18 décembre 2012

Algérie, an 50: et le vin?

A l'occasion de la visite de François Hollande en Algérie, je crois bienvenu de vous renvoyer vers un article signé Jacques Berthomeau, paru sur le blog des 5 du Vin, ICI. Article qui dresse une sorte de tableau de la viticulture algérienne.

A l'évidence, ce pays a un grand potentiel viticole - pour autant que les politiques algériens lui laissent sa chance.

L'Algérie ne manque pas de techniciens compétents et motivés mais cette compétence et cette motivation ne peuvent pas vraiment donner leur pleine mesure actuellement, faute d'engagement de la part de l'Etat.

Nous autres Français ne sommes pas forcément les mieux placés pour donner des leçons à l'Algérie indépendante. Mais qui pourrait rester insensible devant le gâchis d'un tel potentiel agricole et humain?

La vigne se plaît en Algérie comme ailleurs sur le pourtour de la Méditerranée. Elle s'y est toujours plu, à toutes les époques et sous tous les régimes. Le problème, c'est plutôt ce qu'on en fait. Ou pas. L'importance que l'on veut bien lui donner.

algérie, vin, vignoble

2000 ans de vin algérien: mosaïque vigneronne du musée de Cherchell

Les terroirs, les crus, les cépages... l'Algérie les a. Du temps de la présence française, déjà, en 1955 et 1960, une dizaine de VDQS avaient d'ailleurs été reconnus en Algérie, comme Mascara, Mostaganem, Médéa, Monts de Tessalah ou Coteaux de Tlemcen. Il s'agissait de beaux coteaux, pas des grandes plaines à gros rouge.

Quant à la technologie, ce n'est qu'une question d'investissements.

Côté notoriété, par contre...

Un premier pas serait déjà de se montrer à l'étranger. Sans demander aux Algériens de nous refaire le classement de 1855, une petite sélection de grands vins, présentés dans un cadre agréable, à Paris, à Bruxelles ou à Genève, ce serait déjà un bon début...

Un autre consisterait à permettre à de nouveaux investisseurs étrangers de s'installer, ce qui ne manquerait pas d'aiguilloner les entreprises d'Etat et donc, de revivifier le secteur. L'Etat en tirerait même de l'argent qu'il pourrait réinvestir où bon lui semble. L'idée ne serait pas replanter un océan de vignes, mais de réhabiliter les vignobles au potentiel qualitatif.

Que valent les vins d'Algérie, aujourd'hui? Je manque de visibilité: mis à part un beau Médéa, corpulent et corsé, que m'a offert un jour une amie en cadeau, je n'en sais fichtrement rien.

50 après la fin de la guerre, au nom de tous ceux qui sont nés après - et sans minimiser les sacrifices de ceux qui l'ont vécue, sans doute serait-il temps de boire ensemble un bon verre de vin de là-bas, dis...

 

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Algérie, Belgique, France, Vins de tous pays | Tags : algérie, vin, vignoble, 50 ans | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

17 décembre 2012

Bus et rebuts: Muscadet et Burgenland

Voici deux vins qui n'ont pas grand chose en commun, si ce n'est le même importateur en Belgique, Wine Brands Ambassadors, et le fait d'avoir été recalés lors de la dernière dégustation "découvertes" chez In Vino Veritas.

Ce qui n'a rien d'infâmant, vu le niveau d'exigence de cette vénérable revue.

Moi, par exemple, je les avais appréciés. Alors j'ai demandé à les emporter chez moi. Et je les ai redégustés le lendemain, au calme. Résultat: je confirme, ils valent un commentaire. Légèrement musical, en l'occurrence.

Le premier s'appelle L'Inattendu. C'est un Muscadet de Sèvre et Maine du Domaine de la Bretesche, millésime 2010. Très citronné au nez - c'est toute la nuance subtile entre défaut et qualité: vendredi, certains de mes confrères le qualifiaient de citrique. Mais passons. Citrique ou citronné, il est vif, joyeux, enlevé. Si c'était une musique, ce serait un allegro. L'orchestration est plus riche qu'on ne le croirait au premier abord, les notes de fruit secs  se fondent dans une trame mi-acide, mi-grasse, et le son est pur. La finale est tendue, sur des notes presque métalliques - un mot qui ne rend pas justice à son élégance; quelques petites notes d'évolution, mais qui ne font qu'ajouter à son charme presque évanescent.

 

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Le deuxième vin nous vient d'Autriche. Zantho (c'est son nom) est l'oeuvre commune de deux solistes prodiges: Josef Umathum et Wolfgang Peck, associés pour mettre en valeur les cépages du Burgenland. Et pour la cuvée qui nous occupe, le Sankt Laurent.

Là encore, ce qui m'a séduit, c'est le côté très enlevé, guilleret de la bouche. Le nez, lui, est joliment fruité, cerise noire, fraise gariguette, aussi s'attend-on a une bouche riche, volumineuse, voire alcooleuse. Erreur, les deux prodiges nous sortent un mouvement rapide, des double croches entremêlées de fruit noir et d'épices.
L'aria ne dure peut-être pas très longtemps, mais on reste sur une belle impression, délicieusement acidulée, avec le retour de la mûre en finale.

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C'est pour ce genre de billets que je suis content d'avoir ce blog, ce coin du net où je ne dois rien à personne, mais tout à la passion, au bonheur de partager avec d'autres ce qui, peut-être, sans ça, passerait inaperçu...

Plus d'info: Wine Brands Ambassadors, Frank Van den Bogaert, 0032 474 510 656

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Autriche, Belgique, France, Loire, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |