02 juin 2013

Delhaize, Beckers et moi: que de souvenirs!

Dans une autre vie, cette de journaliste actif dans le domaien de la distribution, j'ai assisté à plus d'une conférence de presse annuelle, et notamment chez Delhaize.

J'ai donc connu Pierre-Olivier Beckers. Je lui ai posé des questions. Oh, pas trop vachardes, juste un peu pointues: pourquoi avoir quitté le Portugal; pourquoi investir aux Etats-Unis plutôt qu'en France ou aux Pays-Bas; le self scanning est-il l'avenir d'une enseigne qui prétend choyer sa clientèle...

Je suis comme ça, moi: quand je ne comprends pas, je préfère poser la question. Comme ça, j'ai l'impression de pouvoir mieux renseigner le lecteur. Sinon, si c'est pour recopier le communiqué de presse ou la dépêche d'agence, ce n'est pas la peine de venir. Ce n'est même pas la peine de travailler.

Pour revenir à Beckers, dont j'avais aussi connu un peu le père Guy, je l'ai toujours trouvé courtois et efficace. Un peu Anglais dans ses attitudes. Je doute qu'il se souvienne de moi; c'est là tout le paradoxe du journalisme: à certains moments, pendants quelques secondes, le scribouillard parle d'égal à égal avec le grand patron. L'Européen moyen est au niveau du millionnaire. Et puis, les micros éteints, chacun reprend le cours de sa vie, le journaleux part en Golf et le patron va jouer au golf avec son homologue de Nestlé ou de Coca-Cola, et ils refond ensemble notre monde de fourmis consommatrices.

Je n'ai aucun avis autorisé sur les méthodes de management de Pierre-Olivier Beckers. Il semble en tout cas que le chiffre d'affaires de Delhaize ait bien progressé sous sa présidence - même si en données corrigées de l'inflation, c'est moins spectaculaire.

Quoi qu'il en soit, le rêve américain (et est-européen) de Delhaize aura été payant: l'enseigne est peut-être de moins en moins belge dans son chiffre d'affaires et dans son conseil d'administration, mais Delhaize est toujours là. Alors que GB s'est fondu dans Carrefour, Spar et Battard dans Colruyt.

Au fait, Beckers ne quitte pas tout à fait le devant de la scène, il vient d'être réélu à la tête du comité olympique belge. Ce n'est pas dans ces fonctions-là que je risque de le revoir bientôt. Bien que dans l'Antiquité, en Grèce, le vin était associé à l'olympisme...

11:26 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Tags : beckers, olympisme, delhaize le lion | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

29 mai 2013

Albert II va-t-il abdiquer? Qu'est-ce que Nadar et Vauban ont en commun? Vous le saurez (peut-être) en lisant ceci

Pas de vin, aujourd'hui, juste un petit mélange des genres...

Ils ne se sont jamais rencontrés, et pour cause, plus d'un siècle les sépare.

Mais Vauban et Nadar partagent pourtant quelque chose. Savez-vous quoi?

Une barrière, bien sûr!

nadar_ballon.jpg

Nadar, alias Ardan, chez Jules Verne (de la Terre à la Lune)

En France, les barrière destinées à contenir la foule sont appelées "barrières Vauban", ou tout simplement "Vaubans". La raison de cette référence au constructeur de forteresse du Roi Soleil se perd un peu dans les limbes de l'histoire, mais bon, c'est comme ça qu'on les nomme.

En Belgique, par contre, elles portent le nom du photographe, écrivain, dessinateur et aérostier Nadar. Pourquoi? Parce que c'est lors d'un décollage du ballon de Nadar à Bruxelles que ces barrières auraient été mises pour la première fois en place dans le pays, en 1864.

Nadar lui-même a plusieurs fois protesté contre cette appellation, lui qui, par ses photos, par ses exploits aéronautiques et par ses idées politiques (il fut Communard), luttait contre toute forme de frontière ou de barrière...

Pour rester avec Nadar, et pour coller avec l'actualité: vous savez sans doute qu'on évoque de plus en plus l'abdication d'Arlbert II, roi des Belges. Je n'ai pas d'info précise, désolé - même si la multiplication des émissions d'hommage sur les chaînes belges (francophones) ne laisse plus guère de doute.

Mais revenons à Nadar.

D'après les journaux de l'époque, lors de son passage à Bruxelles, le premier roi des Belges, Léopold Premier et Nadar auraient eu ce dialogue étonnant, presque surrélasite avant la lettre:

-Léopold 1er: "Est-il vrai que vous êtes contre la monarchie?”

-Nadar: “Et vous-même, Sire?”

Léopold: "Ma profession ne me l'autorise guère!".

Cela me fait immédiatement penser à son descendant: il semble Albert ne s'attendait pas à être roi, on dit même qu'il ne le souhaitait guère...

Le républicain français que je suis ne fera pas d'autre commentaire.

00:42 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Tags : nadar, vauban, albert ii, jules verne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |