31 octobre 2016

Du vin belge... qui n'en est pas toujours

L'association "Belgische Wijnbouwers", qui regroupe la plupart des vignerons flamands, vient de lancer le logo "100% Belgische Wijn" (Vin 100% belge).

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Le but est de garantir que les raisins utilisés pour la vinification sont bel et bien belges.

Moi qui pensais qu'il y avait des contrôles, pour cela!

Rappelons la règle européenne (censée être appliquée en Belgique comme dans les autres pays de l'Union). Sont autorisés:

"Les termes vin "du/de/des/d'" (...), produit en/au/aux/à (...) ou "produit de/du/des/d'" (...) ou des termes équivalents, complétés par le nom de l'Etat membre ou du pays tiers lorsque les raisins sont récoltés et transformés en vin sur ce territoire."

(Source: Règlement CE n°479/2008, paragraphe i)

En clair, si le raisin n'est pas récolté en Belgique, et vinifié en Belgique, il ne peut porter la mention Vin belge ou Vin de Belgique. Il peut éventuellement porter la mention Vin de la Communauté européenne si les raisins utilisés proviennent d'un ou de plusieurs pays de l'Union.

Bref, pour sympathique qu'il soit, ce logo 100% Belgische Wijn n'a pas lieu d'être. Si des fraudes à l'étiquetage sont avérées, si des raisins étrangers sont utilisés pour élaborer un vin déclaré comme belge, il convient d'alerter les pouvoirs publics pour faire cesser ces pratiques; c'est d'ailleurs sur la foi de soupçons similaires que des vignerons français ont demandé récemment aux services des fraudes de se pencher sur d'éventuelles re-qualifications de vins chiliens en vins espagnols, par exemple.

Même si la démarche peut prêter à sourire - qui aurait envie d'usurper une mention aussi peu porteuse, a priori, que l'origine "Belgique", dans le monde du vin? - il ne faut pas oublier que le marketing local a le vent en poupe dans la distribution belge - peut-être une façon pour les enseignes belges de faire oublier que la plupart d'entre elles sont détenues par des groupes étrangers!

Quoi qu'il en soit, la production déclarée de vin en Belgique a été multipliée par 5 en dix ans, pour atteindre le million de litres.

09:54 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Tags : origine, vin, belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

24 octobre 2016

Le Soir et l'alcool: le bon goût de l'amalgame

Lu dans le Soir de ce jour, sous le titre "La Belgique, paradis des vendeurs d'alcool", ce texte de Frédéric Soumois qui, à nouveau, sent au moins autant l'amalgame que la vinasse:

"Le secteur alcoolier tient à conserver son emprise sur la société et engranger des milliards de profits, tout en laissant trois fois davantage de charges aux contribuables sous forme de soins médicaux, de décès prématurés et d’absentéisme. Pour y arriver, il avance souvent masqué, engageant les meilleurs « fils de pub », débauchant des scientifiques, engraissant des lobbies aptes à promouvoir un « style de vie » où l’alcool occupe une place indispensable. Mais qu’il prenne le visage de la quadra qui ne sait plus dormir sans sa bouteille de blanc millésimé ou celui de l’ivrogne imbibé de gin bon marché dormant sous un banc, l’abus d’alcool a toujours la même face monstrueuse". 

M. Soumois, puis-je vous rappeler que si les alcools forts sont des produits de marques, généralement aux mains de multinationales qui disposent effectivement de budgets publicitaires conséquents pour les entretenir, les promouvoir, et tenter de séduire les nouvelles générations, le vin, lui, est une activité très différente beaucoup moins industrialisée; une filière très atomisée, des marques faibles, peu de publicité.

Même la quadra insomniaque que vous évoquez ne peut pas se plaindre de matraquage promotionnel si elle est tombée dans l’assuétude. 

Et puis, son "cas" est sûrement moins répandu que celui des accros aux alcools fort, car le vin est un produit trop cher par rapport à l'effet escompté. 

 

Bref, le secteur alcoolier, au sens où vous l'entendez (c'est à dire, "vin compris"), n'existe pas.

11:43 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |