux dents, qu'il quitte Saint Emilion... pour Pomerol.

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Pomerol, qui y gagne au passage un Premier Grand Cru Classé.

Vous êtes sceptiques? C'est pourtant écrit noir sur blanc ici, sur Mondial Infos.

Un site sérieux, où l'on traite aussi de l'agression d'une puéricultrice à Flémalle (Canton de Vaud), de l'arrestation de DSK en Australie (Conna-Viagra County), ou encore d'un étonnant fait divers survenu à Lyon (Luxembourg autrichien): "Une grue tombe sur un immeuble".

Naguère, c'étaient les immeubles qui tombaient sur les prostituées, mais aujourd'hui, tout fout le camp...

11:10 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Pour rire | Tags : vin, cheval blanc, bordeaux, pomerol, saint emilion, humour | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |