31 août 2011

«Moi et Bordeaux» (en toute modestie)

Si Bordeaux était une peinture, je crois qu'elle serait de facture classique – je ne dis pas qu’il n’y a pas des Bordeaux romantiques, impressionnistes ou post modernistes (voire tachistes), mais pour moi, Bordeaux, c’est classique. Genre élégant, propre sur soi.

Mon goût personnel me porte plus vers la Bourgogne ou le Rhône, voire le Roussillon, car je suis nasal et fructophile; mais vivant en Belgique, terre bordophile, j’ai plus dégusté de Bordeaux (et notamment de Saint Emilion) que quoi que ce soit d’autre.

Mon plus grand coup de cœur dans cette énorme région (en toute simplicité): Château Pavie 2000. Pas que je sois le plus grand fan de Michel Rolland ou que je passe mes vacances avec Gérard Perse, mais ce vin là, pour moi, c’est de la perfection liquide. Pour la complexité du nez - fruits mûrs, fruits secs, épices douces, et notes boisées délicates - je donne le maximum. Pour la complexité de la bouche - tannins soyeux, longueur, élégance et puissance, velouté - le maximum aussi. Et ça reste du Bordeaux, quoi qu’en disent les mauvaises langues.

Autres choix, dans un genre un peu plus abordable: La Tour de Mirambeau, Château Closiot. Château Corbin, Château Fonroque, Château Guadet, Château Jabastas. Pour le vin et pour les rencontres, les bons moments. Car pour moi, ça va de pair.

Et puis hier midi, j'en ai découvert un autre, à l'occasion de la présentation de la foire aux vins de chez Champion/Mestdagh: le Château Côte Montpezat. Un "simple" Côtes de Castillon. Millésime présenté: un 2005.

Rien de grandiloquent, amis de l'élégance; en termes de château, on est plus proche d'Azay que de Versailles. Rien de pommadé non plus. Un vin franc. Du caractère, une belle ampleur, encore du fruit, des épices à revendre; un vin à boire, bien sûr, mais pourquoi attendre demain ce qui est bon aujourd'hui?


00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

25 août 2011

Crémants d'ici et d'ailleurs

Le directeur de la Fédération française des Crémants, Olivier Sohler, pense qu'il est temps pour les Crémants de revendiquer leur propre identité et de s'abstenir de toute comparaison avec le Champagne, par exemple.

Il a mille fois raison. 

Mais de quelle identité parle-t-on? De l'identité alsacienne, ou jurassienne, ou encore bourguignonne?

Pourvu en tout cas que ce ne soit pas celle du Crémant de Bordeaux, dont je me demande bien ce qu'il vient faire dans ce «club». Il paraît que pour y rentrer, dans ce «club», il faut prouver une antériorité, une tradition de la bonne bulle. Je cherche toujours celle de Bordeaux, qui n'a ni l’expérience, ni les cépages pour en faire, au point qu'on lui a en a rajoutés pour lui permettre d'en faire. 

A ce compte-là, demain, ce sera peut-être le tour de la Provence?

Au fait, n'oublions pas le Luxembourg, qui lui, fait déjà partie du «Club». Et demandons-nous au nom de quoi quelque Sekt régional allemand ne pourrait pas s'y ajouter (de Baden ou de Pfaltz, par exemple, eux ont l'antériorité). Sans oublier la Tchéquie ou la Suisse. Ou encore, dans quelques années, qui sait, les effervescents du Kent ou de Belgique...

Comment peut-on postuler? A qui envoyer le dossier? Il y a-t-il cooptation?

Peut-être serait-il plus logique d'accueillir d'abord le Saumur et le Vouvray, par exemple. Mais s'y intéressent-ils? Quelle serait la plus-value? Quelles seraient les contraintes? A combien se monteraient les cotisations? 

Et pourquoi tant de producteurs, même en Loire, où ils ont tant de belles appellations de bulles, se mettent-ils à faire du mousseux sans indication de provenance? Jusqu'à Bouvet-Ladubay, récemment, avec sa Petite Bulle, dont j'attends toujours la composition.

Vous savez, M. Sohler, pas mal de consommateurs se fichent peut-être bien de savoir ce qu'est vraiment un Crémant. Mais si aux journalistes, on envoie des dossiers tendant à prouver la grande exigence du cahier des charges des Crémants, alors de deux choses l'une, ou on applique le cahier des charges, partout et en tout point, ou bien en s'expose à ce que les communiqués finissent à la poubelle.

Vive le bon Crémant... quand même!