29 juin 2016

Geens condamné - mollement et tardivement

Roger Geens, patron des établissements éponymes, a été condamné ce mercredi à payer 470.000 euros de dédommagements à trois parties civiles, à savoir l'UFC Que Choisir?, l'INAO et la Fédération des Syndicats des Grands Vins de Bordeaux.pour infraction au code de la consommation pour infraction à la réglementation de la consommation.

Le procureur avait requis une peine de 2 ans de prison avec sursis. 

Une réquisition assez clémente pour un groupe qui avait déjà été condamné en Belgique pour des faits similaires en 1975 - à l'époque, c'était pour du Chianti et du Valpolicella. C'était encore du temps de Ferdinand Geens.

Cette fois, après bien des péripéties et plusieurs reports, Roger Geens - relaxé au pénal - a été reconnu coupable d'avoir mélangé d'autres vins à des vins de Bordeaux, entre 1999 et 2002, au travers notamment de sa société Vignoble Rocher Cap de Rive, pour un préjudice estimé à 19 millions d'euros.

Une descente de police dans ses locaux belges a également mis au jour un laboratoire du parfait petit chimiste destiné à frelater les vins.

Une de ses anciennes salariées avait dévoilé la supercherie en 2002. Il aura fallu 14 ans d’instruction (mal menée, d'où l'abandon de nombreuses charges) pour arriver à cette condamnation.

La collaboration entre les justices belge et française ne semble pas avoir été optimale (Brexit ou pas, l'Europe judiciaire reste à faire), et le soupçon de protections et d'entraves à la justice a été évoqué. Roger Geens n'étant autre que le frère de Gaston Geens, ministre-président du Gouvernement Flamand, décédé en 2002.

Roger Geens ne s'est jamais présenté devant la justice, et son avocat a déclaré à l'audience qu'il se trouvait dans un état de semi-coma, à Monaco; il aurait cependant retrouvé assez de lucidité pour proposer d'indemniser ses victimes en Belgique.

19:41 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 juin 2016

Probably the silliest law in the world

La loi Evin nous réserve toujours de curieux effets lors des manifestations sportives à caractère international organisées en France. Il y a eu l'histoire du sponsor vin du Tour de France (sponsoring réservé aux étapes étrangères!); il y a maintenant la pub de Carlsberg sur les côtés des terrains de l'Euro 2016.

Enfin, quand je dis Carlsberg, je ne suis pas tout à fait exact. Car ce qui apparaît sur l'écran, dans la typo particulière de la marque, c'est le mot "Probably". Puis "the best in the world". La marque n'est pas citée, ni même le mot bière. Mais quiconque a un jour vu le vrai slogan de la marque danoise l'aura reconnue.

Pour les téléspectateurs étrangers, qui ne sont pas astreints à la loi Evin, une publicité vient d'ailleurs mettre les points sur les i, où Carlsberg annonce clairement qu'elle est la bière officielle de l'Euro.

il y a donc deux sortes de spectateurs, et deux sortes de buveurs: les Français, infantilisés, qui doivent lire entre les lignes; et les autres, dont on suppose qu'ils ont assez de jugeotte, eux, pour pouvoir lire une publicité sans avoir forcément envie de se torcher à la bibine.

 

00:25 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |