31 mars 2013

Que notre joie demeure!

Ce samedi, Catherine Verkinderen, professeur de flûte à l'Académie de Waterloo, a donné son dernier cours - j'y étais.

Elle prend sa retraite, bien méritée, après 40 ans de carrière.

Mon fils Olivier est son élève depuis 7 ans.

IMG_1874.jpg

Mme Catherine est une personne charmante. Elle aime son métier, elle n'a jamais compté ses heures, elle vit la musique comme une passion et elle veut la transmettre. Elle y réussit.

Mon fils n'est qu'un exemple parmi bien d'autres - elle a formé plusieurs générations de flûtistes, et si tous ne feront pas carrière dans la musique, elle leur a donné le plus beau des cadeaux: la faculté de s'émouvoir et d'émouvoir, de ressentir une musique parfois vieille de plusieurs siècles, avec comme seule "arme" une partition et un morceau de bois.

Sans oublier, au travers des ensembles musicaux, la joie de jouer ensemble, la possibilité de comprendre que le groupe vaut plus que la somme des musiciens, qu'il faut écouter l'autre.

A travers elle, j'aimerai rendre un hommage à tous ces gens qui, discrètement, rendent la vie plus belle.

Ils ne font pas souvent les gros titres; pourtant, ils sont bien plus utilies que les  bimbos siliconées, les chanteurs sans voix, les acteurs mégalo, les présentateurs vedettes, les charlatans de la politique, les requins du business, que tous ces gens qu'on nous sert en pâture dans les medias, et qui sonnent creux, ou faux, ou mal.

Et le vin, dans tout ça? Comme la musique, il réjouit le coeur de l'homme. Un joli vin, joliment partagé, peut lui aussi rendre la vie plus belle. Avec ou sans classement, avec ou sans prestige.

Le prix? Le prix ne veut rien dire.

Combien vaut un grain de raisin sain dans les Corbières?

Combien vaut une douelle de tonneau au Château Latour?

Combien vaut un an de cours de flûte?

Combien vaut une heure de télé-réalité?

J'arrêterai là. Merci à Mme Catherine et à tous ses semblables.

Et que notre joie demeure.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

29 mars 2013

L'Italo-Suisse Paolo Basso Meilleur Sommelier du Monde

Paolo Basso, 47 ans, sommelier italien exerçant en Suisse, a remporté ce vendredi la finale du concours du Meilleur Sommelier du Monde qui se tenait ce matin à Tokyo. C'est un habitué des concours: il avait déjà obtenu le titre de Meilleur Sommelier d'Europe en 2010. Il bat en finale la Canadienne Véronique Rivest et le Belge Aristide Spies.

Bravo à lui!

Zinfandel ou tempranillo?

Je ne veux pas faire la fine bouche, mais sur la foi des documents qui ont "fuité" des demi-finales, je constate que le vainqueur n'a pu identifier aucun des deux vins rouges présentés en demi-finale; ce qu'il a pris pour un Tempranillo de la Ribera del Duero 2009 était en fait... un Zinfandel 2010, et ce qu'il a pris pour un Nemea Aleatico 2007 était... un Château des Tours 2007. Au passage, je suis surpris de voir Nemea dans cette galère - pour moi, cette appellation grecque (exclusivement rouge) est d'abord connue pour l'Agiorgitiko. Quant à l'aleatico, j'en ai bu de Toscane et de Corse., jamais de Grèce. Et surtout, c'est un cépage blanc!

Soyons clairs, je ne discute pas son titre à M. Basso, c'est juste que je trouve l'exercice tout à fait artificiel. Et ce n'est pas ce qu'un client lambda demandera jamais à un sommelier.

J'ai vu aussi dans les réponses des demi-finales, du côté des alcools blancs, que pas mal de candidats hésitaient entre un ouzo grec, une sambuca et un raki turc. Je me demande en effet qui peut faire la différence - c'est anis blanc contre blanc anis, pour moi. Surtout, qu'est-ce que ça prouve des aptitudes du sommelier? Vous en commandez souvent, vous, des rakis turcs, au restaurant?

Whisky ou Cognac?

Pour finir, je note que dans la catégorie alcools bruns, la fine fleur de la sommellerie mondiale a aussi pas mal balancé entre Cognac, Whisky et Armagnac. Voila qui devrait rassurer ces trois appellations sur leur originalité, le côté inimitable de leur production!

Heureusement, il n' a pas que cette épreuve dans la compétition; il y a aussi des questionnaires de connaissances, et puis surtout, le service des vins et alcools. Et à ce jeu là, il n'y a pas de doute: Basso a été impérial (dixit mon copain Eric Boschman, qui était sur place, et qui s'y connaît).

Toutes mes amitiés aux deux candidats malheureux que j'ai le plaisir de connaître (le premier un peu plus que le deuxième), à savoir le Belge Aristide Spies et le Franco-Australien Franck Moreau. Retentez votre chance!

11:28 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Belgique, Suisse, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (15) | | | |