15 janvier 2008

Roussillon: la relève est là

La dégustation de vins du Roussillon organisée hier à Huizingen a drainé pas mal de monde, journalistes, acheteurs, importateurs. 

Roussillon
Près de Maury

 

Très simplement, pour moi, elle a eu le mérite de me faire découvrir pas mal de nouveaux domaines. Je croyais connaître le Roussillon. Je m'aperçois que j'ai encore beaucoup à apprendre. D'autant que pas mal de ces nouveaux venus tutoient déjà les sommets.

 

Vite fait, quelques coups de coeur en passant: Domaine La Rourède La Montadella 2005, Clos des Vins d'Amour "Un Baiser" 2005, Arcadie Côtes du Roussillon Villages 2005, Vignerons Catalans Haute Coutume Granit de Caramany 2006. Et pardon pour tous les autres...

Hervé Lalau

10:59 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

12 janvier 2008

L’abus de vie tue !*

Notre ami Eric Boschman nous adresse son pensum du dimanche. Dieu que ce type est agassant, à écrire aussi bien...

L’abus de vie tue !*

Trois petites histoires cette semaine, et pour commencer un petit délire ubuesque datant d’il y a quelques jours. Pour une fois, ce bon vieux roi Ubu était occupé ailleurs qu’en notre vert Royaume et avait élu domicile dans sa bonne ville de Paris.

 

 

796 - Boschman

 

Ubu chez Sarko 

Là-bas, un tribunal, de grande instance, excusez du peu, a jugé bon, suite à la requête d’un groupe d’activistes de la bien-pensance contre nos confrères du journal «Le Parisien», d’assimiler les articles sur le vin à de la publicité et stipule qu'en France, dorénavant, ces articles devront porter la mention obligatoire en matière de publicité sur les produits alcooliques: "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé".
Loin de moi l’idée de vouloir juger l’action d’un tribunal et à l’étranger de surcroît, mais quand je lis dans les commentaires que "Toute communication en faveur d'une boisson alcoolisée, telle qu'une série d'articles en faveur du Champagne, constitue de la publicité et tombe donc sous le coup du code de la santé publique", je ne peux m’empêcher de frémir.
Chaque fois qu’un béni oui oui va se sentir pousser des allures de Croisé Moltoné de la sauvegarde de l’humanité, ça va être de la folie. Pour ma part, parler de pinard me semble être une aventure bien rigolote, je suis payé par le journal pour le faire, pas par les magasins dont il est question en général, ni même par les marques que je cite. Il n’est même pas question de budgets publicitaires liés à ces articles, il s’agit donc d’information, oui, on peut nommer cet article comme cela, pas de pub. Pour l’instant nous sommes à l’abri, ça se passe loin de chez nous, les situations sont fort différentes. Chez nous le Roi prend des vacances discrètes, le Premier ministre existe, et il n’y a pas encore de loi Evin, mais bon, tant que ce genre de choses se passait de l’autre côté de l’Atlantique c’était juste consternant. Quand ça se rapproche de nos frontières, cela devient un peu plus inquiétant.

Ubu chez les bulles

Deuxième historiette de la soirée : Ce jeudi, à Bruxelles, on a procédé à la destruction de Faux Champagne en provenance des Etats-Unis. Usurpation de la marque Champagne, leur compte était bon. Problème, l’appellation Champagne n’est pas protégée aux USA, comme un joli paquet d’autres appellations vinicoles européennes d’ailleurs. Ça devient un peu plus compliqué et ça pose le problème de la reconnaissance et de la protection des marques à travers le monde. Prenez un village du canton de Vaud en Suisse. Le dit village répond au doux nom de Champagne et l’on y produit, depuis des siècles, un vin tranquille. C’est-à-dire un vin sans bulles. Suite à un accord entre l’Europe et la Suisse, en 98, les producteurs du cru devaient renoncer à l’usage de leur nom. Protestation, recours, et en 2002, confirmation de la chose et re-recours. Le 22 août dernier, bardaf, confirmation des jugements précédents. Donc, les producteurs de Champagne de Champagne en Vaud n’ont plus le droit de produire sous leur propre nom. Même le producteur de pain du coin, qui depuis 1934 élabore des Flûtes de…Champagne, est dans le collimateur des chevaliers blancs de l’appellation. Pour les viticulteurs, je propose de vendre des Côtes de Vaud, en attendant que le lobby du veau s’indigne et fasse que les vaches soient bien gardées. Je ne vous parle même pas de cette entreprise espagnole productrice de cidre qui avait le mot Champagne dans sa raison sociale depuis le début du vingtième siècle, et dont des bouteilles en transit par la Belgique furent réduites à néant, il y a peu. C’est que nos gabelous sont d’une efficacité redoutable en matière de faux Champagne. C’est un message clair aux trafiquants de tous poils, chez nous pas d’échappatoire, rien n’échappe à la sagacité des douaniers belges, faussaires de tous pays, allez fausser ailleurs !

Marconfiture

Troisième et dernière histoire du jour : On savait Pierre Marcolini chocolatier de talent, éditeur de prestige, amoureux de la Suisse depuis peu, mais on ne le savait pas encore confiturier. Et bien c’est fait, et comment ! De la confiture de nèfles avec un peu de vanille et moins de 20% de sucre. C’est en équilibre, la saveur puissante des nèfles avec le parfum de la vanille et une petite pointe de citron pour relever l’ensemble, c’est juste fabuleux, tout simplement. Attention, vu le très faible pourcentage de sucre dans la préparation, la durée de conservation, une fois le pot ouvert est très limitée, il faut donc manger presque tout d’un seul coup. Le genre de truc qui fait exploser les bonnes résolutions du début de l’année. Pas besoin de pain, surtout pour préserver quelques chances à mon régime dissocié, juste une belle cuillère à café, ou, si jamais elles étaient toutes au lave-vaisselle, un doigt, de préférence gros et propre en bon état de marche à suçoter tranquillement quand les nuages touchent le sol devant la fenêtre. D’autant que sauf si vous aimez vraiment le cyclo-cross, il n’y a rien à faire dehors ce week-end qui ne soit visible à la télé.

(c) Eric Boschman



La confiture fraîche de nèfle de Pierre Marcolini, en vente dans les boutiques homonymes.

* Et en plus c’est en vente libre et sans marque protégée…

 

20:06 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |