20 octobre 2007

C'est arrivé à Megavino

C'est la fin de la nocturne de Megavino, il est 23h, Marc Vanhellemont et moi prenons un dernier verre de Sparkling - pardon, d'Effervescence, c'est son nouveau nom, sur le stand des Vins de Roisin. Ludovic Boucard nous demande: "Et comment le trouvez-vous, cette année?".

Marc démarre au quart de tour (impressionnant, le type, vu l'heure): "Je le préfère cette année, il est moins sucré".

Ludovic: "C'est drôle,  j'ai eu des avis inverses". 

Quant à moi j'avoue platement de pas avoir fait la différence.

Ludovic nous confie qu'il a baissé son dosage de 20 à 15 grammes "mais entre l'analyse et l'équilibre sensoriel, il y a une marge."

Surtout pour un vin de rhubarbe naturellement amer.

Si je vous raconte cette histoire, c'est parce qu'elle illustre bien ce que je soupçonne depuis longtemps: le vin est affaire de goût, et nous n'avons pas tous le même  appareil gustatif.

09:46 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

17 octobre 2007

Votez Andy!

Andy De Brouwer (Les Eleveurs, à Halle), personnifie la nouvelle génération des sommeliers belges, curieux de tout. A chaque fois que je le rencontre, on se trouve des coups de coeur en commun, dans des appellations les plus imporobables: Villany, Alentejo, etc... J'ai donc voulu l'interviewer en bonne et due forme.

Il évoque pour nous son parcours et sa passion du vin et de la cuisine, passion partagée avec sa compagne Sofie.
Sans faire de politique, Andy est un sacré explorateur (c’est son côté terroirs), doublé d’un formateur (c’est le sommelier qui sommeille en lui)… On vote pour lui?

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Le vin dans le sang

Quel a été ton parcours dans le vin?

Je suis tombé tout petit dans le vin et dans la cuisine, puisque je représente la 3ème génération de De Brouwer aux Eleveurs. A table, chez nous, les enfants ne buvaient pas de cola, mais du vin coupé d’eau. Et lors des fêtes, on goûtait aux belles bouteilles.
Au départ, mes études me destinaient plutôt à la cuisine, j’ai d’ailleurs longtemps officié en cuisine, aux Eleveurs mais aussi chez Bruneau, où j’ai fait un stage. C’est Harry De Schepper qui m’a donné le virus du vin, au Ceria/Coovi. Par la suite, j’ai suivi des cours de sommellerie à Coxyde et surtout à la Sopexa – les fameux cours du lundi, avec Annemie Callens puis avec Kris Van de Sompel. Ca m’a pris du temps, mis j’ai finalement reçu mon diplôme en 2006.
Depuis quelque temps, avec Sofie, j’ai la chance de pouvoir mener de front mes deux passions, car nous avons racheté le restaurant à mes parents ; je m’occupe donc du choix des vins pour Les Eleveurs ; parallèlement, je me suis lancé dans la vente de vin, au travers de La Bodega. En octobre, nous rouvrons la surface de vente, après travaux – nous ne recevrons plus que sur rendez-vous.

Quel est le type de vins que vous privilégiez à la carte des Eleveurs et à la Bodega?

J’essaie de faire partager mon enthousiasme pour les bons vins tout en respectant le goût de mes clients. Ma clientèle a évolué avec moi. Au départ, nous étions très classiques, j’ai peu à peu élargi l’éventail de notre offre vers des terroirs nouveaux, d’abord en France, puis hors de France. Le Portugal, l’Espagne, l’Afrique du Sud, la Hongrie… C’est mon côté explorateur. Mes clients ont «mordu», même les habitués. Les gens me font confiance.

«Susciter, jamais imposer»


Comment vois-tu le rôle du sommelier moderne ?


Mon rôle, c’est de proposer, d’informer, de susciter, pas d’imposer. Le premier devoir d’un sommelier, c’est d’essayer de bien cerner son client, ses demandes, son goût. Pour faire découvrir quelque chose à un client, il faut d’abord savoir ce qu’il aime, s’il est du genre à vous donner carte blanche, ou s’il veut être rassuré… Il y a beaucoup de paramètres, bien sûr – il faut tenir compte du moment, des plats, de la composition de la tablée. Ici, j’ai beaucoup de chance, car la cuisine de Sofie permet de bien mettre les vins en valeur. La cuisine moléculaire, c’est une autre histoire.
Sophie a de supers idées, elle est très douée, elle va faire parler d’elle, j’en suis sûr.

Voyages-tu beaucoup pour sélectionner vos vins ?

Oui, c’est indispensable, car j’aime pouvoir mettre un nom et un visage derrière une étiquette, un terroir. Le vin est un catalyseur, c’est un patrimoine liquide, je ne pourrais pas proposer des produits avec lesquels je n’aurais pas un minimum d’empathie.

Tu animes l’émission In Vino Veritas sur Liberty TV, avec Xavier Faber. Parviens-tu vous à faire passer ta assion pour le vin auprès du grand public?

J’essaie, au moins. Nous avons une grande liberté dans le choix des sujets. Nous allons démarrer le tournage de la deuxième série, où nous aborderons des thèmes de plus en plus précis ; on essaie de faire de la vulgarisation intelligente.

Coups de coeur

Parmi les vins que tu as découverts récemment, peux-tu nous donner quelques coups de cœur?

En blanc, il y a la Petite Arvine de Mike Favre, de Chamoson en Valais – quelle finesse, quel terroir aussi ! En rouge, Het Tientje, un vinho regional Alentejo produit par le même œnologue que le fameux Sexy, Anotonio Maçanita. C’est un assemblage à dominante de syrah, très gourmand. C’est intéressant de constater que l’on peut aimer un terroir, mais aussi la patte d’un vinificateur, par delà le terroir.
Il y a aussi le Mas Borras, de Torres. Quelle finesse, et quel bel exemple de grand pinot noir ! Et puis, dans un style très différent, il y a les vins de Klein Constantia, que j’ai découverts lors d’une dégustation récente chez Eric Boschman. Le Vin de Constance est un vrai nectar. Mais j’ai aussi adoré le sauvignon – de la classe, beaucoup de netteté dans les arômes, superbe. Je reviens d’Afrique du Sud, il y a là de superbes terroirs, celui-ci en fait partie.

(c) Hervé Lalau 

18:31 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |