21 février 2009

Un élu du Beaujolais et le projet de loi "Santé"

Lu sous la plume de Julien Verchère, du "Patriote Beaujolais", cet article qui répond partiellement à mes interrogations de mardi dernier (voir mon post "Hôpital, Santé, ect...)

"Se posant en défenseur du Beaujolais, le député-maire Bernard Perrut a déjà bataillé en commission des affaires sociales pour que la loi ne signe pas l'arrêt de mort d'une filière viti-vinicole déjà secouée par la crise. "Un article de la loi interdit l'offre gratuite et la vente au forfait afin de lutter légitimement contre les open-bar et par conséquent les consommations excessives et dangereuses dans les soirées étudiantes. Mais la mesure, si elle n'est pas modifiée, s'appliquera aux salons, aux foires viticoles, aux dégustations dans les caveaux, ce qui n'est pas admissible", estime le député du Rhône, qui est donc parvenu à faire adopter un amendement en commission des affaires sociales. "Cela permettra de préserver les activités du monde viticole, mais aussi les menus vins compris, les circuits œnotouristiques...", cite M. Perrut.

 

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Bernard Perrut



Faut-il encore que la ministre de la santé suive les deux co-auteurs de l'amendement, Bernard Perrut ayant été rejoint dans sa démarche par Jean-Marie Rolland, élu bourguignon...
La publicité des vins sur internet fera également partie des débats. Là encore, les viticulteurs ont beaucoup à perdre. Certes, la ministre de la Santé s'est montrée plutôt rassurante concernant le contenu du texte destiné à combler bientôt le vide juridique que laisse la loi Evin, votée alors qu'internet n'existait pas encore. Elle avait ainsi déclaré en octobre dernier qu'elle "ne s'opposerait pas lors de l'examen de loi HPST à un amendement parlementaire qui actualide la loi Evin en autorisant la publicité sur internet. Mais à la condition de prévoir des gardes-fous."
Du côté des organismes viticoles beaujolais, on se montre plutôt confiant dans l'attente des débats à l'Assemblée nationale, à l'instar de Dominique Capart, président d'Inter Beaujolais. "Il existe des signes positifs pour une évolution du texte dans un sens moins prohibitif. Nous nous sommes mobilisés, l'ensemble de la filière, pour peser dans ce débat. Nous sommes d'accord pour dire qu'il faut faire des efforts en matière d'informations sur la consommation d'alcool. Inter Beaujolais a d'ailleurs lancé récemment une campagne sur la modération", illustre M. Capart. "Je pense que l'essentiel sera sauvé à la fin de l'examen de cette loi."
Mercredi après-midi, Bernard Perrut est à nouveau intervenu en séance pour défendre la filière viticole. Mais le combat est encore loin d'être terminé."


Julien Verchère
jverchere@lepatriote.com

 

Je réitère cependant ma remarque: les ténors de l'Assemblée ne sont pas montés au créneau, tout cela reste très feutré. Sans faire injure à  M. Perrut, il ne passe pas souvent sur TF1 aux heures de grandes écoute.  Or c'est justement de médiatisation que ce débat à besoin, il faut prendre à témoin les Français de ce que les pouvoirs publics manigancent.

12:34 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 février 2009

En Biojolais

Ce blog, c'est l'occasion de belles rencontres. Et de belles dégustations, aussi.

Isabelle Perraud, vigneronne en Beaujolais - j'allais écrire, en "Biojolais" - a un esprit sain et une plume acérée, et j'ai eu l'occasion de vous faire partager quelques unes de ses justes indignations. La vie de vigneron n'est pas toujours facile en France, ces temps-ci; alors vous pensez, à Vauxrenard, en bio, sans soufre, dans une région qui pense d'abord en termes de volume...

 

panneau

Tous les chemins mènent à Vauxrenard

 

Mais avant d'être blogueuse, Isabelle est d'abord productrice, et elle a eu la gentillesse de me faire parvenir deux de ses vins. Je me suis donc attelé à la tâche - pas désagréable - de les déguster. Je précise que n'étant pas un inconditionnel des vins naturels, j'ai affuté spécialement mes papilles pour l'exercice (échauffement des lèvres, étirements de la langue, hyperventilation, etc...).

J'ai commencé par le blanc: le "Chardonnay des Molières" (sans année, serait-ce un vin de table, faute d'agrément?). Très joli nez camomille, citronnelle et fruits secs avec, par dessus le marché, quelques notes de marc ou de cognac; en bouche, c'est l'acidité qui domine; la finale, sur la pomme un peu blète, me gêne. J'avoue avoir eu un peu de difficultés à apprivoiser cette bouche. D'autant qu'à l'aération, si le vin s'ouvre, c'est plutôt sur des notes d'oxydation. Pas vraiment ma tasse de thé. Ou bien c'est moi qui suis "passé à côté".

Le rouge - un Moulin à Vent 2007 - c'est une toute autre affaire. J'ai adoré ce vin. Un nez séduisant - violette, garriguette, cassis - mais surtout très pur. Pas de ces Moulins-à-Vent qui pinotent dans la vulgarité, non, un grand seigneur. La bouche, elle, est un très bel équilibre entre soyeux et fluidité, entre tension et séduction. Et longue avec ça, la finale ramenant les petits fruits et un je ne sais quoi d'acidulé, de roche après la pluie, de ces choses difficiles à décrire qui tiennent au coeur du vin. Et 11,5° d'alcool seulement, ça repose en ces temps de réchauffement.

Isabelle Perraud a écrit un jour qu'un vin doit avoir le caractère de son terroir, mais aussi de son auteur. Alors Isabelle, si j'en juge par ce Moulin, vous êtes une sacrée bonne femme; pleine de charme, de personnalité, à la fois vive et élégante, naturelle et très classe. Mes amitiés à votre mari, la Saint Valentin, c'est demain !

 

Infos/commandes: Domaine des Côtes de la Molière, 0033 4 74 69 92 32

07:03 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |