20 avril 2009

De grands Beaujolais au bord du Léman

Au salon Arvinis, qui se tient du 22 au 27 avril à Morges, près de Lausanne, on trouvera non seulement des vins vaudois et suisses, mais aussi, cette année, une belle brochette de Beaujolais de terroir, ceux de l'association 'Expressions d'Orginie". Ses quinze membres, emménés par leur dynamique président Dominique Piron, seront au bord du Léman pour faire entendre la bonne parole.. et le bon goût du Beaujolals.

Parmi eux, Marcel Lapierre, le Château de La Chaize (famille Roussy de Sales), le Domaine du Vissoux, le Domaine des Terres Dorées, Michel Chignard, Jean Foillard, le Clos de Haute Combe et le Château Thivin.

Je serai à Morges à partir de vendredi et vous rendrai compte.

 

 

Piron

Dominique Piron

Plus d'info: dominiquepiron@domaines-piron.fr

06:20 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

24 mars 2009

Interbeaujolais est à côté de la plaque

Au détour de l'excellente revue de presse de nos confrères de Vitisphère, je viens de lire une édifiante déclaration d'Interbeaujolais à propos des condamnations des sur-chaptaliseurs du Beaujolais. Ceux-là même dont j'ai eu l'honneur de vous entretenir en détail il y a quelques semaines dans ces mêmes colonnes.

Interbeaujolais y regrette que les vignerons sucreurs aient été plus lourdement condamnés que les supermarchés auprès desquels ils s'approvisionnaient (par palettes, précisons-le). Il les compare même à de pauvres toxicos victimes de méchants dealeurs.

Interbeaujolais est à côté de la pla que.

Le sucre est en vente libre, pas le cannabis (au moins en France). Ce qui est interdit, c'est d'en ajouter dans les cuves sans déclaration préalable aux douanes et à la répression des fraudes. Vu les quantités, et vu la volonté délibérée d'échapper à tout contrôle (les achats s'effectuaient sans facture), le Tribunal n'a pu que constater l'étendue de la fraude, et s'en prendre aux véritables responsables, vignerons et coopératives. "A qui profite le crime,", comme on dit dans la police...

Etait-ce aux supermarchés de vérifier l'utilisation que faisaient leurs clients du sucre qu'ils leur vendaient? Devaient-ils les dénoncer? Sont-ils devenus les auxiliaires des douanes?

Je n'ai toujours pas encaissé que l'interprofession ne se soit pas portée partie civile à ce procès, ne serait-ce que pour donner le signe de la fin de la récréation, ou mieux, le signe d'un retour à un encadrement de la production. Car quoi, ces Beaujolais sucrés, ils ont été agréés, on en a vendu, et on en a acheté. A quoi sert l'agrément? A vérifier la pureté du saccharose? Les degrés et les rendements obtenus, dans les années froides dont il est question, n'ont étonné personne?

Les mauvais vignerons sont seuls responsables des dégâts qu'ils ont fait à l'image de la région, au bien commun qu'est l'AOC.

Nous parler aujourd'hui de cas sociaux, nous émouvoir avec des entreprises en quasi-faillite, c'est oublier que le consommateur a été la première victime de la supercherie, et que d'autres vignerons honnêtes, eux, ont dû subir la concurrence de produits frelatés. Ils ont vendu leur Beaujolais au prix du raisin, quand les fraudeurs pouvaient le vendre au prix du sucre. Peut-être même certains de ces honnêtes vignerons ont-ils dû mettre la clef sous la porte.

Quoi qu'il en soit, l'AOC n'est pas là pour régler des cas sociaux, elle est là pour garantir un minimum de bonnes pratiques, à défaut d'une qualité finale. En défendant les malhonnêtes, même un tant soit peu, elle fait du tort aux vignerons respecteux des règles et épris d'une certaine qualité. Elle cautionne le nivellement par le bas. Si c'est sa conception de la solidarité vigneronne, cette conception est erronée. Et ce n'est plus ce qu'on est en droit d'attendre d'un signe de qualité - car c'est là le nouveau credo de l'INAO, n'est-ce pas?

L'AOC a failli dan ssa mission de contrôle et de gestion du bien commun, Interbeaujolais a failli dan s sa mission de communication. Il devrait plutôt s'en excuser que de trouver des circonstances atténuantes à ceux dont il a couvert les agissements. Ce qu'une interprofession doit à ses membres, c'est la vérité, en premier lieu.

Bref, ce genre de déclarations m'enrage doublement. En qualité de journaliste (à qui l'on veut faire prendre des fraudeurs pour des victimes) et en qualité d'amoureux des grands vins du Beaujolais (oui,il en reste).

Excusez ma véhémence, mais je suis en colère. Ca passera, heureusement, avec un bon verre de Morgon.

18:05 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |