31 mai 2012

Les effervescents toujours en hausse en Belgique

Dans sa dernière étude sur le marché belge, France Agrimer s'est notamment intéressée au segment des effervescents.

Il en ressort que ces produits connaissent depuis 5 ans une progression notable (encore +5% en 2011, en volume comme en valeur). 

Cette progression est essentiellement le fait des cavas espagnols, qui représentent aujourd'hui les 2/3 du marché, ayant multiplié leur ventes par trois depuis 2006.

Malgré une progression de 12%, sur la même période, les Champagnes, quant à eux, ont perdu des parts de marché. Ils étaient la référence absolue de la bulle en Belgique jusqu'au tournant du millénaire, ils ne représentent plkus aujourd'hui que 11% des ventes en volume (contre 19% en 2006).

Les autres effervescents français (Crémants, Mousseux, Pétillants) ont également vu leur part de marché se contracter de 37 à 18%.

Quant aux effervescents des autres pays (essentiellement Luxembourg et Italie), ils sont stables à 4% du marché.

Sur la seule année 2011, la comparaison entre Cava, Champagne et autres effervescents français est édifiante.

Le champagne a baissé de 7% en volume et de 2% en valeur sur l'année, les effervescents français de 21% en volume et de 22% en valeurs. Tandis que le Cava a fait un nouveau bond de 22% en volume et de 30% en valeur.

Ce phénomène Cava est plus important en Flandre, où les bulles espagnoles s'adjugent 66% des ventes en volume, qu'en zone francophone, où elles ne représentent encore que 21% des ventes.

Mais la progression est maintenant perceptible dans toutes les régions du pays, et l'on voit apparaître, au côté des Cavas de premier prix, des cuvées plus haut de gamme, ce qui semble indiquer que le développement du Cava va durer.

Le plus remarquable, dans cette progression que rien ne semble devoir arrêter, c'est qu'elle s'est faite presque dans le silence: pas de campagne de pub, pas de grands articles dans les magazines; c'est la simple présence des Cavas dans les lieux stratégiques de la consommation des jeunes flamands, au départ, à savoir les boîtes et les restaurants branchés, qui a fait le déclic. Puis le succès s'est étendu.

La marque n'a pas été l'élément déterminant, le consommateur demande un "Cavaatje", un petit verre de Cava, pas un Cordorniu ou un Freixenet (même s'il s'en vend aussi); et les supermarchés, qui ont rejoint le mouvement,  animent le marché avec des promos importantes sur des marques propres. Le discount est la règle, et il semble que les effervescents français ne sont pas en mesure de descendre aussi bas que les Cavas de premier prix.

La question est plutôt de savoir s'il vont pouvoir conserver leur place au milieu de la gamme des prix, si les distributeurs se mettent à proposer des Cavas plus qualitatifs, dans la zone des 8-10 euros.

Avançant en ordre dispersé, les Crémants (de Limoux, de Loire, d'Alsace, de Bourgogne, de Bordeaux) et sans l'effet marque des grands Champagnes (Sieur d'Arques et Jaillance sont les exceptions qui confirment la règle), pourraient finir par manquer de visibilité. D'autant qu'un autre concurrent piaffe à l'horizon: le Prosecco.

 

 

00:02 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Espagne, France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

27 mai 2012

Spécialité: journaliste en vin

Je ne connais pas Filip Verheyden, mais j'ai entendu parler de lui (et en bien, à propos de son magazine Tong, dont on m'assure qu'il renouvelle le genre).

Par contre, vu, ce qu'il écrit sur, ma "corporation", les journalistes du vin, je ne suis pas sûr qu'on va vraiment sympathiser.

"TONG does not work with journalists – unless they are specialists in their fields of work. Specialists only write about their specialty, wine writers write to order…making them the antipode of a specialist".

Les journalistes du vin en général seraient donc des mercenaires de la plume et du crachoir, qui pissent la copie sur commande et ne connaissent rien à fond.

Je réfute l'accusation, dans ce qu'elle a d'outrancier, de généralisateur. Et même, je pose la question: le journalisme vineux n'est-il pas une spécialité à part entière? Osons une comparaison avec la médecine: la médecine généraliste est aujourd'hui enseignée comme une spécialité, au même titre que la chirurgie, la radiologie, la cardiologie, la gynécologie...

Libre à M. Verheyden de faire travailler qui il veut, mais je me permets de faire remarquer que les "spécialistes" qu'il utilise (oenologues, sommeliers, MW's, professeurs, responsables d'interprofessions, etc...) ne savent pas forcément bien faire passer leurs connaissances auprès du public. Et quant à leur indépendance, je ne ferai pas de procès d'intention, mais elle me ne me semble pas mieux garantie que la nôtre - ne vivent-ils pas de commandes, eux-aussi?

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Vins de tous pays | Tags : journalisme | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |