16 septembre 2015

Uber-mensch

Les manifs de taxis qui protestent contre Uber, à Bruxelles comme à Paris, ne suscitent guère ma sympathie.

Je dois même me pincer quand j'entend les reportages assez complaisants qu'en font mes camarades de la télé. Ils ouvrent largement leur micros aux chauffeurs et à leurs représentants plus ou moins vociférants, mais pas tellement aux clients. Et pourtant, pas de taxis sans clients. 

Je peux comprendre l'irritation des taxis d'avoir dû payer de grosses licences pour pouvoir exercer leur profession, et de la voir péricliter. Mais le fait est que je les trouve beaucoup trop chers (peut-être parce qu'ils doivent rembourser leur licence?). Raison pour laquelle je ne prends plus le taxi depuis des années.

Alors non, je ne suis guère solidaire de leur rogne - rogne qu'ils devraient plutôt retourner contre les Pouvoirs Publics. Pourquoi n'exigent-ils pas plutôt que l'Etat leur rende leur argent? Pourquoi serait-ce à moi, à vous, de continuer à payer pour un système bancal et suranné?

Car interdire Uber - ou tout autre service de voiturage rendu possible par le développement des réseaux de communication mobiles, n'est-ce pas aller à l'encontre d'une évolution inéluctable?

Les agences de voyages vont-elles demander l'interdiction des centrales de réservation par internet pour cause de concurrence déloyale?

Les rédactions vont-elles sacrifier leurs ordinateurs pour pouvoir réembaucher des dactylos? Réinstaller des télex ou mieux, la corporation des vas-y-dire (les jeunes gens qu'on payait jadis pour aller porter un mot, à Paris).

Les fabricants de manivelles vont-ils exiger qu'on interdise les démarreurs électriques?

Va-t-on prohiber l'usage des enjambeurs, des tracteurs et des sécateurs électriques dans l'espoir de résorber le chômage des jeunes, en leur faisant goûter aux joies des travaux des champs?

Je ne suis pas un inconditionnel des technologies modernes, mais qui n'a pas envie d'en profiter pour gagner du temps, des efforts et de l'argent?

On jugera peut-être que je fais preuve d'un certain manque d'empathie. Mes lecteurs taxis seront sans doute déçus, mais qu'ils se mettent à ma place; combien parmi eux voudraient-ils payer plus cher leur magazine de vin? Combien, même, veulent-ils encore payer pour une information?

 

13:56 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

14 août 2015

Ceci n'est pas du Porto

Ce billet commence comme du Magritte: ceci n'est pas du Porto.

Non, c'est du Puerto. Puerto Galero, de la "marque" Marie Galante. En fait, une sous-marque de Colruyt, qui propose également du Blue Curaçao, du Rhum... et de l'Elixir de Bruges (dans un genre un peu moins exotique).

L'étiquette du Puerto Galero parle d'"apéritif sucré". 

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C'est vrai qu'à 2 euros et quelque, on ne peut quand même pas demander en plus la garantie de l'origine!

N'empêche, combien de consommateurs peuvent penser qu'ils ont affaire à un vrai Porto? D'autant qu'il est placé juste à côté des Portos sur l'étagère.

Rien d'illégal, bien sûr, Colruyt joue juste sur les mots. Puerto n'est pas déposé, sans doute même pas déposable vu le nombre de ports en zone hispanique!

Dommage, quand même, de la part d'une enseigne qui entend entretenir l'image d'un connaisseur en vin.

Au fait, pour ceux que ça intéresse, le galero est un chapeau de cardinal. Et je n'ai pas trouvé de port de ce nom.

Un Puerto Galera, si. C'est une ville des Philippines. Juste un peu en dehors de la DO Porto. Pas de chance!

00:15 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Portugal, Pour rire | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |