27 avril 2008

Boschman a toutes les vis

Nouvel épisode des aventures dominicales de notre ami Eric Boschman, avec, cette fois-ci, un thème passablement fumeux... Le cigare, une autre vis de notre génial bricoleur.

 Boschman

Ce bricoleur du goût a toutes les vis 

 

 

"Savez-vous c’est qu’est un Hoyo ? Au départ, on pourrait craindre le pire - une belle tripotée (au choux) de lamentables jeux de mots à propos des petits hoyos, ou des hoyos verts et que même tous les hoyos ne font pas pleurer à l’épluchage. Mais non, loin de moi ce genre de procédé, pour moi, comme le disait si bien monsieur Beuve-Méry, une seule ligne, celle du chemin de fer !  Un hoyo, c’est littéralement un trou. Quand il s’agit de l’Hoyo de Bâle, il n’y a pas de quoi en faire un zoo, mais lorsqu’il s’agit de celui de Monterey, les papilles se réveillent. Bon, en fait de trou, on peut plutôt parler de trouée, d’ouverture dans cette zone de vallées denses et de montagnes vertes qui borde la Vuelta Abajo qui est amateurs de cigares ce que la chapelle Sixteen est aux fans de David Hamilton.

C’est dans le Vuelta Habajo que sont produites les feuilles les plus réputées et recherchées, d’ailleurs, pour l’élaboration des vitoles cubaines. On dit carrément que c’est la plus belle zone au monde pour le tabac, c’est dire. L’histoire de la marque débute plus ou moins aux environs de la prestation de serment du roi que nous nous sommes choisi lors de l’indépendance de notre merveilleux royaume. Le fondateur, José Gener y Batet qui sa Tarragone natale par un beau matin de 1831. Oui, je sais, c’est une date vicieuse, mais c’est comme ça, Leo, le premier, est arrivé par la mer en 1831. Si vous avez dans vos amis proches un politicien susceptible d’être interviewé lors des prochaines festivités du 21 juillet, n’hésitez surtout pas à laisser traîner cet article sur le siège arrière de sa limousine de fonction, on ne sait jamais.

Pour en revenir à Jojo, il arrive à destination pour rejoindre son oncle. Il a quand même 13 ans, l’air de rien c’est quand même un voyage hein à c’t’âge là. Ça change du trottoir jusqu’au magasin de chiques d’en bas. Tonton exploite une plantation de tabac appelée « La Majagua » avec laquelle il produit des cigarillos pour le marché local. Avec l’âge, Jojo veut s’attaquer au monde et ce n’est pas avec des cigarillos que ça va le faire. En 1850, il  crée la marque « La Escepcion » pour le marché américain. Le succès de marque est tel qu’il lui permet d’acquérir en 1860 une exploitation nommée « Hoyo de Monterrey». Mais ce n’est que cinq ans plus tard qu’il crée la marque du même nom.


En 1895 la Maison est une des plus florissantes de Cuba, avec 350 travailleurs. Pendant un voyage au pays, la fondateur meurt, dans ce genre d’activité il de très mauvais de parler de casser sa pipe soit dit en passant. Sa fille prend le relais mais ne parvient pas à résister aux pressions de la famille qui accorde la priorité aux exploitations sucrières. C’est sans surprise qu’en 1931, 100 ans après l’arrivée de José, les deux marques sont vendues à Fernando Palicio et Ramon Fernandez, qui exploitent déjà les marques Punch et Belinda. Après 1945 , entre en scène Zino Davidoff. Il propose alors aux cubains de lancer une gamme de cigares sous un concept novateur. Il s’agit d'associer des noms de Grands Crûs de Bordeaux aux cigares cubains. C'est alors que naquirent, sous le couvert de la manufacture Hoyo de Monterey, la gamme des "Châteaux" estampillés Davidoff.

Il faut savoir que la gamme Châteaux était fabriquée par Hoyo de Monterey et simplement conditionnée sous le label du marchand genevois (quetoi).  En 1969, Cuba proposa à Zino Davidoff de créer ses propres cigares au lieu d'utiliser les produits Hoyo de Monterey. Ce grand honneur donna le jour aux cigares Davidoff fabriqués en exclusivité à La Havane. Les relations de l’homme avec les autorités cubaines restèrent au beau fixe jusqu'à la fin des années 80, mais ça c’est une autre histoire pour un autre jour. Hoyo de Monterrey est aujourd’hui une des très belles marques cubaine, avec une gamme relativement large d’une quinzaine de vitoles. La nouveauté de la maison, l’Epicure Especial était apparu sur la marché en série limitée en 2004 avec une cape plus mûre. Ce qui arrive aujourd’hui sur le marché est plus souple, plus abordable pour les novices. Le clou de la dégustation résidant dans son fruité d’attaque et surtout dans une structure très élégante. Je trouve que la fin est un peu abrupte et manque un poil de rondeur, mais je crois que le module que j’ai eu l’occasion de déguster était trop frais et manquait encore un peu de cohérence. Au point de vue calibre, c’est le genre de bestiole fort à la mode en ce moment, un cigare relativement court qui se fume en une belle demi-heure sans trop fatiguer. Plutôt un module de début de soirée, voir de fin d’après-midi. Pour l’accompagner offrez-vous un petit Mojito corsé au rhum brun pour plus d’arômes et surtout, surtout, n’oubliez pas la gougoutte d’Angoustura pour terminer."


Hoyo de Monterey Epicure Special, bientôt dans toutes les bonnes civettes.

07:46 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

24 avril 2008

The writing on the wall

A force de l'entendre répéter sur tous les tons, plus aucun doute, le Flamand est plus fort, plus malin et plus travailleur que le Wallon.

Mais côté connaissances géographiques, il y a encore une marge de progression...

A ce compte-là, Champagne n'est plus en Suisse, Bolgheri fait de vrais vins toscans, et je suis le nouveau Robert Parker.

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Merci à Erik B., immigré belge en Flandre, pour l'information.

10:09 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |