29 février 2012

La Bourgogne de retour en Belgique

Bon, elle n'était jamais vraiment partie, on a toujours trouvé de beaux Bourgognes dans les caves du petit royaume, mais force est de constater que la Bourgogne institutionnelle, comprenez le BIVB, n'était pas souvent à Bruxelles, ces dernières années.

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Vignoble de Bourgogne

L'oubli est maintenant réparé, la Belgique - 3 ème marché de la région à l'exportation - fait bel et bien partie des priorité de la communication bourguignonne, qui va y exporter un concept jusqu'ici réservé à la France, les Rendez-vous avec les Bourgognes (RAB, pour les intimes).

La première manifestation de cette sollicitude fut un beau déjeuner de presse organisé au Chalet de la Forêt, à Bruxelles, hier midi, et auquel j'ai eu la chance d'assister - oui, j'ai encore sur les papilles le goût bien minéral du superbe Chablis Les Vaillons 2009 de Jean Collet sur les Saint Jacques Poelées, je vous remercie... Le Pouilly Vinzelles Les Longeays 2009 du Domaine Thibert m'a également emballé, dans un style un peu plus enrobé...

Côté rouges, le Mazoyère-Chambertin 2008 de Taupenot-Merme était parfait, profond, plein de fruit, fin en bouche, un régal sur le Jarret de veau de lait de Corrèze. Vous voyez, ce n'est  peut-être pas tous les jours dimanche, mais il y a de beaux mardis.

Affiche-exposition-les-climats-de-Bourgogne.jpgLes Climats de Bourgogne, bientôt patrimoine de l'humanité?

En la poire et le fromage, Jean Michel Aubinel et Cécile Mathiaud, en charge de la communication du BIVB, ont annoncé le programme des réjouissances de ces fameuses Rencontres avec les Bourgognes à la sauce belge. Elle se dérouleront tout au long des mois d’avril, de mai et de juin 2012.

Toutes les actions seront annoncées et coordonnées via une plateforme Internet spécialement mise en place mi-mars: www.rencontresaveclesbourgognes.be.

Toutes les informations concernant les différentes dates et lieux d’événements y seront communiquées aux consommateurs.

Du 1er avril au 30 juin, ce site accueillera également un jeu concours (sans obligation d’achat): s’ils trouvent les bonnes réponses à deux questions sur le vignoble et à une question subsidiaire, les consommateurs pourront gagner un séjour de 3 jours en Bourgogne suite à un tirage au sort. L’action sera bien entendu relayée par des opérations dans les médias.

La visibilité de l’ensemble sera assurée au travers de matériel de PLV dans la distribution et chez les cavistes, ainsi que via des partenariats avec la restauration; en mai une cinquantaine de restaurants seront les ambassadeurs de l’opération, au travers du site www.resto.be.

On n’aura jamais autant parlé du vin de Bourgogne en Belgique que les mois qui viennent!

PS. Le projet de classement par l'Unesco des Climats de Bourgogne  (enfin, la Côte de Nuits et la Côte de Beaune) est sur les rails, la France en a fait un de ses candidats officiels pour 2013 et le BIVB fest raisonnablement optimiste sur son issue. A quoi ça aurait servi que les moines se décarcassent, sinon...

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Bourgogne | Tags : vin, vignoble, bourgogne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 février 2012

Les "Printemps Arabes", le vin... et plein d'autres choses

L'arrivée au pouvoir de partis islamistes dans les pays du Maghreb - en Tunisie, au Maroc et peut-être bientôt en Algérie - pourrait-elle menacer la production viticole de ces pays, et donc leur exportation?

C'est une des nombreuses questions que l'on se pose, un an après ce qu'il est convenu d'appeler les Printemps Arabes. Si je la pose ici, c'est que ce blog traite de vin. Mais il y a tellement plus à dire! Et même si cela sort de ma sphère de compétence, vous comprendrez, j'espère, mon intérêt de Français pour des pays qui partagent non seulement une histoire commune avec le mien, mais plus important, je crois, un avenir.

Hier soir, justement, se tenait dans l'enceinte de l'Université Catholique de Louvain (bel exemple de l'acception grecque de catholique, à savoir "universel") un colloque intiltulé "Les Révolutions du Printemps Arabe: un premier bilan, un an après". Organisé par les étudiants de l'Arabikap, il réunissait les ambassadeurs des trois pays cités, MM. Amar Bendjama (Algérie), Farhat Ridha (Tunisie) et Samir Addhare (Maroc), ainsi que le Professeur Erwan Lannon, du Collège de l'Europe, le professeur Vincent Legrand, de l'UCL, et le représentant du Ministère belge des Affaires Etrangères, François de Kerchove.

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A l'UCL, hier, avec l'Arabikap

Ces personnalités de premier plan et très bien informées ont insisté sur le caractère spontané et social des mouvements révolutionnaires, sur les différences d'approche dans les trois pays, mais aussi, sur la grande soif de liberté de leurs peuples.

Cette soif, selon eux, n'est pas synonyme de radicalité, mais d'impatience. Il faut rapidement la traduire en termes politiques.  Les attentes économiques, politiques, et sociales, sont grandes, mais pas toujours concrètes ni objectivables. Parmi les problèmes les plus urgents à régler, il y a la corruption, et les partis islamiques, qui bénéficient dans ces pays d'une certaine image de virginité, pour n'avoir jamais été aux affaires - sauf en Algérie, partiellement - font figure de recours.

Mais ils ne sont pas seuls au pouvoir, et pour prendre l'exemple tunisien, la récession économique constatée depuis la Révolution du Jasmin ne devrait pas les inciter à priver le pays d'une source d'emploi et de devises importantes comme la viticulture, mais plutôt, à tout faire pour remettre l'économie sur les rails, et au premier chef, le tourisme.

Cela passe évidement par le rétablissement de l'image de "pays ami", de pays ouvert que la Tunisie avait su se construire. Idem au Maroc, où de nombreux Européens se sont installés, qui apportent beaucoup à l'économie.

La réaction de l'Europe sera également déterminante: respecter le résultat des urnes, dialoguer avec ceux que les Tunisiens et les Marocains ont désignés, c'est la meilleure façon pour les Européens de précher pour la démocratie par l'exemple. Plutôt que d'ostraciser, de stigmatiser, il faut parler, convaincre, échanger et commercer. La rue arabe ne comprendrait pas, en effet, que l'on traite plus durement, notamment dans les relations économiques, la démocratie d'aujourd'hui que la dictature passée.

Par ailleurs, j'ai noté dans la bouche de l'Ambassadeur de Tunisie un autre élément encourageant: les événements récents ont relancé le processus de rapprochement des économies de la région au sein de l'Union du Maghreb Arabe, une communauté économique dont l'idée est dans l'air depuis les années 70, mais que les dictateurs se sont bien gardés de faire avancer. Cette idée est pourtant on ne peut plus d'actualité: le coût de la non-intégration maghrébine est de l'ordre de deux points de croissance par an...

J'en saurai plus dans quelques jours à Paris, où j'en parlerai avec le directeur des Caves de Carthage, mon ami Belgacem D'Khili.

17:27 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Europe, France, Maroc, Tunisie | Tags : vin, printemps arabe, révolution | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |