04 décembre 2011

Boschman on Beaujolais

Deux semaines après la sortie du Nouveau - le temps de décanter, sans doute, Eric Boschman nous parle du Beaujolais. Et d'une belle cause, aussi.



Arrêtez de me souffler dans les poumons avec régularité en me disant que le Beaujolais c’est pas terrible, que tout ce qui est vendu ne vient pas de là-bas et j’en passe et des meilleures. STOP ! le vin nouveau est un moment, un marqueur de saison, un point c’est tout. C’est une tradition vivace dans toutes les régions où l’on fait du vin depuis longtemps. Pas juste un gimmick marketing. Même si, et vous avez raison de maugréer dans vos barbes pleines de miettes et de Nutella, ça l’est devenu depuis quelques décennies. Mais bon, c’est un peu dans l’ordre des choses dès lors qu’il s’agit de quelque chose d’humain qui rapporte un peu de tunes.


Hors du phénomène de foire, le Beaujolais nouveau est un vin simple, gentil, sans complexes, fait pour que l’on mange un tranche de vie entre copains sans se poser de questions et quelques morceaux de saucisson ou de pâté. Le gamay dans toute sa simplicité, sans chichis ni blabla inutile. Certes, à 25€ la bouteille au restaurant c’est violemment cher, mais c’est aussi le prix d’une casserole de moules. Je vous l’accorde, la casserole de moules est aussi scandaleusement chère, mais c’est le marché. Etc etc…


Un dernier truc, le Beaujolais Nouveau se boit dans la première semaine qui suit sa sortie pour l’essentiel, mais ce n’est pas une raison pour bouder les autres crus de la région. Il y a dix crus dans l’appellation, dix identités parfaitement différentes et, dans certains cas, le gamay donne là des vins d’exception. Je ne voudrai pas mourir sans avoir encore une fois bu une gorgée de Morgon de chez Lapierre ou de chez P’ti Max ou quelques autres cuvées de quelques gars aussi talentueux. Je sais, les amateurs, ou soit disant amateurs, se gaussent dés que l’on évoque le cépage qui se taille en gobelet.


Il est même des critiques français, plus ou moins avisés, qui préconisent, en fonction du réchauffement climatique, de planter de la syrah dans le coin. ET pourtant, bon sang de bonsoir, les vieux gamays, avec des rendements limités, c’est globalement bon, et même parfois émouvant. En parlant d’émotion, vous avez peut-être remarqué que nous sommes dans la dernière ligne droite avant les fêtes. C’est le moment de faire chauffer vos cartes de crédit et de prévoir un joli découvert pour les semaines à venir. J’ai lu il y a peu que l’argent cash avait le vent en poupe pour les cadeaux avec quelques rares chèques-cadeaux. Il y a un truc qui devrait avoir très fort, bien plus fort qu’aujourd’hui, le vent en poupe, c’est le don.


Certes, beaucoup d’entre nous donnent déjà à un tas de choses, mais voilà, au lieu de se perdre en babioles crétines, il y a moyen de se faire plaisir et d’aider les belles causes pour trois fois rien. Les petits ruisseaux formant les grandes rivières, la maison Moët & Chandon Belgique s’est associée à Make a Wish Belgique pour lancer un bar éphémère qui fait du bien partout. Je vous explique.  Si vous ne connaissez pas Bruxelles, ce n’est pas grave, tout le monde, même les trams peuvent vous mener à la place Stéphanie. Là, jusqu’au 10 décembre, il y a une tente transparente, qui abrite un bar. Jusque là, tout va bien, et c’est presque normal. Dans cette tente, a chaque fois que  vous boirez une coupe de champagne Moët, la maison versera 2 euros à Make a Wish. Si vous avez passé les trois derniers siècles sur une autre planète, vous ne savez peut-être pas ce que fait cette belle association. Active dans trente trois pays, l’association regroupe des bénévoles qui exaucent les vœux d’enfants gravement malade. C’est, bien entendu une association sans but lucratif et, comme bon nombre de ses collègues, elle a toujours besoin d’argent. Ces coupes de champagne aideront les enfants à agiter leurs baguettes magiques et se mettre des étoiles plein les yeux. Franchement, ne pas y aller serait une belle erreur hein.  «Toast for a cause», (et pour les francophones, la même chose), c'est une belle idée, pour une belle cause, je ne vois rien de mieux à faire dans les prochains jours, histoire de se sentir moins lourd en préparant nos fêtes.  C’est juste un peu bête que nous puissiez pas y déguster de Beaujolais, mais bon, si le monde était parfait cela se saurait.

 

Eric Boschman

Plus d’infos sur : www.facebook.com/moetchandonbelgium

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Belgique, Champagne | Tags : boschman, beaujolais nouveau, beaujolais | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

17 novembre 2011

Delhaize: La passion du vin, mais pas du Beaujolais Nouveau

Elle est pitoyable, l'offre de Delhaize en matière de Beaujolais Primeurs, cette année: deux malheureuses références, un Beaujolais Nouveau et un Beaujolais Villages, tous deux embouteillés en Belgique. Pas de marque, bien sûr: le M. Laroche qui figure sur l'étiquette n'est sans doute qu'un nom de complaisance, censé faire peuple, censé faire vrai. Rien à voir avec celui de Chablis, et heureusement pour lui; à propos, bonne retraite, Michel!

D'ailleurs, j'espère qu'il n'existe pas vraiment, ce Laroche-là; parce qu'au prix au le vin est vendu (3,49 euros pour le BN, 3,99 pour le Beaujolais Villages primeur), il aurait du mal à nourrir sa famille - amis français, si vous enlevez les accises et coûts divers, et compte tenu que c'est du vrac, le prix de départ du BN doit friser l'euro.

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Côtes du Rhône très septentrionales

J'ai aussi adoré le descriptif aromatique qui figure sur la contre-étiquette (le même pour les deux produits):  "Petits fruits noirs et rouges". Sur la dégustation aussi, l'enseigne vous en donne pour votre argent.

Quand on s'appelle Delhaize et qu'on communique depuis 100 ans au moins sur sa "passion du vin", c'est pathétique.

Il y a pourtant une clientèle chez vous qui achète du bio, des produits nobles, des vins de prix. Et voilà que le jour où le vin est en fête, le jour où vous pourriez vous distinguer, sortir de la masse, vous tombez dans le banal, le tout venant, le discount.

Je ne comprends pas. La paupérisation touche-t-elle à ce point votre enseigne, que vous n'offrez même plus d'alternative au prix bas?

Je n'ai pas acheté, bien sûr, et je vais donc me mettre en quête d'un caviste qui propose du vrai bon Beaujolais Nouveau, en espérant que la politique du moins disant de la GD ne l'a pas contraint lui aussi à me proposer seulement du premier prix.

Oui, je suis en colère. Parce que que ce n'est pas en traitant ses clients de cette façon que Delhaize les incitera à renouer avec le Beaujolais Nouveau. Combien d'années de discount de ce genre faudra-t-il pour faire disparaître le produit de leurs rayons? A quel niveau de prix et de non qualité faudra-t-il descendre?

Les acheteurs de la GD ne pensent-ils pas qu'une fois par an, leurs clients peuvent avoir envie de se lâcher, de boire convivial mais bon, quitte à payer un peu plus cher? Et ne réalisent-ils pas qu'il s'agit là d'un bel instrument pour conquérir au vin des gens qui ne sont pas consommateurs réguliers.

Ce 17 novembre sortait le DVD d'Harry Potter. Bon nombre de clients l'achèteront le jour même, tout en sachant que dans un an, son prix aura peut-être diminué d'un tiers. Et je ne vous parle pas des gens qui font la queue de nuit devant les Apple Stores pour acheter le nouvel iPhone... Alors pourquoi brader l'exceptionnel, le vin dont le jour de gloire ne dure qu'un jour, justement? Ah oui, la concurrence. Mais pourquoi la concurrence ne fait-elle pas baisser le prix du DVD?

Ah, j'oubliais, M. Delhaize: vos Beaujolais Primeurs, je les ai trouvés dans le linéaire "Côtes du Rhône"... La Passion du Vin, qu'ils disaient...

 

14:30 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Belgique | Tags : delhaize, beaujolais, beaujolais nouveau | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |