25 janvier 2012

As de Jabastas 2009

Parlons peu, parlons vin, parlons Bordeaux.

J'ai déjà évoqué dans ces Chroniques ce château des bords de la Dordogne, Belle au Bois Dormant du Libournais joliment réveillée par un importateur belge, Alain Vercouter (Bleuzé Wines). Pas Carabas, non, Jabastas!

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Le château de Jabastas, dans son écrin de vignes, aux bords de la Dordogne...

L'an dernier, j'avais commenté le blanc et rosé, qui venaient de sortir. Mon complice Marc Vanhellemont, lui, a goûté l'As de Jabastas 2009, l'une des grandes cuvées de rouge du domaine. Voici ses notes:

"Carmin violacé, il coule comme un noble sang dans le hanap et fascine l’auditoire par l’éclat sombre de ses prunelles. Joueur né, il connaît ses atouts. Des gelées de fruits un rien mentholées, un effluve de cuir marqué d’une once de tabac, une fève grillée de cacao, un bouquet serré lié d’un trait de réglisse, garantissent son jeu. Il l’abat sur le tapis tannique aux grains soyeux, manie les couleurs pour nous mettre l’eau à la bouche, retourne dans un geste ample ses figures florales, puis altier, fait montre de générosité en coupant son cœur fruité. Un jus élégant en jaillit, teinté d’épices. Le voilà bien nommé, cet as de la libéralité".

Marc Vanhellemont

L’As se compose de 80% de Merlot, 15% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Les raisins passent par une macération pelliculaire qui assure une meilleure extraction de la couleur et des arômes. Il est élevé durant 15 mois en barriques.

15:29 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bordeaux | Tags : jabastas | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

24 janvier 2012

20 ans d'in Vino Veritas

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, un peu de pub gratuite pour quelque chose qui me tient à coeur, mais pour laquelle je ne peux prétendre à aucune objectivité, puisque j'en suis un des acteurs.

En 1992, une poignée de passionnés, journalistes, sommeliers, oenophiles de tout poil, se regroupaient autant d’un fou de vin, Philippe Stuyck, pour créer un nouveau «support» et surtout, un nouveau ton pour aborder le vin.

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"Communiquer ma passion": un beau programme toujours d'actualité

150 numéros et quelques dizaine de milliers de pages plus tard, In Vino Veritas est toujours là pour dire sa vérité.  Plus important encore, ces vingt ans coïncident avec une évolution sans précédent, sans doute, dans le secteur du vin. Une évolution qu’In Vino Veritas a accompagnée, et souvent, précédée.

En 1992, le marché belge du vin était encore essentiellement français (à plus de 70%) -on parlait même de vins étrangers, pour désigner les autres provenances.

En 1992, aucun support dit sérieux n’aurait osé remettre en causse les grands crus classés, les appellations de prestige, les icones du vin.

En 1992, les vins boisés, bodybuildés, parkerisés, faisaient la loi dans bon nombre de dégustations, dans les medias dits importants.

En 1992, on trouvait encore de vrais mauvais vins, des vins à défauts, des vins techniquement mal vinifiés.

En 1992, les vins de l’agriculture biologique faisaient sourire, sans parler de la biodynamie, qui paraissait à beaucoup une sorte de secte.

En 1992, pourtant, IVV parlait déjà des vins Sud-Africains, Australiens, Chiliens, de toutes origines, dégustations à l’appui.

IVV interviewait Nicolas Joly, chantre de la biodynamie, ou Jean-Michel Deiss, chantre de l’expression du terroir.

IVV ne se prenait pas au sérieux, mais faisait déjà les choses sérieusement.

Aujourd’hui, près de la moitié des vins consommés en Belgique viennent d’ailleurs que de France. Les vins bio ne font plus sourire personne. La mode du boisé est retombée.

Les vins à défauts techniques sont de plus en plus rares. Mais les vins vraiment intéressants ne sont guère plus nombreux qu’en 1992, en définitive.

Pour une revue iconoclaste comme la nôtre, il y a toujours des moulins à combattre. Nous continuerons donc sur notre lancée, à douter de beaucoup de choses et à nous passionner pour tout.

Magazine indépendant, sans gros moyens, mais aussi sans compromission, IVV a trouvé sa place dans le paysage de la presse vineuse. A raison de 6 numéros par an, il offre à ses quelque 12.000 lecteurs francophones et néerlandophones sur le panorama du vin une vue dégagée des contingences mercantiles ; des articles variés, souvent engagés.

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Grâce aux nouvelles technologies, son blog, ses newsletters, IVV est aussi aujourd’hui une source d’informations pour les œnophiles comme pour les professionnels.

Vous noterez enfin qu'IVV a été la première revue du secteur à proposer un abonnement sous forme numérique, qui permet de lire son magazine sur son ordi, sur sa tablette, voire son téléphone – le combat pour une terre plus propre, c’est aussi moins de papier gâché.

IVV, 20 years, still alive… and kicking !

 

00:47 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |