10 avril 2013

Julien Duport, à Odenas

Au pied du Mont Brouilly, sur Odenas, Julien Duport exploite 8 ha en Brouilly et Côtes de Brouilly.
Ses parcelles ne sont guère éloignées les unes des autres, mais vu les orientations (à l'ouest, à l'est), et la topographie chahutée,  il bénéficie d'une belle palette de micro-terroirs et de types de sols.
 

photo copie 5.JPG

 Au pied du Mont Brouilly (photo H. Lalau)

 
Le plus gros du domaine est situé sur de fortes pentes, et donc non mécanisable.
Voici deux ans, Julien s'est acheté un cheval comtois, toujours en dressage actuellement. Il veut renouer en celà avec les méthodes de son grand père, qui, jusqu'en 1980, travaillait ses vignes au cheval.
 
Celles-ci sont assez âgées (50 ans en moyenne), et conduites en gobelet, avec une forte densité à l'hectare (10.000 pieds), comme c'est d'usage dan sla région. Pour ses nouvelles vignes, par contre, il est passé au cordon double, qui, pour lui, a l'avantage de moins exposer la vigne à la pourriture. Il taille court, cependant, pour limiter les rendements. Depuis quelques années, il enherbe ses parcelles, et il laboure.
 
 
 
Et dans le verre? Voici mes notes.
 
Beaujolais Villages, Cuvée Botheland 2011
 
Cerise, framboise, bouche friande, tannins soyeux, sensuels, le vin des amis par excellence. 14/20
 
Brouilly La Folie 2011
 
Le fruit est plus discret, en phase plus fermée; mais la bouche est juteuse, bien mûre, et présente une belle trame acide. La finale est légèrement saline.  A attendre. 14,5/20
 

photo copie 6.JPG

A la Folie... (Photo H. Lalau)
 
Côte de Brouilly Vendanges 2011
Cuvée d'assemblage, à majorité pierre bleu, issue de vignes assez jeunes en coteau.
Fruit noir serré, mûre, violette, moyennement expressif; la bouche, elle, est dense, 13/20
 
Côte de Brouilly Vendanges 2010
Nez plus ouvert, framboise, mûre, groseille, un petit côté floral aussi, bouche très fraîche, guignolet, réglisse, très longue. Belle structure. 15/20
 

photo copie 8.JPG

Côte de Brouilly (assemblage) 2010 
 
Côte de Brouilly Cuvée la Boucherate 2009
Le nez est encore un peu fermé, mais la bouche est mûre, riche, intense, solaire; les tannins sont serrés mais pas verts, et n'assèche pas la bouche; on termine sur du fruit noir bien mûr, mais il se dégage de ce vin une double impression de finesse et de plénitude. On sent qu'on est plus près du Bon Dieu, dans la Côte! 16/20
 

photo copie 7.JPG

Julien Duport, vigneron sans chichis (photo H.Lalau)
 
En résumé? Voici un jeune vigneron qui ne s'embarasse pas trop de philosophie, qui prend le meilleur de tous les mondes - le moins d'intrants possibles, des cuvées parcellaires quand c'est utile, l'assemablage sinon, et qui vise à offrir une gamme claire: des Brouilly sur le fruit et la finesse, de Côte de Brouilly plus structurés et taillés pour la garde. Tous ses vins sont intéressants, tous sont bien Beaujolais dans l'esprit, tous ont dan sleur ADN le rapport plaisir-prix.
 
Et maintenant, à vous d'aller le vérifier sur place!

Dégustation sur rendez-vous, 0033 474034413
 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

08 avril 2013

Beaujolais: "yes we can", nous dit Jean-Paul Brun, avec sa cuvée "L'Ancien"

Loin de moi li'idée de raviver la querelle des Anciens et des Modernes!

Mais le vin que j'ai bu hier à table, à Villefranche sur Saône, en prélude à mon voyage en Beaujolais, s'appelle : "L'Ancien".

Ancien, pas tant que ça, puisqu'il s'agit d'un 2011, mais je suppose que le producteur, Jean-Paul Brun (Domaine des Terres Dorées), a voulu jouer sur les mots, en l'opposant au Beaujolais Nouveau.

photo.JPG


Et donc, à la macération carbonique.

Ce vin, en effet, est vinifié "à l'ancienne" - oxygénation lente, égrappage, pigeage.

Et là, miracolo, pour un produit qui reste tout de même un milieu de gamme, on a de la matière, de la mâche, et même de la complexité; un nez fruité, oui, mais mûr, avec en prime de la réglisse, des épices, de petites notes de gibier; et une bouche solide, avec même une petite pointe saline en finale.

De la belle ouvrage, donc, pour un prix très raisonnable (8,50 euros). La preuve que même en Beaujolais "simple", hors Villages et hors des Crus, on peut faire autre chose que des vins à boire vite et à oublier encore plus vite.

La morale de cette bouteille: oublions, justement, nos a priori; Et dégustons les Beaujolais pour ce qu'ils sont, et non pour le mal que d'autres en disent...

C'est mon programme de la semaine et c'est tout le mal que je vous souhaite.

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Beaujolais, Bourgogne, France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |