10 mars 2014

Marc Vanhellemont: "Un liquide qui fait appel à nos sens"

J'aimerais partager avec vous une petite citation de mon collègue ami Marc Vanhellemont, parce qu'elle me plaît bien. Parce qu'elle lui ressemble bien, et quelle illustre parfaitement, avec ses mots à lui, ce qui je pense du vin en général et de mon métier en particulier..

"Tu aimes ou tu n’aimes pas le vin espagnol, pas grave, ici on est en dehors des normes, des standards, des a priori, tu seras surpris et tu diras "ouais, super" ! Ou au contraire, tu te demanderas ce que tu bois et tu détesteras. C’est ça le vin, un liquide qui ne laisse pas indifférent et qui fait appel à nos sens et à notre culture (en principe)."

Plus si affinités, vous pouvez aussi lire son article complet sur Méntrida, rien ne vous en empêche, il suffit de cliquer ICI.

Attention, quand même, vous pourriez devenir accros... Sortir des sentiers battus, des crus rebattus, des classements, laisser vos sens vous guider...

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Le grand Schtroumf a bien parlé

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Espagne, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

09 mars 2014

Gérard Mortier ou la tentation de l'extrême

Le Directeur d'Opéras flamand Gérard Mortier est décédé ce dimanche. Paix à son âme.
Ne le connaissant que par quelques interviews et par les spectacles qu'il a montés, mon avis sur l'homme est insignifiant. Je ne l'avais jamais rencontré, ni à Bruxelles, ni à Paris.

Mais je dois à la vérité de dire que je n'ai jamais apprécié ce qu'il proposait au public des opéras qu'il a dirigés. Bien que convaincu que ma voix ne portera guère, noyée qu'elle sera parmi les louanges qui fleurissent lorsqu'une personnalité, quelle qu'elle soit, quitte la scène, je m'obstine quand même; au nom d'un certain regard sur la musique et l'opéra en particulier, et sur l'emploi que les villes ou les États font de mes impôts.

En mon nom propre - mais c'est mon droit de citoyen - je déplore la vision politique que Mortier avait de la gestion d'une salle d'opéra et sa façon de détourner des oeuvres; je déplore son goût pour tout ce qui choque, sa façon d'imposer ses engagements personnels au public - ou à ce qui en reste.
Je ne comprends pas comment on peut oser tirer aussi fort sur la corde d'oeuvres du 18ème siècle, par exemple, pour tenter de faire passer des messages sociaux d'aujourd'hui, des opinions qui ne regardent que lui, et les asséner (j'allais écrire "ascèner") à de pauvres mélomanes qui ne vous ont rien fait, rien demandé, sauf de voir un bel opéra.

D'aucuns qualifient Gérard Mortier de visionnaire, vantent son audace et son avant-gardisme. Bon nombre des spectateurs - dont moi - n'auront jamais voulu renouveler l'expérience d'un opéra "à la Mortier".Voila ma petite vérité.

Il paraît que tout art est contestataire, voire subversif. Alors, Mortier répondait parfaitement à cette définition de l'artiste. Ses idées - et la haute opinion qu'il en avait - lui importaient sans doute plus que de répondre à l'attente de ceux qui occupaient les sièges. Ou les quittaient. Les voyait-il seulement?

Moi qui ne suis que le cochon de payeur, je pense que le fait de choquer pour choquer, l'hermétisme, l'extrémisme et la distorsion des œuvres au profit de convictions politiques ou sociétales éloignent plus sûrement le public des beaux opéras que les vieilles dorures des grandes salles.
Je crois aux valeurs de partage dans l'art. Comme dans le vin. Je crois à la politesse et à la civilité. Je réprouve le laid, le dissonant, l'esbroufe.

Aussi, avec tout le respect que je fois à la mémoire d'un disparu, qui plus est encensé par la critique - la même qui fait la fine bouche devant les films grand public ou tout ce qui peut passer pour consensuel, donc mou, mais qui ne paie pas ses places - je serais content si les futurs Mortier faisaient preuve de moins d'audace et de plus de respect pour ceux qui leur permettent d'exercer leur fougueux magistère en leur nom: j'ai nommé les spectateurs.

Et ce n'est pas valable que pour l'art lyrique.

A travers Gérard Mortier, c'est aussi ceux qui nomment ces artistes à qui je pense. Car ce que font les avant-gardistes, avec les deniers publics, et pour la satisfaction de quelques uns, sans oublier celle de leur propre ego, c'est avec l'assentiment des politiques qu'ils le font.

Est-ce pour se donner une image de modernité que nos édiles caressent ainsi l'artiste extrémiste dans le sens du poil, eux qui mènent souvent de petites vies bien bourgeoises? Est-ce pour se concilier la presse engagée? Est-ce tout simplement de l'ignorance?
Toujours est-il qu'ils me semblent encore plus à blâmer que ceux qu'ils nomment. Quand un trotteur se met à galoper, c'est moins la faute du cheval que celle du jockey.

Enfin, c'est juste mon avis.

Demain, promis, j'en reviens à ma petite sphère de compétence - au vin.

22:21 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Tags : gerard mortier | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |