03 février 2014

Des viticulteurs australiens portent plainte contre trois grands négociants

L'association des viticulteurs de la vallée de Murray a lancé une action auprès de la Commission Australienne de la Concurrence et de la Consommation, contre trois grands groupes de vin australiens, pour abus de position dominante.

Les trois groupes sont Treasury Wine Estates, Accolade Wines et Pernod Ricard.

Selon les viticulteurs, tous les producteurs de la région (ils sont plus de 500) travaillent en dessous de leur coût de revient.

"Bienvenue au club!", pourraient leur dire pas mal de producteurs européens...

La grande différence, c'est que le système australien ne prévoit guère d'amortisseur quand le dollar australien fait du yoyo, par exemple, ou quand les conditions climatiques plombent la production.

L'Europe n'a pas toujours bonne presse, mais reconnaissons que la zone euro garantit aux producteurs européens une certaine stabilité. Sans compter que le marché intérieur européen est d'une autre dimension que le marché intérieur australien: aujourd'hui, en termes de  consommation de vin, la petite Belgique pèse aussi lourd que l'Australie.

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Australie, Belgique, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 janvier 2014

Objectivement vôtre - ou les deux types de journalisme

D'aucuns, parmi les commentateurs avisés, s'étonnent qu'un même vin puisse parfois générer des appréciations différentes de la part des critiques professionnels.

C'est même l'origine d'une polémique: le journalisme de vin n'existerait pas vraiment, faute d'objectivité. Même quand nous dégustons à l'aveugle.

Je ne suis pas d'accord avec ce point de vue - il me semble que la recherche de l'objectivité, un effort conscient de notre part, est tout ce que l'on peut demander, en la matière. Cet effort, d'ailleurs, pas mal le font.

Je ferai aussi remarquer que lorsque que je compare mes notes, après coup, avec celles de mes collègues, nous tombons assez souvent d'accord. C'est encore plus étonnant quand il s'agit de collègues étrangers, qui ont parfois une approche différente du vin, soit qu'ils en dégustent d'autres habituellement, soit que leur gastronomie soit très différente. C'est pourtant un fait: j'ai dégusté récemment en Italie des blancs de Campanie en compagnie d'une Autrichienne, d'un Tchèque et d'un Suédois; il était remarquable de constater qu'alors aucun de nous ne connaissions ces vins, nous nous sommes tous retrouvés autour du même "best of".

Surtout, je ne vois pas trop pourquoi on nous fait ce procès en subjectivité, quand on ne reproche jamais rien à nos confrères exerçant notre métier dans d'autres secteurs. Pourquoi tous les journalistes automobiles ne donnent-ils pas la même note quand ils essayent une voiture? Et pourquoi les critiques de télévision ne voient-ils pas tous la même chose quand ils regardent une émission?

Lundi, par exemple, c'était la première de l'émission de M. Ruquier sur France 2.

Pour le Figaro, "Ruquier suscite le débat et l'ennui"

pour le Monde "Ruquier distrait sans prise de risque".

Pour le Soir, "Ruquier et Foresti frappent fort d'entrée".

La bouteille est-elle à moitié vide ou à moitié pleine?

Et que dire du journalisme politique!

Vous connaissez l'histoire: en 1981, Mitterrand annonce qu'il va traverser la Seine au niveau du Pont Neuf, à Paris, en marchant sur l'eau. Et il le fait. Le lendemain, le Figaro titre: "Mitterrand ne sait pas nager".

Vous pouvez changer les noms, remplacer Mitterand par Sarkozy, le Figaro par Libération, c'est la même chose.

Il y a-t-il deux sortes de journalisme, le journalisme "noble", le journalisme d'opinion, qui ne doit pas s'embarrasser d'objectivité, et le nôtre?

Je vous laisse deviner mon... opinion sur la question!

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Vins de tous pays | Tags : journalisme en vin, opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |