11 avril 2010

Au domaine du Chenoy

Eric est Pascal, cette semaine, si vous voyez ce que je veux dire...

Hosanna mes frères ! C’est pas Pâques pour rien, il y a des trucs incroyables qui se passent par chez nous et dont je m’en vais vous entretenir à l’instant.

12.15 Hors donc en ce temps, Philippe, Benoît et Alexandre se réunirent au pied de la grange.
12.17 Ils prirent le vin, le regardèrent, le servirent en de nombreuses coupes et le goûtèrent
12.19. Après l’avoir humé, mâché, craché, avalé pour le reste, ils prirent la parole à tour de rôle
12.20 Philippe, le patriarche sauvé des crues de la Meuse, leur annonça sa volonté de partager le breuvage avec un non initié.
12.21 Tous en cœur composèrent son numéro et le prièrent de se rendre, presque séance tenante au domaine sis au 1B rue du Chenoy à Emines. Ce qu’il fit sans tarder suivant pour cela sa bonne étoile.

Domaine du Chenoy
Domaine du Chenoy

Bon, je ne vais pas vous en faire des psaumes et des psaumes non plus comme ça, c’est dimanche, ok, nous sommes juste après Pâques, toujours d’accord, mais à la longue c’est usant à écrire, alors à lire je n’imagine même pas vos yeux larmoyants sur les pistolets.

C’est à une dégustation unique au monde que je vous convie, une première pour le domaine, pour moi, pour tout le monde en fait. Et une première où l’on voit l’évolution du travail et, surtout, des vignes au travers des vins. Une très belle découverte, qui vaut largement d’être relatée ici. Avant de commencer à lire mes libations, quelques infos utiles à votre compréhension. Le domaine fut crée de toute pièce en 2003 par Philippe Grafé, illustre bonhomme qui après avoir mis en bouteille toute sa vie les des autres s’est décidé à produire son jaja rien qu’à lui.

Bien entendu, pour ce doux iconoclaste, il n’était pas question de quitter son namurois natal, foin de Bourgogne ou autre Sud-Ouest, il n’était pas besoin pour lui d’aller planter ailleurs qu’en son terroir. Presque aussitôt dit, aussitôt fait. L’homme est cohérent, tant qu’a faire de planter ici, autant ne pas se lancer dans des vignes «françaises», donc, il va planter des «inter-spécifiques». Des variétés qui viennent de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche, issues de croisements de croisements, et qui ont comme particularité globale de mieux s’adapter à nos climats, de mieux résister a quelques maladies, par conséquent de moins consommer de produits chimiques que leurs cousines d’Outre Quievrain. C’est un rien plus compliqué comme exercice, car il faut aussi développer des choses qui n’existent pratiquement pas ailleurs dans le monde. Il faut être son propre référent, ce qui est parfois complexe comme situation. Les plantations de Cabertin, Régent, Pinotin, Rondo, Merzling et autre Solaris, sans oublier le Johanniter, le Broner et l’Hélios ont été entreprises. Les productions commencèrent dés la seconde, voir la troisième feuille. Nous ne sommes pas encore à la maturité des vignes actuellement, loin s’en faut, mais les progrès sont fulgurants et les enseignements que l’on a tiré de cette magnifique dégustation sont riches d’idées pour l’avenir.

Par exemple, autour de la table lors de ce mémorable moment, s’est posé la question des bouchages synthétiques des flacons. Alors que le domaine travaille au plus juste avec la nature, au plus près de ses mouvement en évitant, tant que faire se peut d’avoir recours aux traitements chimiques, l’usage d’une fermeture pas naturelle se justifie-t-elle? Dans les premiers âges du domaine, c’était un très bon moyen d’éviter les variations de qualité des stocks qui se vendaient lentement. Aujourd’hui, une petite vitesse de croisière semble se mettre en place et les stocks tournent suffisamment rapidement pour ne plus justifier cet usage.

Si on ajoute en plus le côté pas vraiment en phase avec les notions de développement durable de la chose, il n’y a pas photo. Pour les blancs qui doivent conserver leur fraîcheur, ça tombe sous le sens, mais pour les rouges qui évoluent autrement hop, le liège ce n’est pas forcément une mauvaise idée. Les questions plus techniques ayant trait à la filtration ou a d’autres joyeusetés qui font d’un vin ce qu’il est dans votre verre, ont aussi été mise en perspective sans tabous ni zones obscures. Il faut dire que Philippe Grafé du haut de ses septante-trois vendanges a eu l’extrême bon goût de s’entourer de deux jeunes gaillards qui, si on additionne leurs âges arrivent a peine au delà de la moitié du sien. Cela donne un détonnant mélange, d’un côté le patriarche iconoclaste et de l’autre les jeunes qui se posent et posent des questions. Dans les verres, vous le lirez in extenso la semaine prochaine, le résultat est plus que probant. Comme quoi, même en Wallonie il est possible d’évoluer, hein Bart ?


Pour plus d’informations, les prix, les points de ventes, les visites :
Rue du Chenoy, 1b 5080 Emines
 grafe.p@domaine-du-chenoy.com
0495 545744 et 081 746742

du lundi au samedi de 9 à 17 heures ( ou sur rendez-vous )

08:57 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Tags : belge, namur, belgique, boschman, vin, degustation, gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

01 avril 2010

Yves Mattagne quitterait le SAS Radisson

Reçu de notre ami Eric Clairbois, cette actualité gastro:

Après avoir, en compagnie d’un groupe d’actionnaires, racheté le restaurant Sea Grill au groupe Radisson, Yves Mattagne, chef doublement étoilé, a cédé aux appels du groupe Hilton International et a accepté de se prendre les rennes du restaurant situé au sommet de l’immeuble.

L’ex-Plein Ciel s’appellera désormais “En Pleine Mer”. On retrouvera là-bas la cuisine et la superbe carte des vins deux étoiles, ainsi que les éléments de décoration qui ont fait le succès que l’on sait rue Fossé aux Loups.

En effet, dans le rachat récent du fonds, sont compris les éléments de décoration. L’ouverture d'“En Pleine Mer” est prévue pour le courant du mois de mai.

Plus d’information et/ou photos:  Agence Calypso 0495 24 24 99

12:26 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |