08 juin 2013

Qui a inventé l'hyper? Pas Leclerc, ni Carrefour, en tout cas!

LSA, le magazine du Grand Commerce, consacre un dossier à la question existentielle suivante: "qui a inventé l'hyper?"

Il faut dire que Leclerc avait préalablement fêté l'anniversaire de la machine à vendre dans les colonnes du Parisien.

LSA s'est donc cru obligé de rappeler que l'hyper est né à Sainte Geneviève des Bois, en 1963, et avec lui, le nom de Carrefour (le magasin était installé à un croisement).

Mais LSA a tort. Car le premier hyper est belge. Il a ouvert ses portes deux ans avant le Carrefour de Saint Geneviève, à Auderghem, sous l'enseigne Super Bazar. Son originalité: associer un discount store non alimentaire, de style américain  à un supermarché en libre-sevice de type européen. Le Super Bazar d'Auderghem avait une surface de 9100 m2 à son ouverture, ce qui le classait bien d'emblée dans la catégorie de l'hypermarché, même si le nom et la définition n'ont été inventés qu'après.

Je ne suis pas un grand partisan de cette formule du tout sous un même toit, qui fait parcourir des kilomètres au clients, les incite à vider leur portefeuille et pressure les fournisseurs.

Mais tout de même, tant qu'à fêter un anniversaire, fêtons le bon et rendons aux Belges ce qui leur appartient!

12:21 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Tags : hypermarché | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

02 juin 2013

Delhaize, Beckers et moi: que de souvenirs!

Dans une autre vie, cette de journaliste actif dans le domaien de la distribution, j'ai assisté à plus d'une conférence de presse annuelle, et notamment chez Delhaize.

J'ai donc connu Pierre-Olivier Beckers. Je lui ai posé des questions. Oh, pas trop vachardes, juste un peu pointues: pourquoi avoir quitté le Portugal; pourquoi investir aux Etats-Unis plutôt qu'en France ou aux Pays-Bas; le self scanning est-il l'avenir d'une enseigne qui prétend choyer sa clientèle...

Je suis comme ça, moi: quand je ne comprends pas, je préfère poser la question. Comme ça, j'ai l'impression de pouvoir mieux renseigner le lecteur. Sinon, si c'est pour recopier le communiqué de presse ou la dépêche d'agence, ce n'est pas la peine de venir. Ce n'est même pas la peine de travailler.

Pour revenir à Beckers, dont j'avais aussi connu un peu le père Guy, je l'ai toujours trouvé courtois et efficace. Un peu Anglais dans ses attitudes. Je doute qu'il se souvienne de moi; c'est là tout le paradoxe du journalisme: à certains moments, pendants quelques secondes, le scribouillard parle d'égal à égal avec le grand patron. L'Européen moyen est au niveau du millionnaire. Et puis, les micros éteints, chacun reprend le cours de sa vie, le journaleux part en Golf et le patron va jouer au golf avec son homologue de Nestlé ou de Coca-Cola, et ils refond ensemble notre monde de fourmis consommatrices.

Je n'ai aucun avis autorisé sur les méthodes de management de Pierre-Olivier Beckers. Il semble en tout cas que le chiffre d'affaires de Delhaize ait bien progressé sous sa présidence - même si en données corrigées de l'inflation, c'est moins spectaculaire.

Quoi qu'il en soit, le rêve américain (et est-européen) de Delhaize aura été payant: l'enseigne est peut-être de moins en moins belge dans son chiffre d'affaires et dans son conseil d'administration, mais Delhaize est toujours là. Alors que GB s'est fondu dans Carrefour, Spar et Battard dans Colruyt.

Au fait, Beckers ne quitte pas tout à fait le devant de la scène, il vient d'être réélu à la tête du comité olympique belge. Ce n'est pas dans ces fonctions-là que je risque de le revoir bientôt. Bien que dans l'Antiquité, en Grèce, le vin était associé à l'olympisme...

11:26 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Tags : beckers, olympisme, delhaize le lion | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |