20 juin 2008

Qui boit vraiment et combien en Belgique?

Mon ami Thierry Hannon-De Groote a un joli brin de plume, et l'art de manier les chiffres. En témoigne cet article, qui remet en perspective une campagne de désinformation digne de nos amis anti-alcools français (et oui, les ligues de tempérance ne connaissent pas de frontières...).

 
Publié par l'agence Belga :

"Un employé belge sur 3 boit 2 fois/semaine
Jeudi 19 juin 2008

(Belga) Près d'un employé belge sur trois consomme une boisson alcoolisée au moins deux fois par semaine. Parmi ceux-ci, 22 pc boivent jusqu'à trois fois par semaine, et 10 pc jusqu'à quatre fois, voire plus, ressort-il d'une enquête menée par le prestataire de services de ressources humaines Securex.
Seul un sur 10 n'a pas bu d'alcool au cours des 12 derniers mois. Selon l'enquête, 13 pc des employés en Belgique ont une consommation d'alcool problématique. Ainsi, un employé sur 100 s'absente du travail au moins une fois par mois en raison de problèmes d'alcool, souligne Securex. Cette consommation problématique est trois fois plus fréquente chez les hommes (18 pc) que chez les femmes (6 pc). 7.169 employés belges ont été interrogés au second semestre 2007 dans le cadre de cette enquête. (NLE)"

Sur le site de Securex
(http://www.securex.be/securex/fr/groupe-securex/presentation/centre-de-recherches.html) et parmi les publications disponibles, je n’ai rien trouvé sur l’alcool.
 
Dans le rapport sur l’absentéisme, on y dénonce cependant bien une des deux grandes causes actuelles : le stress ou le "mal vivre" !

Mais annoncé comme cela, tout juste après qu’un Conseil de 8 ministres (il faut bien cela pour un pays de 30.000 km²) aie accouché ce 18 juin d’une déclaration concernant la consommation abusive d’alcool, la dépêche de Belga est plus qu'opportuniste…

Car la déclaration ministérielle, dont certains thèmes sont certes fort discutables, préconise tout de même de  laisser la liberté à la publicité sur l’alcool, sous le contrôle du Jury d’Ethique publicitaire actuel.
Le verdict attendu par les médecins et spécialistes engagés lors de cette consultation était la peine de mort pour la publicité, et apparemment, il y a eu sursis.
 
Si on le dit à la radio...
 
A la lire attentivement, la dépêche de Belga, déjà reprise par les médias audio-visuels (je l’ai entendue sur deux radios cet après-midi), nous indique donc que :

- Le fait de boire UN verre de vin ou autre boisson alcoolisée deux fois par semaine vous met déjà en situation délicate…
- Le fait d’en boire trois vous met quasi au ban des bons employés…
-Mais alors quatre par semaine… Autant dire que vous n’êtes plus digne de confiance…

Vous vous souvenez des problèmes des baignoires qui fuient à l’école ? Calculons un brin.

Sur 7169 personnes interrogées…
« un employé sur trois » consomme 2x                soit 33%, soit    2366 personnes
« parmi ceux-ci, 22pc » consomme jusque 3x      soit 22%, soit    520 personnes
« parmi ceux-ci, 10pc » consomme jusque 4x      soit 10%, soit    52 personnes

Donc, parmi 7169 personnes, il y a en 52, soit 0,72% qui boivent au minimum un verre de vin ou autre boisson alcoolisée à chaque repas…

Vous voulez un instantané du commerce de l’alcool dans la classe moyenne en Belgique grâce à cette étude ? Facile…

Car mettons sur 750.000 employés en Belgique (source : élections sociales 2008), cela fait donc 5400 personnes qui consomment environ une bouteille de pinard par semaine (en comptant le week-end)… Et ainsi permettent la circulation de plus de 226.000 bouteilles de vin par an…

Zut, j’ai négligé la bière ! On est en Belgique, quand même ! Allez, mettons 50% de vin et 50% de bière soit 113.000 bouteilles de chaque…

Toutes les autres devant donc être bues par les indépendants, les chômeurs, les étudiants et les pensionnés.

Mais, dit l’enquête, 13% ont une consommation «problématique» (plus de 5 verres ?), donc : avec 13% de ceux qui boivent au minimum 4 verres, on a donc 5 personnes «à problèmes». Et sur la population des employés, 523 personnes sur le pays en entier.
 
0,06974473% 
 
Qui a dit que l’employé Belge boit de trop ? Seul 0,06974473% est concerné !

Maintenant, après avoir bien divagué (mais aussi sérieusement que ceux qui annoncent ces chiffres)…, si au lieu de culpabiliser les gens à coups de déclarations fracassantes, on leur permettait de trouver de la satisfaction dans une consommation modérée d’alcool, par exemple par la découverte du vin et de sa culture? Est-ce que cela ne serait pas un remède au «mal de vivre» tant décrié par les mêmes études?

Si on reprend les mêmes médecins et spécialistes que évoqués, il faudrait peut-être expliquer aussi que le plaisir de la dégustation, cela vaut un immuno-dépresseur. 

Bon surf quand même...
 
Thierry Hanon-Degroote

07:20 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

23 mai 2008

Communiqué du Groupe Fourcroy

Reçu ce jour ce communiqué émanant du service de presse de  Fourcroy.

"Les Conseils  d’Administration des sociétés du Groupe Fourcroy, sous la nouvelle Présidence d'Olivia Fourcroy (fille aînée de Jean-Lou Fourcroy), ont accepté lors de leur séance du 14 mai 2008, la démission d'Alfred-Alain Fourcroy en tant que CEO et ont nommé Benjamin Colas, Directeur Général Groupe, en lui confiant la responsabilité de la gestion journalière du groupe en totale autonomie.

Le Conseil d’Administration remercie Alfred-Alain Fourcroy pour l'ensemble de ses prestations au sein du Groupe.

Cette nouvelle organisation renforcera plus que jamais la volonté du Groupe Fourcroy à développer son secteur «vins et spiritueux», dans lequel il est présent depuis 1870, ainsi que celui de l’Horeca où il est un des acteurs principaux dans l’approvisionnement par sa division ISPC".

Benjamin Colas est passé notamment par Vandenborre et Dieteren, avant de devenir consultant en "gestion du changement".

Pour ceux qui l'ignoreraient, Fourcroy est un des grands noms dans la distribution de vins et d'alcools en Belgique, avec les agences de marques aussi célèbres que Baron Philippe de Rothschild, Lanson, Ott, de Ladoucette, Antinori, Ornellaia, Masi, Col d'Orcia, Miguel Torres, Tio Pepe, Willi Opitz ou Bernard Massard. Sans oublier la création du Comte Fourcroy, chimiste de Napoléon: la Mandarine Napoléon.

22:28 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |