18 janvier 2010

Fourcroy vu par Sigmund

Dans sa dernière édition, le magazine Trends Tendances annonce la vente par appartements des activités du groupe Fourcroy (enfin, celles qui restent). A savoir, les deux ISPC belges, essentiellement.

Voila qui ne surprendra guère les observateurs un tant soit peu proches du dossier.

Plus intéressant, l'article décrit la déliquescence progressive de l'"Empire Fourcroy", qui fut un temps le plus fameux importateur de vins & spiritueux en Belgique. Empire victime de la filialisation des grandes marques, mais aussi d'une gestion chaotique, de batailles d'actionnaires et accessoirement de la crise.

Si les querelles familiales sont assez bien rendues, on ne peut pas dire que l'interprétation qu'en font les "psychanalistes" du magazine business belge soit vraiment neutre. L'ancien dirigeant débarqué en 2008, Alfred-Alain Fourcroy, s'en sort plutôt bien, au regard des performances réalisées sous sa présidence. Son père Georgy, lui, est présenté au mieux comme un marionnettiste tirant les ficelles en coulisses et jaloux de son influence; au pire comme un dilettante, plus préoccupé de ses châteaux en Bordelais que de la gestion de l'entreprise. Ce qui ne correspond pas vraiment au personnage. Le profil de Benjamin Colas, actuel dirigeant, est à peine esquissé. Quant aux pensées profondes d'Olivia Fourcroy, aujourd'hui à la tête du plus gros bloc d'actions du groupe, elles ne sont guère présentées du tout. 

On reste donc un peu sur sa fin. Surtout, pour avoir un temps connu Fourcroy de l'intérieur, il me semble que les journalistes n'ont pas puisé à toutes les sources souhaitables, ce qui abouti à un article un tantinet biaisé. 

Seuls les initiés s'en préoccuperont; les lecteurs de Trends, eux, se contenteront de porter un toast à la fin de l'Empire. Avec un verre de Lanson ou de Torres. Mais plus d'Antinori, ni de Mouton-Rothschild, qui ont quitté le navire. Ni même de Mandarine Napoléon: la marque héritée du fondateur, le Comte Fourcroy, a été revendue l'an dernier pour une bouchée de pain aux Néerlandais de Kuyper.

L'histoire récente de Fourcroy est un grand gâchis, non seulement pratrimonial, mais humain. Trends n'évoque guère la gestion des ressources humaines (le choix des hommes, mais aussi le taux de leur rotation), ni la politique salariale, encore moins la politique commerciale et marketing ou les relations publiques. L'article ne nous dit pas non plus ce qui a trait aux investissements personnels des Fourcroy, et à ceux du groupe. Et comment un importateur, qui ne fait que revendre avec des marges ce qu'il a lui-même acheté, a pu perdre si vite autant d'argent, sauf à porter le poids d'une structure démesurée...

Même s'ils sont moins "sexy", journalistiquement, qu'une bonne vieille saga familiale bourrée de conflits oedipiens, ces aspects là sont pourtant au moins aussi importants.

 

06:08 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

02 janvier 2010

Les vins de Philippe

Mon rédac'chef et néanmoins ami Philippe Stuyck m'a adressé la liste des vins qu'il a dégustés en cette fin d'année.  Je vous la livre, avec ses petits commentaires.

-Champagne Krug Grande Cuvée: quand la Champagne met ses plus beaux atours
-Sancerre Pascal Jolivet Cuvée Sauvage 2007: du sauvignon jeune, et pourtant à la fois complexe et minéral
-Saint Emilion Grand Cru Château Figeac 2000: grand, malgré sa jeunesse
-Rivesaltes Rancy 1985: un des trésors du Roussillon, encore un gamin, lui aussi!!!

Stuyck

Et maintenant, salivez...

11:16 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |