02 septembre 2011

Spectaculaire rétablissement du vignoble de Guadet

On est toujours heureux quand des camarades trouvent le chemin de l'illumination. Ne serait-ce que pour eux.

Je suis donc heureux de constater que la RVF réhabilite le Château Guadet.

Il y a deux ans, la revue française avait voué aux gémonies les 2006 et 2007 de ce Saint Emilion; et voila qu'elle reconnaît aujourd'hui la qualité de ses 2008 et 2009. C'est à lire dans le compte rendu des dégustations "Bordeaux 2008 et 2009" de la dite revue. Un véritable marathon, soit dit en passant - on attend les prochaines éditions avec impatience, pour savoir comment la Bourgogne s'en tire, ou même la Toscane, ou encore Cahors, l'Alsace, Chinon, Sancerre, etc... Sans parler de Menetou-Salon. Ah non, c'est vrai, ils n'ont pas de crus classés.

Encore plus fort, dans le genre rédemption: le magazine parisien voit à présent dans Guadet une sorte d'archétype du Saint Emilion à l'ancienne! Voila un commentaire qui devrait faire plaisir à Guy Petrus Lignac. Au fait, avec un prénom pareil, bon sang ne saurait mentir.

L1010193.JPGNon, ceci n'est pas une pierre tombale.

Quel superbe rétablissement de situation pour quelqu'un qui, en 2007, selon la RVF, avait produit un "vin très simple, avec un fruit qui se fane" et "une bouche trop fluide". Et par dessus le marché, dont le vignoble était mal entretenu, toujours selon les dires du magazine français.

Après de tels commentaires, j'en connais plus d'un qui auraient vendu leur domaine pour aller faire du nitrate dans les Côtes d'Armor ou de la potasse en Alsace! De plus fragiles auraient même fait graver leur pierre tombale "Ci-git Guadet, victime de la barbarie de la presse vineuse".

Un millésime n'est pas l'autre, me direz-vous, la RVF ne se déjuge pas. Sauf que le 2007 était aussi un grand vin. Je vous l'affirme. Et sauf que Lignac n'entretient pas mieux ses vignes qu'il y a trois ans!

Bref, une telle amélioration laisse pantois! La grâce divine, sans doute. Saint Emilion, priez pour nous, pauvres producteurs.

Et pauvres dégustateurs. Car peut-être aussi qu'un jury n'est pas l'autre. Cette fois-ci, Antoine Gerbelle et Olivier Poels étaient à la manoeuvre aux côtés de Phillippe Maurange.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

31 août 2011

«Moi et Bordeaux» (en toute modestie)

Si Bordeaux était une peinture, je crois qu'elle serait de facture classique – je ne dis pas qu’il n’y a pas des Bordeaux romantiques, impressionnistes ou post modernistes (voire tachistes), mais pour moi, Bordeaux, c’est classique. Genre élégant, propre sur soi.

Mon goût personnel me porte plus vers la Bourgogne ou le Rhône, voire le Roussillon, car je suis nasal et fructophile; mais vivant en Belgique, terre bordophile, j’ai plus dégusté de Bordeaux (et notamment de Saint Emilion) que quoi que ce soit d’autre.

Mon plus grand coup de cœur dans cette énorme région (en toute simplicité): Château Pavie 2000. Pas que je sois le plus grand fan de Michel Rolland ou que je passe mes vacances avec Gérard Perse, mais ce vin là, pour moi, c’est de la perfection liquide. Pour la complexité du nez - fruits mûrs, fruits secs, épices douces, et notes boisées délicates - je donne le maximum. Pour la complexité de la bouche - tannins soyeux, longueur, élégance et puissance, velouté - le maximum aussi. Et ça reste du Bordeaux, quoi qu’en disent les mauvaises langues.

Autres choix, dans un genre un peu plus abordable: La Tour de Mirambeau, Château Closiot. Château Corbin, Château Fonroque, Château Guadet, Château Jabastas. Pour le vin et pour les rencontres, les bons moments. Car pour moi, ça va de pair.

Et puis hier midi, j'en ai découvert un autre, à l'occasion de la présentation de la foire aux vins de chez Champion/Mestdagh: le Château Côte Montpezat. Un "simple" Côtes de Castillon. Millésime présenté: un 2005.

Rien de grandiloquent, amis de l'élégance; en termes de château, on est plus proche d'Azay que de Versailles. Rien de pommadé non plus. Un vin franc. Du caractère, une belle ampleur, encore du fruit, des épices à revendre; un vin à boire, bien sûr, mais pourquoi attendre demain ce qui est bon aujourd'hui?


00:19 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |