01 avril 2010

Yves Mattagne quitterait le SAS Radisson

Reçu de notre ami Eric Clairbois, cette actualité gastro:

Après avoir, en compagnie d’un groupe d’actionnaires, racheté le restaurant Sea Grill au groupe Radisson, Yves Mattagne, chef doublement étoilé, a cédé aux appels du groupe Hilton International et a accepté de se prendre les rennes du restaurant situé au sommet de l’immeuble.

L’ex-Plein Ciel s’appellera désormais “En Pleine Mer”. On retrouvera là-bas la cuisine et la superbe carte des vins deux étoiles, ainsi que les éléments de décoration qui ont fait le succès que l’on sait rue Fossé aux Loups.

En effet, dans le rachat récent du fonds, sont compris les éléments de décoration. L’ouverture d'“En Pleine Mer” est prévue pour le courant du mois de mai.

Plus d’information et/ou photos:  Agence Calypso 0495 24 24 99

12:26 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

25 février 2010

Quand la télévision belge parle des vins nature

Le 27 décembre dernier, avec mon ami Louis Havaux, j'adressais à la télévision belge, au nom de la FIJEV, une lettre au sujet d'une émission consacrée au vin nature. Emission qui nous paraissait souffrir à la fois d'un manque d'objectivité et d'un manque de fond.

J'espérait naïvement une réaction pratique. Je n'ai eu droit qu'à un petit message me signalant qu'on allait s'informer. Deux mois plus tard, aucune justification, aucun regret, aucune mesure concrète.

Au nom du droit à l'information, je me sens donc libre de diffuser cette lettre. Je n'en attends plus grand chose, si ce n'est de vous prendre à témoin, chers amis lecteurs. Vos réactions m'intéressent.

 

A Monsieur Marc Bouvier

Chef de Rédaction de l’Info Quotidienne

RTBF Télévision

 

Cher Monsieur le Chef de Rédaction, cher Confrère,

 

Le reportage diffusé ce samedi 26 décembre lors du journal de 13 heures de la RTBF, au sujet des vins nature, a retenu toute notre attention.

Il met l’accent sur une  voie nouvelle dans le monde du vin, ce qui est positif.

Il contient cependant trop d’inexactitudes et d’amalgames pour ne pas exiger une réaction.

A entendre les personnes que vos journalistes ont interviewées (sans doute de bonne foi), et à lire les textes mis en surimpression, et qui se veulent explicatifs, un consommateur moyen conclut que seuls les vignerons « nature» n’utilisent ni soufre, ni sucre, ni levures. Ce qui est inexact. Rétablissons les faits.

- L’ajout de sucre (que l’on appelle chaptalisation) se pratique pour augmenter le degré d’alcool. Un grand nombre de vignerons qui ne se revendiquent pas du vin nature ne recourent pas à cette chaptalisation. A terme, compte tenu du réchauffement climatique, qui aboutit à des vins «naturellement» forts en alcool, la chaptalisation est d’ailleurs appelée à perdre de l’importance.

- Le refus de l’ajout de levures sélectionnées en laboratoire n’est pas plus l’apanage des vins nature. Beaucoup de grands vignerons préfèrent utiliser les levures naturelles de leur cave, quitte à voir leurs fermentations démarrer plus lentement, et à devoir les contrôler de plus près, car ils sont conscients des risques de standardisation  du goût que présentent  les levures de laboratoire.

- En ce qui concerne plus spécifiquement l’absence d’ajout de soufre, il est à noter que les vignerons «nature» acceptent un faible ajout de soufre, dont ils se passent cependant lorsque les conditions de la récolte sont optimales. Et rappelons que contrairement à ce qui est soutenu par un de vos interviewés, le soufrage des barriques n’est pas un héritage du tout chimique et du productivisme des années 1960-70: il a été inventé au 17ème siècle par les marchands hollandais, et a toujours été pratiqué depuis, pour éviter que les vins ne s’oxydent et ne prennent de faux goûts. Ce que l’on peut réprouver, œnologiquement, c’est l’excès de soufre, pas le soufrage en lui-même. Rappelons aussi que «nature» ou non, le vin contient toujours du soufre, à très faible dose, il est vrai: celui-ci est issu de la fermentation naturelle du raisin.

 Enfin, dans le reportage, un de vos intervenants émet l’avis (discutable) selon lequel les vins naturels sont les plus proches du terroir.

C’est parfois vrai, parfois pas. Dégustateurs professionnels, nous avons pu observer à plusieurs reprises que certains vins naturels, faute d’hygiène dans la cave, ou de maîtrise de la vinification, présentent les mêmes notes de pomme blette qu’ils viennent d’Alsace ou de Loire, du Jura ou de Provence ; au point qu’on ne reconnaît plus ni le terroir, ni le cépage. On est donc en droit de se demander s’il ne s’agit pas là d’une nouvelle forme (involontaire) de standardisation par le défaut, par la déviation des arômes.

En résumé, pour séduisant que puisse être le concept de vin nature (et certains vignerons qui s’en réclament élaborent effectivement des merveilles), on ne peut opposer, comme l’a fait votre reportage, les bons vins nature d’un côté, et tous les autres dans la même grande cuve. On comprend que les partisans des vins nature soient motivés et convaincus, il ne faudrait pas qu’ils en deviennent sectaires, et que leur force de conviction balaie toute critique journalistique.

Votre reportage manquait d’objectivité; il n’y avait pas de contrepoint aux affirmations  de vos interviewés. Un œnologue aurait pu, aurait dû  apporter cet éclairage.

Cette lacune est d’autant plus dommage que tous les amoureux du vin salueront l’intérêt qu’une grande chaine généraliste porte au vin,  en lui consacrant un sujet à une heure de grande écoute.

Nous ne doutons pas que vous aurez à cœur de réparer cette lacune.

Dans cette attente, nous vous adressons, cher M. Bouvier, nos salutations confraternelles,

 

Hervé Lalau, Secrétaire Général

Louis Havaux, Président d’honneur

Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vin (FIJEV)

 

10:07 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |