14 mars 2013

Droits de plantation: maintenant, je m'en fous

J'ai reçu ce midi une nouvelle lettre des défenseurs de l'encadrement des droits de plantation.

Pas envie de polémiquer plus avant. Rien à gagner; aucun intérêt personnel, aucun électeur - je parle de moi.

J'ai déjà dit ce que j'avais à dire, et rien de ce que pourrait ajouter n'y changera rien. Maintenant, j'ai décidé que je m'en fous. Qui suis-je pour vouloir le bonheur ou la liberté des gens malgré eux?

Mais pourquoi ne reçois-je jamais aucun communiqué des défenseurs de la liberté de planter? Ont-ils honte?

On croirait des Catholiques sur un plateau de télé - hier, à la RTBF, le présentateur-vedette demandait à un prêtre si la pompe du Vatican au moment de l'élection du Pape n'était pas une forme de propagande, de prosélytisme. Oh la belle question que voila!

La réponse du prêtre n'avait aucune importance, on savait qu'il était de parti-pris. La vedette, aujourd'hui, ce n'est plus l'invité.

Et personne ne s'est demandé pourquoi la chaîne avait pris la peine d'infliger à ses téléspectateurs plus d'une heure cet opium du peuple.

Nos vivons une époque moderne.


 

13:50 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 mars 2013

En prélude aux Vinalies 2013 - à propos de la critique

Me voici en piste pour ma semaine parisienne annuelle, aux Vinalies.

Avant d'entamer les débats, j'aimerais revenir sur ma conception de la critique vineuse. Ou plutôt, sur ce ce qu'elle ne doit pas être, à mon humble avis.

Mercredi, sur le blog des 5 du Vin, je me suis aventuré à critiquer un critique. Non, LE critique de vin. J'ai nommé Robert Parker.

Ai-je eu raison ou tort? A vous de voir, à vous de jauger les arguments. Mais au delà du cas précis de l'oracle de Monkton, je pose la question: quelles sont les bornes de notre métier?

Peut-on tout dire sur les vins et sur les producteurs? Et sur les critiques eux-mêmes?

D'abord, c'est quoi, une "bonne critique"?

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Möbius

Mardi, j'entendais à la télévision belge le critique cinéma Hugues Dayez "allumer" le film Möbius. Je n'ai malheureusement pas noté ses paroles exactes, mais c'était du genre, "Pas indispensable, Dujardin pas crédible pour deux sous dans son rôle d'espion...".

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Hugues Dayez

Le même jour, sur Europe 1, le critique de service (je n'ai pas retenu son nom) disait texto "Möbius est certainement le meilleur film français actuellement sur les écrans, et au moins pour les deux mois à venir".

Alors, qui faut-il croire?

Comment deux personnes, qui sont censées éclairer le public, et non faire passer leur goût pour des généralités, peuvent-elles diverger à ce point?

Et surtout, avec si peu d'arguments (car chaque chronique ne durait pas plus de 15 secondes)...

Pour élargir le panel, je constate que pour ce même film, Télérama donne 2 étoiles sur 4, Le Monde 3 sur 4, Libération 1 sur 4, Le Parisien 4 sur 4, les Cahiers du Cinéma 1 sur 4, Première 3 sur 4, Ecran Large 4 sur 4...

Difficile après ça de se faire une idée... sans aller voir le film.

Quand même, vu que la plupart du temps, les films qui plaisent à Dayez m'emmerdent copieusement, et qu'à l'inverse, j'ai bien rigolé en voyant Rien à Déclarer, qu'il avait vivement déconseillé, je serais bien tenté d'en faire une sorte de baromètre inversé de mes envies.

Mais il est vrai que je suis assez bon public, et surtout, que qaund je vais au cinéma (assez rarement, car je n'aime pas le bruit du pop corn ni les gens qui parlent pendant le film), j'y vais d'abord pour m'amuser, me distraire, passer un bon moment.

Or Dayez semble attendre autre chose du cinéma, un forme d'art, que, certes, je ne rejette pas en bloc, mais dont je rejette par contre l'hermétisme, les côté "réservé aux initiés".

Dans le vin, c'est la même chose. Les vignerons sont parfois des arstistes, dans le genre, ou au moins de bons artisans. Leurs vins sont parfois de véritables oeuvres d'art. Mais j'aime comprendre, et j'aime me faire plaisir. L'art pour l'art, la provoc, la démarche qui prend le pas sur le goût du vin, très peu pour moi.

Il est rare que je "descende" un vin. Pas le temps, pas l'envie, pas dans mon caractère. Mais quand je le fais, j'essaie d'argumenter, d'étayer, de dire le pourquoi et le comment. D'informer.

Il ne suffit pas de dire "j'aime pas". Ça, ce n'est pas du journalisme, c'est du parti pris.

Et vous, qu'en pensez-vous? Faut-il prendre une critique au pied de la lettre? Ou plutôt y voir une source d'inspiration.

Quant à moi, j'aimerais que mes critiques vous donnent d'abord l'envie de mettre votre nez dans le verre, d'aller plus loin, par vous-mêmes, et de mettre vos propres mots sur le vin.

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Tags : belgique, dayez, critique, vin, cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |