17 janvier 2011

Un avant-goût de Robertson...

"The Ruins Pinotage 2008"

Les Ruines? Drôle de nom pour un vin! C'est pourtant celui qu'a choisi le domaine Bon Cap, à Robertson, pour ses cuvées de jeunes vignes. Allusion à une vieille bâtisse sur la propriété.

Robertson, pour ceux qui s'intéressent à autre chose qu'aux terroirs hexagonaux, c’est l’appellation qui borde Overberg au Nord, Worcester à l’Est et Klein Karoo à l’Ouest.  Du Cap et de Stellenbosch, vous prennez plein Est, vous passez le Drakenberg, et vous demandez aux autochtones. Pas ceux qui portent des plumes, ce sont des autruches  (on en élève beaucoup par ici). On appelle aussi Robertson «la vallée des vignes et des roses». C'est très joli. Il y a aussi des géraniums. Côté sols, c'est plutôt sableux, argileux et terra rossa.

Naguère surtout réputée pour ses vins fortifiés (longtemps désignés sous le nom de... Porto) et ses vins bon marché, la région est en train de se faire un nom pour ses rouges, notamment à base de syrah. Il faut dire que le climat est assez chaud, voire semi-désertique, bien que les vents humides du sud-ouest le tempèrent un peu.

Originalité du Domaine Bon Cap: il s’agit de vignes exploitées en agriculture biologique.

The Ruins Pinotage.jpgThe Ruins

 

Bon, me direz-vous, et le vin en question? Et bien, je ne suis pas un inconditionnel du pinotage, qui, à mon humble avis, cumule souvent les pires défauts de ses deux parents, le pinot noir et le cinsault (alias ermitage, chez les Springboks). Imaginez que le goût de foxé ne soit pas à la dimension du renard, comme son nom l'indique, mais de l'éléphant d'Afrique. Et plus fort encore, imaginez que l'éléphant en question se mette du vernis à ongles, et mange des bananes plus que mûres. Vous avez l'idée générale.

Mais rien de tout cela ici, l'éléphant est resté dans sa réserve, et c'est mieux pour le vin: tout le fruit frais du pinot déboule au nez, (cerise noire, cassis, mûre, etc...), tandis que le côté gourmand et les épices du cinsault le suivent en bouche. Assez bonne acidité, un petit côté fumé, du moka, du noyau de prune et une texture soyeuse. C'est mûr, mais pas brûlant, il y a de la vivacité dans ce vin.

Nous sommes sous un climat proche du  climat méditerranéen, ce qui explique les 14° au compteur, mais le vin trouve son équilibre. "Ben oui, évidemment", diraient mes amis Luc et Marc, "le degré ne fait rien à l'affaire..."

Déjà bien ouvert aujourd'hui, je lui prédis cependant un bel avenir (5 ans au moins). Servez-le un peu rafraîchi, sur une bonne viande braisée ou un barbecue - un braai, comme on dit là-bas...

Pour moi, voila en tout cas une belle révision: l'Afrique du Sud, j'y serai dimanche et pour une semaine. Je passerai par Robertson, et je vous en donnerai des nouvelles.

Disponible en Belgique chez Sequoia. Capsule à vis.

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Afrique du Sud, Belgique | Tags : vin, vignoble, pinotage, afrique du sud, robertson | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

07 janvier 2011

2011 selon l'ami Boschman

Eric Boschman nous adresse ses voeux et ses envies pour 2011 - nous parlons de cuisine et de vin, bien sûr, car pour le reste, c'est carré blanc...

Ben oui, j’ai des envies moi pour l’année qui vient de naître, autant les partager avec vous hein, tant qu’à faire!

Le cadre : si les entrepreneurs pouvaient comprendre que le meilleur concept lorsque l’on ouvre un restaurant c’est que ce soit bon. Le reste on s’en tape un peu, oui, je l’avoue, quand c’est joli c’est nettement mieux, mais personne ne va à table pour manger les rideaux ou juste mater les fortes poitrines des étudiantes à piercing.

L’accueil : et si, en cette époque où le service tend à disparaître dans les très grands restaurants à la mode, puisque ce sont les cuisiniers qui viennent directement porter leurs assiettes à table, les quelques serveurs et héritiers de ce bon vieux Loufiat, se souvenaient qu’ils sont là parce qu’ils l’ont choisi ? Au lieu de recevoir les gens d’un coup de menton comme cela arrive trop souvent, ou de taper les assiettes sur les tables sans aucun don de soi, il y avait juste une petite lueur qui indique l’envie ? Allez, rêvons qu’en 2011 partout les serveurs auront le sourire.

Boschman.jpgLe maître fait le pitre, mais ne vous y fiez pas...

Les cartes: et si en 2011 on arrêtait de nous gonfler avec les termes genre "local", "original", "de saison"? Parce qu’au rythme où c’est parti, on va nous resservir le coup de la convivialité ou, pire encore, l’idée du «Produit» avec le chef en veste blanche qui va faire son marché à l’aube. Et puis, si on est cohérent avec cette idée locale, va falloir arrêter au moins le thé et le café. Vive le retour de la chicorée !

Les vins: en 11 les vins seront tarifés à un juste prix. Tranquille, peinard. Pas de coefficients délirants, plus de matraquage sur des vins qui s’achètent en moyenne entre 3 et 5 euros et se vendent entre 25 et 30 au minimum.

Est-ce cher? La restauration est un métier difficile, ce n’est pas en regardant quelques pauvres bougres faire les chiens savants devant quelques caméras et des jurés indigents que l’on devient cuisinier. Les gamins qui veulent devenir top chef doivent savoir qu’en cuisine, c’est comme chez les Messies, beaucoup d’appelés pour peu d’élus…

Faut-il y aller? Quelle bête question, un restaurant, même pas terrible, c’est quand même souvent mieux qu’un plat préparé sortant du micro-ondes!

Eric Boschman

Ndlr: Eric, juste un souhait de ma part: moins d'additifs, de conservateurs, de glutamates... J'ai des allergies.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |