05 février 2009

Honorons Mercure

Hier matin, avec mes amis Wiliam Wouters (Il Pazzo) et Gérard Devos (IVV), j'ai participé à la sélection des vins Mercure. Rappelons le concept, plutôt intéressant: la chaîne hôtelière fait appel à des experts, sommeliers, journalistes, mais aussi aux oenophiles au sein de son propre personnel, pour sélectionner le produits qui figueront en meilleure place sur sa carte des vins. Profitons de l'occasion pour rappeler qu'avec des marges très réduites, Mercure permet à ses clients d'accéder à des vins plus intéressants que la moyenne des autres établissements, toutes choses étant égales par ailleurs, et ça, comme amoureux du vin, je ne peux qu'applaudir des deux mains (uen fois posé mon verre, bien sûr).

 

Mercure_Logo

 

D'où mon empressement à accepter la petite charge qui m'a été confiée aujourd'hui, celle de présider une des tables, de déguster au côté de 6 autres dégustateurs, de les laisser s'exprimer, et de faire la synthèse des commentaires.

Quatorze vins rouges de différentes régions de France hors Bordeaux et Bourgogne étaient présentés à notre table, notre mission était d'en sélectionner trois.

Nous sommes parvenus assez rapidement à un consensus à propos de cinq vins. Nous les avons regoûté, les avons commentés ensemble, puis nous en avons extrait notre trio.

Le voici donc, avec les commentaires communs.


Crozes-Hermitage 2007 Domaine Belle

Beau nez profond de fruits noirs, de mûres, de fruits des bois, mâtné de réglisse et de notes plus giboyeuses; e, bouche, beaucoup de souplesse, la finale, moyenne, se termine sur des épices. Un vin facile à assortir sur pas mal de plats, un succès assuré en restauration.

 

Gigondas Château de Trignon 2007

Au nez, ce sont les épices qui dominenet (poivre noir, muscade), au desus de notes de fruits bien mûrs; la bouche est chaleureuse, on est face à un vin solaire, à la bone charpente acide, cependant.

 

Côtes de Provence (Cru Classé) Château du Galoupet 2006:

Autant les deux vins précédents ont fait l'unanimité, celui-ci a divisé les dégustateurs, certains l'écartant totalement, d'autres le mettant en têtee de leur classemnt. C'est sa typicité, son côté tranchant qui en a désorienté certains - en ce qui me concerne, j'ai adoré.

Cerise de bâle et herbes de la garrigue au nez, réglisse en attaque de bouche. Puis les notes  épicées font place à une belle minéralité, une arrière bouche très affuté, des tannins aiguisés, mais nobles.

Amis consommateurs, si vous retrouvez demain ces vins à la carte de votre Mercure, ayez donc une petite pensée pour nous!

 

Dans l'ensemble, sur les 14 vins présentés à notre table, seuls deux étaient vraiment en dessous de ce que l'on peut attendre d'un produit marchand, une demi-douzaine d'autres étaient du genre gouleyant sans vice ni grande vertu, et le même nombre à peu près étaient vraiment intéressants, représentatifs d'un terroir, d'un savoir-faire. Gageons qu'ils donneront du plaisir à des clients qui savent trouver chez Mercure un bon rapport qualité-plaisir-prix.

Un exercice bien sympathique, donc, assez différent de ce que j'ai l'habitude de faire à IVV ou lors des concours, mais pas moins important, à mon sens, car en prise directe avec la réalité du terrain de la consommation.

 

 

 

 

 

 

07:08 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Tags : mercure | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

30 janvier 2009

Andy De Brouwer, l'explorateur

Andy De Brouwer (Les Eleveurs, à  Halle), personnifie la nouvelle génération des sommeliers belges, curieux de tout. Il évoque pour nous son parcours et sa passion du vin et de la cuisine, passion partagée avec sa compagne Sofie, qui vient d'être élue Lady Chef of the Year 2009.
Sans faire de politique, Andy est un sacré explorateur (c’est son côté terroirs), doublé d’un formateur (c’est le sommelier qui sommeille en lui)… On vote pour lui ?

 

Andy

Andy en action (Photo H. Lalau)



Né sous le signe de la gastronomie

Quel a été votre parcours dans le vin ?


Je suis tombé tout petit dans le vin et dans la cuisine, puisque je représente la 4ème génération de De Brouwer aux Eleveurs. A table, chez nous, les enfants ne buvaient pas de cola, mais du vin coupé d’eau. Et lors des fêtes, on goûtait aux belles bouteilles.
Au départ, mes études me destinaient plutôt à la cuisine, j’ai d’ailleurs longtemps officié en cuisine, aux Eleveurs mais aussi chez Bruneau, où j’ai fait un stage. C’est Harry De Schepper qui m’a donné le virus du vin, au Ceria/Coovi. Par la suite, j’ai suivi des cours de sommellerie à Koksijde et surtout à la Sopexa – les fameux cours du lundi, avec Annemie Callens puis avec Kris Van de Sompel. Ca m’a pris du temps, mais j’ai finalement reçu mon diplôme en 2006. !
Une autre encontre, celle de José Carujo, qui m’a encouragé à participer au concours du meilleur sommelier de Belgique en vins portugais, m’a permis de découvrir toute la richesse viticole de pays.
Depuis quelque temps, avec Sofie, j’ai la chance de pouvoir mener de front mes deux passions, car nous avons repris le restaurant à mon père; je m’occupe donc du choix des vins pour Les Eleveurs ; parallèlement, je me suis lancé dans la vente de vin, à travers de La Bodega. En octobre, nous rouvrons la surface de vente, après travaux – nous ne recevrons plus que sur rendez-vous.

Quel est le type de vins que vous privilégiez à la carte des Eleveurs et à la Bodega?

J’essaie de faire partager mon enthousiasme pour les bons vins tout en respectant le goût de mes clients. Ma clientèle a évolué avec moi. Au départ, nous étions très classiques, j’ai peu à peu élargi l’éventail de notre offre vers des terroirs nouveaux, d’abord en France, puis hors de France. Le Portugal, l’Espagne, l’Afrique du Sud, la Hongrie… C’est mon côté explorateur. Mes clients ont « mordu », même les habitués. Les gens me font confiance.

« Susciter, jamais imposer »

Comment voyez-vous le rôle du sommelier moderne ?


Mon rôle, c’est de proposer, d’informer, de susciter, pas d’imposer. Le premier devoir d’un sommelier, c’est d’essayer de bien cerner son client, ses demandes, son goût. Pour faire découvrir quelque chose à un client, il faut d’abord savoir ce qu’il aime, s’il est du genre à vous donner carte blanche, ou s’il veut être rassuré… Il y a beaucoup de paramètres, bien sûr – il faut tenir compte du moment, des plats, de la composition de la tablée. Ici, j’ai beaucoup de chance, car la cuisine de Sofie permet de bien mettre les vins en valeur. La cuisine moléculaire, c’est une autre histoire. Sofie a de super-idées, elle est très douée.

Comment vous partagez-vous les rôles avec Sofie ?

Sofie dirige la cuisine, je m’occupe de la salle et de la Bodega. Chacun fait ce qu’il sait faire le mieux. Nous nous complétons très bien, c’est le secret de notre entente. On ne pourrait pas inverser les rôles.

Voyagez-vous beaucoup pour sélectionner vos vins ?


Oui, c’est indispensable, car j’aime pouvoir mettre un nom et un visage derrière une étiquette, un terroir. Le vin est un catalyseur, c’est un patrimoine liquide, je ne pourrais pas proposer des produits avec lesquels je n’aurais pas un minimum d’empathie.

Coups de coeur

Parmi les vins que vous avez découverts récemment, pouvez-vous nous donner un coup de cœur ?

En blanc, la Petite Arvine de Mike Favre, de Chamoson, en Valais Suisse – quelle finesse, quel terroir aussi ! En rouge, Het Tientje, un vinho regional Alentejano portugais produit par le même œnologue que le fameux Sexy, Anotonio Maçanita. C’est un assemblage à dominante de syrah, très gourmand. C’est intéressant de constater que l’on peut aimer un terroir, mais aussi la patte d’un vinificateur, par delà le terroir.
Et puis, dans un style différent, il y a les vins de Klein Constantia, que j’ai découverts lors d’une dégustation récente chez Eric Boschman. Le Muscat Vin de Constance est un vrai nectar. Mais j’ai aussi adoré le sauvignon – de la classe, beaucoup de netteté dans les arômes, superbe. L'an dernier, j'ai visité l'Afrique du sud, il y a là de superbes terroirs, celui-ci en fait partie.

 

Propos recueillis par Hervé Lalau

Vous voulez réserver chez Sofie et Andy, pour une aventure gastro-vineuse? Je vous donne le téléphone: 02 361 13 40, dites que vous venez de ma part.

08:03 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Tags : vin, gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |