10 janvier 2008

Chasseur de vins

Notre ami Jean-Michel Jaeger (acheteur vins, Champion Groupe Mestdagh) est en couverture de la Revue Viticole Internationale, qui consacre son grand dossier du mois au marché belge du vin.

Une consécration méritée pour ce "chasseur de vins" aussi discret qu'inspiré.

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Plus d'info:  http://www.larvi.fr

07:32 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

08 janvier 2008

Le Moulin de la Galette des Rois, par Eric Boschman

Eric Boschman présente:
 
Le Moulin de la Galette des Rois
 
Vous savez, nous savons, de Marseille à Grand Bigard, que chaque fin damnée, certains magazines anglo-saxons se lancent dans les classements les plus étranges. Cela va de l’homme le plus élégant de la planète, ricaine s’entend, vu que le reste n’existe pas, à la femme la mieux botoxée, je n’ai pas dit boxée, d’ailleurs Sonny Bono, si cher au cœur des prunes n’étant plus là pour concourir au titre, le concours a perdu de sa valeur. Il y a aussi le classement de celui qui a la plus grosse. C’est d’ailleurs un mec si cain qui a gagné cette année. Ce qui ne fait pas plaisir aux gringos, d’autant qu’en matière de fortunes, il commence à y avoir de la solide concurrence dans les pays émergeants. Nous nous demandions tous d’où ils émergeaient après avoir émargé pendant quelque temps à une série d’organismes d’aides publiques internationaux. Ce qui, vu de chez nous est un signe d’espoir incontestable. D’autant que nous avons quelques dignes représentants bien placés dans le top dix des fortunes nationales. Cela dit, on remarque aussi souvent que quelques familles royales sont plutôt bien classées dans ses listes. Tellement bien que l’on a décidé, de par le monde occidental, même dans les pays privés de royauté par quelques incidents de l’histoire, de fêter dignement la galette des rois.

Où l’on retrouve Angelina, le Sphinx, Grévisse et le Grand Jojo…


Si Maître Capello, le petit Grévisse français, était là, il nous expliquerait l’origine du mot galette. Comme il est Grévisse, il ne travaille donc pas le dimanche, c’est une fois de plus pour ma pomme. Cette notion de galette pour évoquer la fortune est expliquée clairement dans un des hits inoubliables du Grand Jojo. Au passage, sachez que 2008 sera l’année Grand Jojo, restez branchés. Ce hit parle d’Angelina qui faisait des macaronis dans une fabrique de spaghetti. Au fil des couplets, on cerne mieux l’action tragique, le drame poignant qui se joue sous nos pimpants tympans. Angelina, un jour, se fait virer de son usine à cause de la hausse des prix du blé utilisé pour les bio-carburants. Pour survivre, elle décide de retrouver sa maman qui, pour sa part, rentrait d’un festival de tango au Congo. La mère et sa fille éplorée se retrouvent à Montmartre, le soir, non loin du moulin de la Galette. Pendant quelques semaines Angelina, accompagnée de sa guitare qui la démange, alors elle gratte un petit peu, va chanter. Et c’est là, à l’ombre du Moulin de la Galette, qu’un héritier impérial va la rencontrer. Main dans la main, à l’ombre des Sphinx en rut (à Baga notamment), ils s’en iront le nez au vent et l’amour en bandoulière. Angelina fut surnommée la jolie Brunie et ils vécurent heureux quelque temps.

De là, l’origine de la galette des Rois, que l’on devrait donc nommer galette des Empereurs, mais vu qu’il y en a nettement moins que de Rois, Vox Populi, Vox Dei, c’est emballé, pesé, et il m’en reste 54 grammes ma petite dame, je vous le mets auprès ? Voilà, une fois de plus, vous êtes un peu plus instruits qu’il y a quelques lignes, c’est donc le moment de rentrer dans ce que certains pourraient considérer comme le vif de mon sujet: que faut-il boire quand on a de la galette des rois à table?

Et oui, que faut-il boire ?


Si on a vraiment de la galette, mais genre comme Crésus, je vous propose la bouteille de la mort qui tue sa race définitivement. Il y en a carrément deux pour tout le royaume. Il s’agit d’un jéroboam de Dom Pérignon 99 recouvert d’or blanc. Il est proposé au Zuri, une boîte de nuit située sous le casino de Knokke, pour la somme modique et dérisoire de 36.000 euros. Non, il n’y a pas d’erreur, trente six milles. Evidemment, à ce genre de tarif, il ne s’agit plus simplement de galette, il faut aussi avoir le «goût» de l’achat d’un truc tel que celui là. Un Jéro, c’est quand même 300 centilitres, ce qui nous fait un  centilitre à plus ou moins 120 euros. C’est le genre de cas où il vaut mieux connaître toutes les positions du Yoga secret, pour conserver un max de liquide le plus longtemps possible dans l’organisme. Vous et moi, nous nous posons la même question : «mais qui boit ça?» je vous rassure, même avec de la galette, pas les Rois, c’est un rien trop ostensible pour quelqu’un de bien élevé. Par contre, des rois chers à Brassens pourraient peut-être s’en offrir l’une ou l’autre, sachant qu’il y peu de chance qu’ils fussent détrônés, cela laisse un peu de clients potentiels. Ce genre de bouteille a un véritable public, ne vous trompez pas. Certes, il ne s’agit pas de gens aimant le vin, même s’ils en boivent, il s’agit simplement de gens qui ont besoin de s’approprier une série de valeurs véhiculées par une bouteille ultra-visible et dont peu de gens ignoreront le prix. Pourtant, le vin qui est dedans, lorsqu’il prend quelques années, est un vin réellement hors normes.
 
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Tenez, pour accompagner une galette des Rois, toujours à un tarif sérieux, mais nettement plus abordable, pourquoi ne pas commander un flacon issu de l’oenothèque de la maison. Un 1983 avec les notes d’amandes de la galette, ça devrait le faire grave. Certes, il faut encore quelques centaines d’euros. Bon, alors, pour accompagner la galette de ce midi, puisque vous n’aurez plus le temps de commander une bouteille rare, je vous propose d’aller faire un tour du côté de chez nos voisins Hongrois. Vous trouverez facilement, dans les grandes surfaces ou chez les bons cavistes, l’un ou l’autre Tokaji à 3 ou 5 puttonyos. Le Tokaji d’après Talleyrand, est « le roi des vins et le vin des rois ». Si vous voyez un truc plus de circonstance pour accompagner une galette, faite moi signe.

 

                                                                                            SAS Eric Boschman


Zuri Knokke, Zeedijk Albertstrand 510 à 8300 Knokke

07:49 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |