12 juin 2011

900 euros le tonneau de Bordeaux…

Signé Eric "Bordeaux" Boschman...

900 euros. Je sais, vu comme ça, c’est une somme. Mais un tonneau, c’est une unité de mesure qui fait 900 litres, à Bordeaux. Et d’un coup, ça fait nettement moins, hein?

C’est étrange, lorsque l’on évoque les vins de Bordeaux en général, c’est pour vouer aux gémonies les pratiques tarifaires indécentes de certaines propriétés. A juste titre, certes, même s’il s’agit surtout d’une conséquence évidente des lois de l’offre et de la demande. A partir du moment où le vin est un symbole social et que cette façade permet aux nouveaux riches de la planète de se coller un verni culturel, sachant qu’il y a de plus en plus de nouveaux riches et que pour eux, malgré les chroniqueurs anglo-saxons, la France et dans un second plan l’Italie, restent les images d’un certain art de vivre qu’il est facile d’acquérir en apparence par la grâce de quelques marques bien visibles, il est logique que les vins les plus symptomatiquement symboliques de France soient l’objet de toutes les convoitises. Qu’il s’agisse de loque ou de pinuche, le combat est le même, les codes aussi, on la joue produit de luxe, rareté, même quand ce n’est pas tout à fait vrai et les prix grimpent et tiennent par la grâce d’un marketing d’une intelligence rare.

DSCF1495.JPGLes crus classés, phares de la qualité et des prix, émergeant de la masse des Bordeaux (allez, Gorri!)

Tant pis, nos moyens ne nous permettant plus d’accéder aux grandes marques du bordelais, nous devrons nous faire plaisir avec des vins moins connus. Quelque part, je trouve que c’est comme qui dirait une bonne nouvelle. C’est notre rôle à tous, du chroniqueur au consommateur en passant par les importateurs et les sommeliers, de chercher les perles, forcément rares, sinon cela ne serait pas vraiment drôle. Un peu à l’instar de Vasco de Gama, nous devons être des découvreurs. Le salut passe par notre libre arbitre, loin des guides bêlant la même litanie d’année en année. Certes les grandes étiquettes, grâce aux moyens colossaux qu’elles se sont octroyées, sont souvent au sommet de leur art. Même si la déception est fréquemment au coin du bouchon a vrai dire. C’est que quand le flacon flirte avec les 500 euros, voir le double, on est en droit d’attendre une émotion du même niveau, le genre de souvenir qui restera au fond de nos mémoires tant que la maladie d’Alsemberg n’aura pas transformé nos neurones en sauce blanche.

Mais, si Bordeaux, dans son ensemble représente plus ou moins 12.000 étiquettes différentes, seules deux ou trois centaines d’entre elles jouent dans ce Barnum d’apparence des marques. A côté, c’est un peu la soupe à la grimace pour les producteurs. Pour nous, c’est par contre le moment de retourner sillonner les routes d’Aquitaine, oublier la petite crise de rogne suscitée par les prix délirants de ces quelques uns. Car le bordelais dans son ensemble pratique des tarifs très bas, c’est même probablement une des régions de France qui propose les meilleurs ratios prix/plaisir. Attendez, ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit, c’est pas le pays des bizounours, loin s’en faut, tout n’est pas génial dans cette gigantesque appellation, mais on trouve souvent des flacons aux environs de 4 ou 5 € qui valent largement leur pesant de cacahuètes. Alors qu’en ce moment nos futurs ex-amis du nord du Rideau de Pomme de Terre reprennent, un peu stupidement il faut le souligner, le principe si cher au cœur de Georges Bush du French Bashing, allez savoir pourquoi hein ; nous avons une consommation plutôt stable et même en légère hausse de ces vins. C’est presque génétique et parfois barbant de conformisme. Mais quand c’est bon, c’est un truc que nous comprenons vachement facilement, le bordeaux, c’est un peu le vin de notre éducation, le truc qui permet de ne jamais se tromper. Heu...oui, pourquoi pas, mais avec quelques nuances quand même hein.

A ce propos, Carrefour, le groupe de grande distribution, vient de mettre en avant une tripotée de vignerons belges de cette belle Aquitaine, une occasion de découvrir et de se faire plaisir a des prix franchement doux, le travail de ces passionnés qui se sont lancé un beau jour, comme ça, pour assouvir leurs soifs de changement de vie. N’allez pas, pour autant, croire qu’il suffise de se présenter pour que les bouteilles se vendent. Aujourd’hui, on trouve des vins qui se négocient aux alentours de 900 € le tonneau, et même plus bas, mais chuuuut c’est un secret honteux, il faut présenter une façade souriante et heureuse, on ne parle pas de ces choses là ici, madame. Un euro du litre, pour être clair, c’est pas des masses. A ce tarif-là, il est impossible de boucler ses fins de mois, je ne parle même pas de vivre décemment. Pourtant, cela n’empêche pas ces charbonniers du pinard de se lancer et de tenter de sortir leur épingle du jeu.

Bordeaux est probablement l’appellation de la planète la plus hétérogène au niveau tarifaire. Par contre, au niveau qualitatif, c’est nettement plus homogène. Comme partout un bon tiers est médiocre, dix pour cent sont exceptionnels, et le reste, c’est à dire pas loin de soixante pour cent de la production mérite que l’on s’y arrête et que l’on déguste. Tiens donc, et si cet été, au détour de votre caravane, vous faisiez le crochet et parcouriez les routes calmes et verdoyantes de la région, à l’entrée d’une cave tenue par des humains, pas par des actionnaires, vous pourriez faire une chouette dégustation, découvrir des gens qui sont prêts à partager leur passion avec vous touristes en short et casquette, sans oublier les marcels, qui, chaque matin, se battent pour tenir la tête hors de l’eau et préserver un patrimoine original. Personne n’est jamais à l’abri d’un coup de bol, dans le bordelais pas moins qu’ailleurs, les bonnes dégustations sont à portée de tire-bouchon. Comme vous serez peu nombreux sur ces routes, je suis sûr et certain que ces gens auront le temps de vous accueillir particulièrement bien. 

Eric "Bordeaux" Boschman

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Tags : bordeaux, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |

02 juin 2011

L'exception française (3): mes invraisemblables propositions de refonte du système AOC

On compte aujourd'hui 293 AOC de vins en France (sous réserve d'inventaire, car il s'en crée régulièrement).

C'est beaucoup trop.

D'abord, parce que trop de mentions tue la mention. Impossible pour le consommateur de les mémoriser et donc d'appréhender leurs différences.

Ensuite, parce que la production cumulée de toutes ces AOC est trop importante: elles représentent la moitié du volume de vin produit en France.

Il n'est pas sain, il n'est pas crédible, il n'est pas sérieux que ce qui est censé constituer la pointe d'une pyramide qualitative en devienne le ventre mou.

Ca, c'est le constat. Je ne suis pas le seul à le faire. En 2001, déjà, le regretté René Renou, en sa qualité de Président de la Commission Vin de l'INAO, s'engageait en ce sens: "Si nous ne faisons pas le ménage nous-mêmes, le marché le fera à notre place. Le consommateur ne s'y retrouve pas, il faut regagner sa confiance et produire toujours de meilleurs vins". L'association Sève, qui reprend à son compte une partie de l'héritage de Renou, n'est pas moins critique: "Les AOC, victimes de leur succès commercial, ont dérivé depuis les années 70 vers un label d’assurance de qualité standard qui n’était pas du tout leur vocation première. La conséquence en a été un brouillage général de l’offre du vin français, préjudiciable à tous ses segments, préjudiciable à sa crédibilité globale."

Une association de consommateurs comme Que Choisir? partage grosso modo cette analyse, de même que les Vignerons Indépendants.

Mais que fait-on pour en revenir aux fondamentaux, à ce fameux lien au terroir qui devrait sous-tendre les AOC?

Je vais poser un moment ma casquette de commentateur et m'engager au titre de citoyen et de consommateur. Ce dernier rôle me semble d'ailleurs le plus important; car si des mentions sont apposées sur les étiquettes, c'est pour protéger non seulement le producteur qui s'en réclame, mais également le consommateur pour lesquelles ces mentions sont censées avoir du sens, un vrai contenu.

Je ferai donc des propositions concrètes, basées, non sur l'intérêt à court terme des filières de production, mais sur celui des buveurs. D'avance, excusez ma naïveté.

1° Réduction du nombre d'AOC

Si les AOC naissent, elle doivent également pouvoir vivre et mourir dans la dignité. Celles qui n'ont pas pu faire la preuve de leur utilité doivent être abrogées. Curieusement, je n'ai pas trouvé de textes de loi qui permettent de retirer la qualité d'AOC à une appellation qui aurait démérité - comme si cette consécration était donnée à titre éternel. Je me substituerai donc aux pouvoirs publics défaillants et proposerai moi-même une liste des AOC appelées à disparaître, soit parce qu'elles introduisent la confusion dans les esprits, soit parce qu'elles n'ont aucune justification économique, soit parce qu'elles n'ont aucune justification en termes de lien au terroir, de différence. Je suggère donc l'abrogation de

-Cabernet de Saumur (qui intégrerait Cabernet d'Anjou, le Saumurois fait d'ailleurs partie de l'Anjou historique)

-Graves de Vayres (qui non seulement manque de justification commerciale, mais entretient une confusion avec les Graves)

-Saint Macaire (à quoi peut bien servir une AOC que personne ne voit jamais?)

-Canon-Fronsac (qui serait intégré à Fronsac, dont rien ne le distingue vraiment)

-Cérons (qui serait intégré à Sauternes)

-Barsac (qui serait intégré à Sauternes). Pour les gens les plus attachés à Barsac, il resterait la contre-étiquette...

-Crémant de Bordeaux (qui serait rétrogradé en Mousseux IGP, faute de lien au terroir, d'historique, et osons le dire, d'intérêt au plan qualitatif. On n'attend pas de la Champagne de faire de grands rouges de garde...).

-Côteaux du Thouarsais (deux producteurs seulement (!), à reverser en IGP ou à intégrer à une AO du Val de Loire à définir, Anjou, par exemple)

-Haut Poitou (à reverser en IGP, la coopérative de Neuville ne vendra pas une bouteille de moins).

-Coteaux de Die (virtuellement introuvable)

-Côtes de Bergerac (cette AOC totalement absconse serait intégrée à Bergerac, éventuellement avec la mention "Supérieur")

-Haut Montravel et Côtes de Montravel (seraient intégrés à Montravel avec obligation de spécifier si le vin est sec, doux ou demi-doux)

-Saint Emilion Grand Cru (disparaîtrait pour être fondu dans "Saint Emilion", la mention Grand Cru devant être réservée à des terroirs particuliers, sur le modèle bourguignon ou alsacien).

-Bordeaux, Bourgogne, Alsace, Corbières, Languedoc, Savoie... (lorsqu'ils sont employés seuls). Ces mentions trop vagues ne permettent pas de définir un lien unique au terroir (sauf à donner au terroir un sens régional qu'il n'a pas, qu'il ne peut pas avoir si l'on tient compte des différences de sols et de micro-climat) ces vins seraient logiquement reversés dans les IGP, dont la promesse est un lien au territoire. Les noms seraient conservés, cependant, pour les IGP; on aurait le droit de mentionner Bourgogne IGP comme on a Toscane IGT en Italie.

Ce ne sont bien sûr que quelques exemples.

Plus globalement, une procédure de révision quinquennale des AOC serait mise en place, avec prise en compte des résultats économiques et de la réalité du maintien du lien au terroir dans les productions. On pourrait suspendre une AOC ou carrément la supprimer, pour éviter qu'elle ne se ridiculise (comme dans le cas, pas si rare aujourd'hui, où l'e vin AOC se vend moins cher que du vin de France avec mention de cépage). Les sanctions viseraient aussi les producteurs indviduellement: dans le cas fraudes avérées (à la chaptalisation, aux origines, aux cépages, etc), on enlèverait aussi au fraudeur le droit d'utiliser la mention pendant 10 ans.

2° Aménagements particuliers

-Fitou serait dévolu uniquement à la zone ouest de l'AOC (actuellement en deux parties), le reste étant reclassé en "Corbières", éventuellement avec mention complémentaire.

-Cahors serait scindé en deux sous-zones: Vallée et Causse. Une classification de meilleurs terroirs pourrait aboutir à des premiers crus.

-Saint-Chinian Berlou et Saint Chinian Roquebrun seraient redélimités et ne feraient plus qu'un. Il n'y a en effet aucune justification de terroir à cette dualité, il y a des schistes et des calcaires des deux côtés; si l'on tient à établir une distinction, c'est par rapport aux autres Saint Chinian qu'elle se conçoit; et elle doit plutôt se faire en fonction du type de sol et de l'altitude; il suffirait de prendre le meilleur des deux zones et d'en faire un Saint Chinan Premier Cru.

Là encore, il y a bien sûr d'autres exemples du même type...

3° Abaissement des rendements

Un hectare en AOC ne devrait pas ouvrir droit à plus de 35 hl de production AOC maximum; non qu'il faille systématiquement baisser le rendement de chaque vigne (on peut produire d'excellents vins au dessus de ce chiffre). Non, mon idée est  plutôt de limiter le volume de production d'AOC sur chaque parcelle, le reste devant être déclaré en IGP ou Vin de France. Le but étant de contraindre les producteurs à se détourner de l'AOC pour leurs vins bas de gamme.

4° Réduction des aires d'appellation

Ou à tout le moins, mise en place d'un système à deux étages, sur le mode du Chianti/Chianti Classico. Seul le coeur de chaque appellation, où l'effet terroir est avéré, pourrait conserver l'AOC. Le reste deviendrait IGT ou devrait prendre un autre nom d'AOC. Ce modèle pourrait être appliqué à Cahors, par exemple, au cas où la solution des grands crus ne serait pas adoptée.

5° Libéralisation des droits de plantation

Quelle raison a t-on de donner aux gens en place un quelconque avantage, de freiner l'arrivée de nouveaux accédants, surtout quand on voit le niveau de qualité qu'ils proposent? C'est une rente de situation, rien de plus.

6° Mise en place de Crus Exceptionnels, hors appellation

C'est le modèle des Pagos espagnols. En France, on pense à Daumas Gassac. Mais ce système serait bien pratique pour permettre à des domaines méritants de conserver une mention qualitative, quand on aurait rétrogradé les vins de la région qui les entoure au rang de vin courant (qu'ils n'auraient jamais dû quitter).

7° Libéralisation des assemblages au sein des AOC

Il n'y a aucune raison historique ni qualitative d'empêcher un vigneron du Roussillon de produire un 100% grenache ou un 100% carignan, surtout quand on sait que la syrah est une pièce rapportée dans cette région.

Par ailleurs, conservons aux AOC leurs vieux cépages, et réintroduisons ceux qui ont disparu, tout ce qui est facteur de différenciation est bon à prendre face aux vins de consommation courante, aux cépages internationaux, au prêt à porter du vin. Les AOC ont une autre vocation que d'abreuver, elles sont facteur d'intégration à un territoire, facteur de pérennisation d'un héritage.

8° Renforcement des contraintes techniques

Interdiction de la chaptalisation, de l'osmose inverse, de la cryoextraction et de l'acidification dans les AOC.

L'AOC est le reflet d'un terroir, nous dit-on; ce terroir inclut le climat, et une mauvaise année n'a pas à être artificiellement gonflée. Ces années-là, on se rabattra sur les autres catégories de vins, à la promesse moindre.

9° Levée des normes sans objet

A contrario, des exigences du genre "vinification dans le finage", qui n'apportent rien à la qualité du produit fini, devraient être supprimées.

10° Ouverture de l'INAO aux utilisateurs finaux

Pourquoi laisser le soin de juger du bien fondé des AOC aux seuls experts de la production ou de l'administration? Pourquoi les utilisateuers finaux, les consommateurs et même les plumitifs comme moi, qui parlent si souvent des AOC, n'auraient-ils pas voix au chapitre quand il s'agirait d'octroyer la mention suprême ou de faire le ménage dans celles qui existent déjà. L'AOC est une promesse. Qui mieux que le consommateur peut apprécier si la promesse est tenue? Ou bien le prendrait-on pour plus bête qu'il n'est?

 

Voilà. C'est un peu sommaire, bien sûr, il y  a un côté 10 Commandements qui peut prêter à sourire, mais l'idée générale y est.

Il s'agit d'élaguer un arbre dont les branches melades menacent de le faire tomber.

Je ne me fais aucune illusion sur la possibilité qu'un tel combat soit soutenu par les Pouvoirs Publics, sans parler des syndicats, des ODG ou des interprofessions, eux dont la fonction, la raison d'être, le mode de pensée, est de veiller à contenter le plus grand nombre de cotisants possible.

Un journaliste, lui, n'a pas à prendre en compte ce genre de facteurs; ni même, d'ailleurs, un consommateur. Mon seul souci est que les AOC contentent le plus grand nombre de buveurs possible, et que les autres vins soient requalifiés dans d'autres catégories. Je ne souhaite pas la mort du mauvais vigneron, mais s'il n'a pas lui même le bons sens de se reconvertir dans autre chose, je demande au moins à ce que sa daube ne vienne pas tirer vers le bas des mentions prétendument qualitatives. C'est injuste pour les autres. On a beau me parler de solidarité vigneronne, je ne crois pas qu'elle consiste pour les plus respectueux du terroir à couvrir les méfaits de leurs voisins.

Et bien sûr, je suis conscient que pour beaucoup, un tel discours revient à ouvrir la boîte de Pandore, qu'on me traitera d'inconscient, d'anti-social ou pire, d'expert en chambre. Je n'en ai cure, car je pense qu'il vaut mieux proposer une réponse, même simpliste, que de rester dans la critique systématique.

Contrairement à certains de mes amis étrangers (Grenouille je suis, Grenouille je reste, c'est mon exception française), je crois au bien fondé des appellations. Je ne souhaite pas leur démantèlement; je ne peux pas jeter ce bébé là avec l'eau du bain. Les marques, qui s'y substitueraient  (qui s'y substituent déjà quand l'AOC est trop décrédibilisée), ne peuvent remplir le même rôle. Même si le système a largement failli, même s'il est perverti, je le crois utile. Pour la transmission d'un patrimoine, pour la préservation d'une différence (l'aspect humain reste pour moi au moins aussi important dans cette différence que le sol ou le matériel physique). Je souhaite la refonte du système, je souhaite son retour à ses valeurs premières.

Je ne sous-estime pas les enjeux économiques et sociaux qui font aujourd'hui de l'AOC une sorte de droit acquis, aussi ne suis-je pas sûr de voir mes idées aboutir un jour. Mais j'aurai eu le plaisir de vous les exposer.

Merci de m'avoir lu jusqu'au bout!

 

 

 

 

 

 

 

00:17 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (14) | | | |